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Retour sur les dunes de Zandvoort, 36 ans après

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Zandvoort

La dernière édition du grand prix des Pays-Bas à Zandvoort remonte à 1985, ça date ! Alain Prost faisait équipe avec Niki Lauda, Senna débutait chez Lotus, Maradona n’avait pas encore claqué sa « main de Dieu » et Queen n’avait pas encore fait son show à Wembley ! Revenons sur quelques moments forts de ce grand prix qui fut longtemps un classique du calendrier.

L’ancien Zandvoort était un tracé atypique, à la fois sinueux et rapide, serpentant entre les dunes sur les rives de la mer du Nord. Spectaculaire, il était aussi très dangereux et a disparu du calendrier en partie pour cela.

1962 : première pour Graham

Après quelques saisons à essuyer les plâtres sur des Lotus et des BRM peu fiables, le père de Damon a le déclic cette année-là. Quelques semaines après avoir remporté les 12 heures de Sebring, il domine le grand prix des Pays-Bas qui, il est vrai, a été une course à élimination avec les abandons de Surtees, Brabham, Clark ou encore Gurney et McLaren. A la fin de la saison, Hill décroche le premier de ses deux titres de champion du monde de Formule 1. C’est aussi à Zandvoort qu’un autre champion britannique, James Hunt, remporte son 1er grand prix en 1975 avec McLaren.

1968 : première pour Matra

Après les succès obtenus en F3 et en F2, Matra Sports saute la pas de la F1 et s’y engage en partenariat avec la Tyrrell Racing Organisation. En 1968, c’est à Zandvoort que Jackie Stewart fait triompher pour la première fois le nom de Matra au volant d’une MS10 propulsée par un V8 Cosworth. On connaît la suite, avec le triomphe de 1969.Matra

1970/73, les flammes de l’enfer

Le circuit de Zandvoort originel était très dangereux, les « dégagements » en bord de piste étant réduits à leur plus simple expression avec des zones herbeuses souvent surmontées de buttes aux aménagements dérisoires sinon inexistants. Le circuit n’est pas à proprement parlé la cause directe de ces deux drames, puisque les accidents mortels de Piers Courage en 1970 puis de Roger Williamson en 1973 mettent en lumière l’extrême dangerosité des châssis en magnésium qui s’enflamment très vite au moindre impact. Sauf que dans le cas de Williamson, les images de son ami David Purley, se démenant seul avec un extincteur pour sauver son ami des flammes, tandis que les commissaires furent d’une incroyable passivité, firent le tour du monde. L’organisation du circuit fut pointée du doigt, tandis que ces drames, parmi bien d’autres qui s’enchaînent à cette époque, contribuèrent à faire de la sécurité dans le sport automobile un sujet majeur.

1979 : Villeneuve l’acrobate

Arrivé en 1978 au sein de la Scuderia, Gilles Villeneuve enthousiasme les foules par son style spectaculaire et généreux, même s’il exaspère aussi certains de ses pairs qui jugent son pilotage trop téméraire. A Zandvoort en 1979, Gilles écrit l’une des pages les plus célèbres de sa légende. AU 45e tour de course, son pneu arrière gauche éclate à pleine vitesse devant les stands. Le Québécois parvient à conserver la maîtrise de son véhicule et part en tête-à-queue à Tarzan, le premier virage en épingle du circuit pour finir sa course dans les graviers. Là où bien d’autres auraient mis pied à terre, il effectue une marche arrière, revient en piste et termine son tour sur trois roues, son pneu arrière gauche ayant déchapé de la jante. Au bout de quelques instants la suspension et la roue sont détruites, le châssis racle le bitume mais le pilote continue, dans un nuage d’étincelles !  Villeneuve parvient à regagner son stand où il met pied à terre. Si l’exercice de funambule a plu au public, il suscite aussi de vives critiques dont le québécois n’aura cure.

1985 : la dernière de Niki

Après un titre mondial arraché pour un demi-point à son équipier Alain Prost, Niki Lauda marque le pas en 1985 et subit la loi de son jeune équipier. Mais à Zandvoort, à la faveur des arrêts aux stands, Niki Lauda se trouve en tête à la mi-course. Derrière, Prost, retardé aux stands par un écrou récalcitrant, remonte comme une balle. Il avale Senna puis grignote tour après tour son retard sur l’autrichien. Quand le français revient dans son sillage, Lauda augmente la pression du turbo, outrepassant les consignes de prudence indiquées par McLaren. Les deux hommes ne se lâchent pas. Au 68e tour, Prost tente une attaque mais Lauda ne lui laisse pas de place et force le français à mettre deux roues dans l’herbe pour éviter l’accrochage. Niki résiste aux derniers assauts et signe sa 25e et dernière victoire en grand prix. A la fin de la saison, n’ayant plus l’envie malgré le appels du pied d’Ecclestone pour retourner chez Brabham, il raccroche définitivement les gants.

 

images : pinterest, statsf1

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5 Commentaires sur "Retour sur les dunes de Zandvoort, 36 ans après"

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Emmanuel
Invité

Je me souviens d’avoir vu la bataille Lauda Prost à la télé. Par contre je ne me souvenais pas que c’était sur ce circuit.

Merci de cette piqure de rappels de vieux souvenirs !

Michel
Invité

Il me semble que c’est sur ce circuit que les TYRELL P34 « 6 roues » ont gagnés leur seul doublé (SCHECTER/DEPAILLER) ?

Zak
Invité

Presque. Anderstorp en Suède.

https://www.scandinavianraceway.se/en/

Michel
Invité

OK merci pour le correctif

Isaac
Invité

L’idée de flouter une photo me provoque des picotis surtout qu’on sait très bien ce qu’il y a écrit

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