par Elisabeth Studer

Aides de la France au secteur automobile : Bruxelles redoute le protectionnisme

Il n'y a pas qu'Obama qui soit suspect de vouloir un peu trop "protger" les entreprises nationales ... via notamment le plan dit "Buy American".

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Il n'y a pas qu'Obama qui soit suspect de vouloir un peu trop "protger" les entreprises nationales ... via notamment le plan dit "Buy American".

Mercredi, la Commission europenne a mis en garde la France contre toute volont protectionniste, s'inquitant ainsi de la teneur des mesures envisages dans le cadre des aides aux secteur automobile annonces par l'Etat franais.

Recevant Bruxelles le secrtaire d'Etat franais l'Industrie, Luc Chatel, la commissaire la Concurrence Neelie Kroes s'est voulue ferme, avertissant dans un communiqu que "toute obligation pour le bnficiaire d'aide d'investir seulement en France ou d'acheter leurs pices dtaches auprs de fournisseurs en France ne serait pas compatible" avec les rgles europennes.

De telles mesures prsenteraient "le risque d'un retour au protectionnisme", a-t-elle soulign.

Osant affirmer tout haut ce que certains pensent tout bas - savoir que la crise a parfois bon dos - Neelie Kroes a galement ajout qu'il ne fallait "pas perdre de vue le fait que les surcapacits existaient dj avant la crise dans le secteur automobile, et que les constructeurs europens devront de toute faon restructurer s'ils veulent tre comptitifs sur les marchs mondiaux".

Certes, si Luc Chatel avait assur son arrive Bruxelles qu'"il n'est pas question de prendre des mesures protectionnistes", promettant que les aides franaises "seront destines toutes les entreprises du secteur de l'automobile qui ont une activit sur le territoire franais", ces "dclarations" pour le moins littraires ne semblent pas avoir rassur Madame la Commissaire.

Et ce d'autant plus, que quelques heures auparavant, le porte-parole du gouvernement avait affirm - certes sur le territoire national, et donc plus soucieux de mnager la chvre - que les mesures de soutien aux constructeurs automobiles franais en prparation seraient assorties de contreparties sur la localisation de leur production en France, tout en prcisant toutefois que le plan envisag respecterait les rgles concurrentielles europennes.

S'exprimant en retour d'une information du Financial Times laissant entendre que Nicolas Sarkozy envisageait de demander aux constructeurs des engagements en termes de commandes auprs des quipementiers franais, Luc Chatel avait alors rpondu qu'il ne "s'agissait pas d'tre en infraction par rapport la lgislation qui existe en la matire", le but affich tant de "conforter la filire automobile".

Selon le porte-parole de Mme Kroes, Luc Chatel s'est content mercredi de donner "un aperu trs gnral" du plan d'aide franais la Commissaire, laissant semble-t-il son interlocutrice sur la faim. Rappelons ainsi que le 20 janvier dernier, Paris avait promis 5 6 milliards d'euros d'aides ... sans en prciser les modalits.

Rencontrant galement mercredi Mme Kroes, Andrea Ronchi, ministre italien des Affaires europennes, a "exprim son inquitude sur des mesures potentielles d'autres Etats membres dans le secteur automobile".

Lundi, Vincent Van Quickenborne, le ministre belge charg des entreprises avait pour sa part estim que si les Etats membres prennaient des mesures seulement dans l'intrt de leurs entreprises nationales, la Belgique risquerait d'tre laisse pour compte. Faisant ainsi remarquer que cette dernire compte surtout des usines d'assemblage mais pas de marque propre.

Sources : AFP, Le Monde, Reuters

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