par Elisabeth Studer

Algérie : accord avec FAW pour une production locale, remise en cause de l'exclusivité de Renault ?

Du rififi en Renault vient de lancer en septembre la construction d'une usine d'assemblage de voitures de tourisme dans le pays, en liant l'accord à un monopole de production d'une durée minimum de 3 ans, la société publique chinoise Faw vient d'annoncer le 9 novembre qu'elle allait construire elle aussi une usine d'assemblage de véhicules dans le pays, selon un protocole d'accord signé avec l'entreprise privée algérienne Arcofina.

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Du rififi en Algérie ? Alors que Renault vient de lancer en septembre la construction d'une usine d'assemblage de voitures de tourisme dans le pays, en liant l'accord à un monopole de production d'une durée minimum de 3 ans, la société publique chinoise Faw vient d'annoncer le 9 novembre qu'elle allait construire elle aussi une usine d'assemblage de véhicules dans le pays, selon un protocole d'accord signé avec l'entreprise privée algérienne Arcofina.

La nouvelle usine, dont le site n'a pas encore été établi, devrait produire 10.000 véhicules de tourisme par an dans une première phrase et créerait 1000 emplois. Selon le PDG d'Arcofina, Abdelouahab Rahim, l'accord prévoit un investissement initial de cinq milliards de dinars (46 millions d'euros), pour s'étendre par la suite. L'usine sera détenue à 51% par Arcofina et à 49% par Faw, conformément à la loi algérienne. Au delà de trois ans, la part du constructeur chinois devrait être réduite à 40%.

Ce partenariat vise aussi le développement d'un réseau national de sous-traitance avec l'objectif d'arriver, trois ans après la mise en service de l'usine, à un taux d'intégration de plus de 40 %, a précisé Abdelouahab Rahim lors de la cérémonie de signature. Le secrétaire général de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Saïd, saluant quant à lui la conclusion de ce partenariat, lequel entre selon lui dans le cadre du "développement de l'industrie automobile en Algérie".

Mais si le PDG d'Arcofina semble ne pas avoir froid aux yeux en considérant comme une « chance » le fait que deux constructeurs « s'installent en même temps" en Algérie …  Renault  pourrait ne pas l'entendre de la sorte, l'accord remettant en cause son propre accord avec les autorités algériennes, via le non respect de la clause d'exclusivité. Selon Abdelouahab Rahim, "une telle close ne peut pas exister", ce dernier estimant au contraire qu"un constructeur, quel qu'il soit, ne peut pas avoir le monopole sur un pays".

Reste qu'une source proche de Renault-Algérie a confirmé samedi au site internet Maghreb Emergent que l’accord entre le constructeur français et le gouvernement algérien pour la réalisation d’une usine automobile à Oued Tlelat (Oran) était assorti d’une clause d’exclusivité de 3 ans, rendant impossible l'installation d'aucun autre constructeur en Algérie durant cette période. Le groupe privé algérien Arcofina ne pourra donc s’installer sur le territoire algérien qu'au delà de ce délai. Selon Maghreb Emergent la filière algérienne du groupe français compterait s’exprimer officiellement sur cette question prochainement.

Invité en Algérie en octobre dernier par le Conseil algérien de la concurrence, le président de l’Autorité française de la concurrence, Bruno Lasserre, avait alors estimé que la clause d’exclusivité conclue entre Renault et le gouvernement algérien ne constituait pas une atteinte aux règles. Ajoutant que pour être toléré, un contrat d'exclusivité devait protéger un savoir-faire et ne pas s'étaler sur une durée trop longue. Bruno Lasserre avait également précisé que le droit à la concurrence européen n'interdisait pas les contrats d’exclusivité comme celui récemment conclu par la marque au losange.

Sources : Maghrebemergent, Jeune Afrique, AFP

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