Accueil Hydrogène Hydrogène : pas la panacée selon un Office parlementaire

Hydrogène : pas la panacée selon un Office parlementaire

0
18
PARTAGER

L’hydrogène est loin de disposer de toutes les vertus qu’on voudrait bien lui attribuer selon certains députés. L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) estime ainsi dans une note que cette source d’énergie ne constitue « pas la solution miracle » pour répondre à tous les défis de la transition énergétique.

Plus encore, il le déconseille dans l’immédiat pour les véhicules individuels.

L’hydrogène : un produit dangereux

« Au-delà même d’être le gaz le plus inflammable et le plus léger, capable de s’échapper de presque n’importe où, l’hydrogène n’est pas une solution miracle », souligne ainsi l’OPECST dans une note de quatre pages.

L’hydrogène pas si écologique que cela …

Certes, utilisé comme carburant, l’hydrogène n’émet que de l’eau. De là à le considérer comme la solution écologique miracle, certains ont déjà franchi le pas, présentant la solution comme une alternative aux polluants hydrocarbures mis sur le marché à l’heure actuelle.

Mais ce que semblent oublier – ou vouloir oublier – ses partisans, c’est que l’hydrogène est encore coûteux à produire mais surtout que sa production-là nécessite pour l’instant l’emploi de sources d’énergies fossiles et émettrices de gaz à effet de serre.

Faible rendement et distribution « délicate et coûteuse » de l’ hydrogène

Alors que le rôle de l’OPECST est d’éclairer les parlementaires sur les conséquences des choix de politique publique à caractère scientifique et technologique, sa note souligne notamment le « faible rendement » énergétique de l’hydrogène, et sa distribution « délicate et coûteuse ».

L’hydrogène devrait être réservé à la mobilité lourde pour l’instant

Selon Gérard Longuet, sénateur de la Meuse et président de l’OPECST, qui a présenté la note à la presse, l’usage de l’hydrogène pour la mobilité « lourde », telle péniches, trains, camions, voire pour des véhicules légers sur flotte captive, est à encourager « en priorité » afin de « répondre à un besoin réel de décarbonation des transports ».

La question logistique : un épineux dossier

L’OPECST souligne par ailleurs que pour que l’hydrogène puisse être utilisé dans les véhicules particuliers, « deux questions majeures » ne sont pas réglées : « l’emport de l’hydrogène dans la voiture, et l’existence d’un réseau logistique de stations-service ».

« Si on veut développer l’hydrogène pour les véhicules légers, il faut se pencher sur la question logistique qui à cet instant n’est pas réglée » a ainsi déclaré Gérard Longuet, en rappelant au passage qu’il avait fallu « 50 ans pour généraliser les pompes automatiques de carburant ».

L’hydrogène ne doit pas se contenter de faire le buzz

Gérard Longuet a toutefois salué les « convergences favorables des industriels et des pouvoirs publics » qui « ont compris qu’il fallait mettre de l’argent dans la durée » pour développer industriellement la production d’hydrogène.

« Le risque maintenant est de se disperser trop, de se lancer dans des initiatives sans lendemain » a-t-il averti.

« L’avenir de l’hydrogène passera par une politique énergétique cohérente, réaliste et responsable. Cette ambition ne peut se contenter d’être un slogan, sans quoi l’hydrogène, qui est depuis longtemps une technologie d’avenir, le restera » conclut le rapport.

Notre avis, par leblogauto.com

Enfin un rapport qui met les points sur les i, et qui n’a pas peur d’évoquer deux sujets sensibles : la dangerosité de l’hydrogène et la problématique liée à sa distribution. Laissant également entendre qu’il ne s’agit pas de faire tout feu tout flamme d’une telle solution – au risque de se disperser – mais d’avancer de manière durable et raisonnée.

Sources : AFP, OPECST

Poster un Commentaire

18 Commentaires sur "Hydrogène : pas la panacée selon un Office parlementaire"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
Mwouais
Invité

@Elisabeth : désolé de boycotter les articles sinon d’une mauvaise humeur publicitaire

Hugo
Invité

L’hydrogène est une escroquerie technologique savamment entretenue par air liquide. L’avenir est aux nouvelles technologies de batteries

SGL
Invité

Moi, je dirais que faire des batteries pour les engins lourds et pour des longs parcours… la technologie de batterie, même nouvelle, est une escroquerie !
Il faut utiliser chaque « carburant » à bon escient.

phil
Invité

non, la seul chose qui est à bon escient, c’est le résultat de l’analyse du cycle de vie. Un rapport récent pointe que même dans le ferroviaire, on ferait mieux d’utiliser des batteries que de l’hydrogène.

L’hydrogène n’est qu’une forme dégradée d’électricité, c’est une batterie, mais une batterie qui fuit 70% minimum de l’énergie qu’on y met. et NON ce n’est pas améliorable, la raison étant physique, pas technologique.

ZZeria
Invité

Le plus gros problème c’est que l’hydrogène que l’on produit déja (pour diverses industries – ammoniac notamment) n’est pas decarbonné et que c’est pas une mince affaire pour le faire

SGL
Invité

Ça… Il faut que cela change !

Emmanuel
Invité
c’est en train de changer, les industriels se préparent à leur obligation de 0 carbone, donc des nouvelles technologies de fabrications sans émission de CO2 sont en train de se répandre au niveau mondial. au niveau industriel il est possible de produire de ammoniac sans émission de CO2, tout en produisant du méthane utilisable pour la synthèse du méthanol. On se retrouve donc avec juste une production carbonée d’hydrogène pour assurer le désulfurisation du pétrole. et comme la consommation des carburants pétroliers diminuent … ce besoin d’hydrogène carboné va aussi disparaitre. donc pourquoi dépenser 7 milliards pour mettre au point… Lire la suite >>
SGL
Invité

Je pense qu’il ne faut pas juger le H2 avec les méthodes du passé… Surtout qu’elles sont plutôt mauvaises.
Mais il faut les associer aux EnR qui deviennent de plus en plus ultras compétitifs.
Maintenant, comme pour tout, il faut éviter les extrêmes comme d’habitude, utiliser uniquement le H2 quand cela est nécessaire pour relancer les énergies fossiles non-renouvelables.

Thibaut Emme
Admin

Nan mais la physique est têtue et les rendements aussi 😉

SGL
Invité

OK le rendement est mauvais… Mais quand cela peut stocker un surplus d’énergie produite par les EnR qui auraient été de toute façon perdues.
Le stockage par batterie n’est pas une panacée, et à terme, il n’en aura jamais assez.

phil
Invité

mais il a très peu, et il n’y aura bien tôt plus « de surplus d’énergie des ENR qui auraient été de toute façon perdu ».

Quand le boss de NeoEn t’explique qu’il lui faut 10% de la puissance du parc en batterie pour lisser la prod, que les interconnexions des parcs nord-européens ont effondré les pertes fatales… ce hoax de l' »hydrogène des surplus » n’a vraiment plus de sens.

« l’énergie est précieuse, économisons là »

Thibaut Emme
Admin
Il y a largement mieux à faire avec des rendements moins mauvais. Déjà le H2 on peut éviter de le retransformer en élec (ce qui pourrit le rendement encore plus) et éviter de le stocker (ce qui archi-pourrit le rendement). Ensuite, avec le surplus d’élec, on peut alimenter des roues inertielles. https://www.leblogauto.com/2019/11/charge-rapide-batteries-roues-inertielles-solutions-de-stockage.html Une roue inertielle c’est 80 à 85% de rendement. Et on atteint encore plus avec des modèles de labo. Enorme intérêt, outre un rendement largement meilleur que faire du h2 pour faire de l’élec, c’est le nombre de cycles quasi « illimités » et l’absence quasi d’éléments « à la gomme ».… Lire la suite >>
Emmanuel
Invité

sur la news de l’Espagne et l’hydrogène j’ai posté quelques liens dont un vers un rapport de RTE sur l’hydrogène et le besoin en énergie nécessaire à sa production.

wpDiscuz