par Nicolas Anderbegani

Alfa Romeo : un projet de berline de segment E confirmé

Lors d'une interview accordée à Autoweek, le directeur général d'Alfa Romeo Jean-Philippe Imparato a confirmé le projet d’une berline très haut de gamme et performante sur le segment E, supérieur donc à celui de la Giulia. Avec elle, la marque milanaise, désignée au sein de Stellantis comme la marque premium d’envergure mondiale, tentera de donner du fil à retordre aux références germaniques.

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Après la survie, l'attaque ?

« Sans Stellantis, nous serions morts. Propulseurs électriques, logiciels, 5G, ADAS, grâce à Stellantis nous avons tout à notre disposition et en échange nous pouvons apporter au groupe notre expérience ». Jean-Philippe Imparato ne cesse de souligner à quel point la naissance de l’entité Stellantis a été décisive pour assurer l’avenir d’Alfa Romeo, en souffrance depuis trop longtemps. Maintenant qu’une certaine rentabilité est revenue, la marque peut envisager de développer un plan produit plus ambitieux. A terme, le constructeur d’Arese ne mettra sur le marché que des modèles 100 % électriques, avec un premier lancement à l’horizon 2025 et une gamme électrifiée à l’horizon 2027/2028. Des caps à prendre avec des pincettes face aux incertitudes actuelles.

A propos de cette grande berline de segment E, qui visera en priorité le marché américain et chinois, l'élément de base pourrait être encore la plate-forme Giorgio, qu’ Alfa Romeo  conserve finalement mais avec une intégration aux nouvelles plateformes Stellantis, en l’occurrence ici la STLA Large :  avec des longueurs de 4 650 à 5 400 mm, les modèles construits sur cette plateforme peuvent Eêtre dotés d’une transmission intégrale à deux moteurs, avec des puissances importantes et une autonomie allant jusqu'à 800 km. Maserati ne semble pas prêt à remplacer la Ghibli, ce qui pourrait ainsi libérer un créneau à Alfa Romeo sur le segment des très grandes berlines. Cette berline de segment E se joindrait ainsi au SUV du segment E- souvent nommé Castello – qui serait capable de rendre le Biscione compétitif dans des territoires clés pour l'expansion internationale comme les États-Unis, la Chine et le Moyen-Orient.

Plusieurs rumeurs ont déjà fuité, faisant ressurgir des noms du passé gravés dans le marbre du panthéon des Alfistes, comme une nouvelle GTV ou une nouvelle Alfetta. En termes de forme de carrosserie, la sportivité voulue par la direction passerait par un profil de berline 4 portes coupé, à la manière de la Mercedes CLS ou de l’Audi A7. De son côté, Imparato a expliqué qu'au cours des prochains jours, il s'assiérait autour d'une table avec Carlos Tavares, Alejandro Mesonero et Jean-Pierre Ploué afin de leur montrer une forme plus concrète.

Faire renaître la lignée

Alfa Romeo pourrait ainsi renouer avec une lignée interrompue en 2007. Censée reprendre l'héritage de la 2600 des sixties, l’Alfa 6 semblait déjà dépassée en 1979 quand elle est sortie. Malgré un développement entamé au tout début des années 70, son lancement avait été retardé par le choc pétrolier et les difficultés financières de la marque, tant et si bien que, 6 ans plus tard, sa ligne anguleuse, son gabarit trop étroit et l’appétit du V6 2.5 à 6 carburateurs avaient eu raison de son succès, malgré un niveau de finition assez poussé. Un peu plus de 12.000 exemplaires furent produits.

Ce fut ensuite au tour de la 164, produite de 1987 à 1997. Elu plus belle voiture de l’année 1988, elle souffrit cependant du relatif désamour des puristes, qui goutaient peu au passage à la traction du Biscione -plate-forme commune avec les Lancia Thema, Saab 9000 et Fiat Croma, et des critiques affectant son manque de motricité et de dynamisme du train avant. Elle s’écoula néanmoins à plus de 273.000 exemplaires. On a même eu droit à une version extrême V10 Procar, avec un bloc développé à l’origine pour la F1, mais qui resta à l'état de prototype.

Enfin, de 1998 à 2008, on profita de la belle 166, qui fut l’une des dernières à porter fièrement le "V6 Alfa Romeo Busso" dans une dernière évolution portée à 3 179 cm3. Ce moteur sera le dernier à être intégralement étudié et développé dans le centre d'Arese. Il développe 240 ch à 6 200 tr/min et un couple de 289 N m à 4 800 tr/min.

Pour résumer

Lors d'une interview accordée à Autoweek, le directeur général d'Alfa Romeo Jean-Philippe Imparato a confirmé le projet d’une berline très haut de gamme et performante sur le segment E, supérieur donc à celui de la Giulia. Avec elle, la marque milanaise, désignée au sein de Stellantis comme la marque premium d’envergure mondiale, tentera de donner du fil à retordre aux références germaniques.

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