Accueil Bugatti Bugatti Chiron vs Rafale Marine : tonnerres mécaniques

Bugatti Chiron vs Rafale Marine : tonnerres mécaniques

0
33
PARTAGER
Bugatti

Un duel épique s’est déroulé le 20 mai dernier, entre deux fleurons de la technologie mécanique, deux icones de la France. La Bugatti Chiron s’ennuie-t-elle en rivalisant avec d’autres supercars ? Peut-être, puisqu’elle se frotte à un avion de chasse, le Rafale Marine ! De quoi mettre en valeur les performances hallucinantes de la supercar alsacienne.

Les deux monstres

A notre gauche, voici la Bugatti Chiron Sport « les légendes du ciel », dévoilée en novembre dernier. Certes, on pourrait avancer que la « francité » de la supercar alsacienne est aujourd’hui à relativiser un peu puisque, bien qu’elle soit toujours assemblée dans l’usine de Molsheim, en Alsace, la Chiron porte davantage en elle un ADN technologique germanique. Toutefois, on peut saluer le respect de l’Histoire puisque le drapeau tricolore est bien visible sur les jupes latérales et que cette série spéciale « les légendes du ciel » rend hommage justement aux « risque-tout » de l’aviation française. Albert Divo et Robert Benoist, pour ne citer que les plus célèbres, participèrent à la Grande Guerre comme aviateurs avant d’entamer leur brillante carrière en course automobile avec Bugatti. La firme d’Ettore Bugatti avait toujours tissé très étroits avec le monde de l’aviation, construisant pendant la Grande Guerre des moteurs d’avion et développant dans les années 30 un prototype de records qui, Seconde Guerre Mondiale oblige, ne put aboutir.

Produite à seulement 20 exemplaires de 2,88 millions d’euros pièce, la Chiron Sport, qui avoisine les 2 tonnes, embarque le fameux W16 8 litres à 4 turbos, développant 1500 chevaux à 6700 tours/min et 1600 Nm de couple pour une vitesse de pointe de 420 Km/h. Côté pointures, elle chausse du Michelin Sport Cup 2 en 285/30 R20 ZR à l’avant et 355/25 R21 ZR à l’arrière, avec des disques de frein d’un diamètre de 420 millimètres à l’avant et de 400 millimètres à l’arrière.

A notre droite, voici le Rafale produit par Dassault. Entré en service en 2002, l’avion polyvalent français, conçu aussi bien pour la reconnaissance tactique, la défense, l’attaque et la dissuasion nucléaire, est ici dans la version « M » monoplace spécifiquement développée pour la Marine et l’appontage sur le porte-avions Charles de Gaulle, d’où un train d’atterissage et des freins renforcés. Ils sont conçus justement par Safran Lafing Systems, qui s’appelait autrefois…Messier-Bugatti-Dowy, puisque Bugatti, après son rachat par Hispano-Suiza en 1963, avait développé des activités aéroautiques sur le site de Molsheim. Tout se tient ! Son côut unitaire est d’environ 76 millions d’euros.

Avec un poids à vide de 10,3 tonnes et un poids maximal de 24,5 tonnes, le Rafale M fait 15,5 mètres de long pour une envergure de 10,86 mètres. Il est propulsé par un biréacteur Snecma M88-2 qui délivre 58 550 newtons de poussée, soit un équivalent en puissance de plus de 5700 chevaux (à 260 km/h NDLR). Il atteint une vitesse de pointe de plus de 1,6 Mach, soit environ 1 975 km/h, tandis que sa vitesse « de croisière » est de 1487 Km/h. Côté freinage et atterrisage, Un système antidérapant spécialement développé pour les avions maintient le jet sur sa trajectoire, même lors d’atterrissages difficiles. Un bouclier thermique spécial sur le frein protège la roue en aluminium de 36 kilos et les pneus Michelin de 790×275-15 de la surchauffe.

Le duel

C’est sur la piste de la base de Landivisiau, en Bretagne, utilisée par l’armée de l’air depuis 1965, qu’a eu lieu l’affrontement. Dans le Rafale a pris place le pilote Etienne, tandis que la Chiron Sport est confiée au pilote d’essais maison, Pierre-Henri Raphanel, ancien champion de France de F3, vu brièvement en Formule 1 à la fin des années 80.

Peu après le départ, la Bugatti Chiron Sport est en tête. L’hypersportive accélère de 0 à 100 km/h en 2,4 secondes, pour atteindre 200 km/h en 6,1 secondes. Le passage à 300 km/h prend 13,1 secondes, les 400 km/h sont atteints en 32,6 secondes. Grâce à son énorme couple, elle passe de 50 à 150 km/h en 3,2 secondes, de 80 à 120 km/h en seulement 1,8 secondes et de 100 à 200 km/h en 4,3 secondes.

A cette vitesse, le Rafale Marine a déjà quitté le sol. Il atteint 165 km/h après 150 mètres, 210 km/h après 250 mètres et décolle à environ 260 km/h au bout de 450 mètres. « Sur les premières centaines de mètres, j’étais en tête devant le Rafale, mais après quelques centaines de mètres, il était en l’air à environ 20 mètres au-dessus et à côté de moi. Une vision incroyable et superbe », dira plus tard Pierre-Henri Raphanel. Après environ 1,5 kilomètres et à plus de 350 km/h, le pilote de la Bugatti déclenche sa manœuvre de freinage tandis que le Rafale a déjà disparu dans le ciel.

« La Chiron Sport possède une puissance d’accélération incroyable, très proche de celle du Rafale. Dans la Bugatti, on ressent les mêmes sensations que dans le jet, même au freinage », explique le pilote Etienne.

A partir de 400 km/h, la Bugatti Chiron Sport s’arrête après 491 mètres, et à partir de 300 km/h, il lui faut 247 mètres pour stopper. L’hypersportive passe de 200 à 0 km/h sur 114 mètres, et pour descendre de 100 à 0 km/h, il ne lui faut que 31,4 mètres. En raison de la faible longueur de la piste et des prescriptions de sécurité, la Chiron Sport ne freine qu’à partir d’environ 210 km/h, le Rafale Marine à partir de 250 km/h.

Le Rafale Marine s’approche de la piste à environ 280 km/h touche brièvement le sol et attrape le brin d’arrêt avec la crosse d’appontage placée sur la queue, comme sur un porte-avions. Etienne est pressé dans les harnais, sa machine s’arrête au bout de 150 mètres. « C’est une sensation très extrême, comme si on fonçait dans un mur, comme un crash contrôlé », dit-il pour décrire la manœuvre. En revanche, la Chiron Sport freine puissamment, mais moins brutalement.

Et Etienne de conclure: « La Chiron Sport est le véhicule idéal pour les pilotes de l’aéronavale.» Bon, à notre avis, les acheteurs sont plutôt à chercher du côté des milliardaires et des footballeurs. Quoi qu’il en soit, on ne peut que rester pantois devant un tel concentré de technologie et de puissance.

source et images : Bugatti

Poster un Commentaire

33 Commentaires sur "Bugatti Chiron vs Rafale Marine : tonnerres mécaniques"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
SGL
Invité
“La firme d’Ettore Bugatti avait toujours tissé très étroits avec le monde de l’aviation, construisant pendant la Grande Guerre des moteurs d’avion » Pardon, mais vous ne confondez pas avec la firme Hispano-Suiza, qui avait vraiment un pied dans l’automobile et l’autre dans l’aviation ? Alors, oui, il y a eu bien l’avion de course pour « Coupe Deutsch de la Meurthe » le Bugatti 100p qui n’a pas eu le temps de voler avant la guerre. En dehors de cet épisode, Bugatti était relativement peu dans l’aviation si l’on compare avec beaucoup d’autres firmes comme les Avions Voisin, Salmson et Hispano-Suiza,… Lire la suite >>
Thibaut Emme
Admin
@SGL : Nicolas parle de moteurs d’avion et pas d’avion 😉 Exemple : Bugatti U-16 et tous ses dérivées (qui étaient principalement dans des Bréguet mais pas que). Le U-16 est réalisé par l’assemblage de deux moteurs 8 cylindres en ligne à 32 soupapes que Bugatti avait conçu et revendu à Diatto. L’assemblage en 16 cylindres fut vendu à Duesenberg, mais il y a eu des Breguet donc, des Mann (argh), des Napier, etc. Et ne pas oublier qu’Etore Bugatti a bossé chez Lorraine et certains des moteurs conçus ont été mis dans des avions 🙂 Alors certes…Ce n’est pas… Lire la suite >>
Thibaut Emme
Admin

Et pour les liens avec l’aviation, ne pas oublier (et c’est l’objet de la série limitée de cette Chiron) que de nombreux pilotes de course Bugatti étaient aussi des pilotes de l’aviation (durant la Première Guerre Mondiale ou la 2nde).

SGL
Invité

Mais je parle bien de motoristes d’avion… sauf peut-être les Avions Voisin qui étaient propulsés par des Renault et des Salmson.

Mais Renault, Gnome et Rhône, Salmson, Hispano-Suiza etc. étaient tous des grands fabricants de moteurs d’avions de renom, avant 1945… Pas des fabricants de cellules comme Bloch (Dassault), Dewoitine, Morane-Saulnier, Breguet Aviation. etc.

SGL
Invité

Vidéo intéressante sur le Bugatti 100P Racer

Jdg
Invité

Superbe photo, surtout celle sous le hangar.
Dommage qu’elle soit pas hd

Thibaut Emme
Admin

Z’êtes certain ? 😉 😉 :p

Jdg
Invité

J’ai essayé de la télécharger et elle fait que 241ko 😕
J’ai’pas fais comme il faut ?

Thibaut Emme
Admin

On limite le poids des images pour ne pas pénaliser la lecture 😉
Mais elle reste en 1600×1067.

Jdg
Invité

Ok je comprends

DiZeL
Invité

« On limite le poids des images pour ne pas pénaliser la lecture » -> S’il faut limiter le poids de chaque article, j’ai une proposition plus simple…

wizz
Membre

et je parie que mwouais en est d’accord…

greg
Invité

« On limite le poids des images pour ne pas pénaliser la lecture 😉
Mais elle reste en 1600×1067. »
Heu votre atroce video envahissante et dont TOUT LE MONDE se plaint pénalise la lecture et pourtant cela ne vous gene de nous l’ imposer.
Pire, comme la page se recharge automatiquement, votre video de m….de revient egalement.

AFLC7
Invité

Encore un truc debile de marin…

MOTÖRHEAD
Invité

Belles photos 😍

SGL
Invité
C’est « joli » pour les images. Mais pour le suspense, c’est couru d’avance. Les jets sont très mauvais pour accélérer sur le 0 à 100. Sauf qu’après leurs accélérations s’accroissent avec la vitesse… Souvent au-dessus des 300. Les turbines quand elles, couplées à des hélices pour devenir des turbopropulseurs, sont plus efficaces en accélération que leurs versions turboréacteurs qui fonction en mode jet. Cela se démontre encore facilement sur les Porte-avion, les jets sont normalement incapables de décoller sans aide de catapulte (sauf avec tremplin) les avions turbopropulsés pourraient le faire beaucoup plus facilement. Le jet n’aura jamais la… Lire la suite >>
Jdg
Invité

Oui sgl mais c’est avant tout un coup marketing, la comparaison est pas possible entre une voiture et un avion

Nico
Invité

Juste pour info, un Boeing 777 a environ 330t accélére de 0 à 310/320 km/h en ~ 45 sec. C est le temps qu il faut à une Chiron pour faire un 0-400-0 km/h

wizz
Membre

Compare ce qui est comparable
Sur un porte avion, les avions à réaction sont les avions de chasse, conçus pour voler à vitesse élevée, mach2, et ont peu de portance à très faible vitesse
Les avions à hélice volent à plus faible vitesse, ont davantage de portance

wpDiscuz