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Robert Opron (1932 – 2021) : les grandes heures de Citroën

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La France est un pays de grands designers automobile. L’un des derniers géants est décédé fin mars en la personne de Robert Opron.

Robert Opron (voir les belles photos de Peter Guenzel), nous l’avons déjà croisé ici lors de différents articles, dont un sur la Simca Fulgur (1958). La Fulgur est la première oeuvre remarquée du jeune Opron, il a alors 26 ans. Son travail lui permet de rentrer chez Citroën dont le design est alors dirigé par Flaminio Bertoni. Robert Opron est né à Amiens le 22 février 1932. Le jeune Opron commence par dessiner des cockpits d’avion pour la Société Nationale de Constructions Aéronautiques du Nord, (alias Nord Aviation). On lui doit notamment le poste de commandes du Nord 2501 (ou Nordatlas).

La fin tragique de Bertoni lui mettra le pied à l’étrier

Mais, Opron le designer veut dessiner des voitures. Il entre alors chez Simca et y dessine la Fulgur pour le compte de la marque lors d’un concours pour le journal Tintin. Il travaillera aussi sur la Simca Chambord décapotable présidentielle (réalisée par Chapron). Hélas, le bureau du design Simca est dissout et Opron trouve refuge chez Arthur Martin. Oui, le grand Robert Opron a dessiné des appareils électroménagers.

Il retrouve l’automobile avec Citroën donc sous les ordres de Bertoni. A sa demande, Opron dessine l’Ami 6 break. Bertoni décède en 1964 d’une hépatite foudroyante à Antony en banlieue parisienne. Opron est appelé à lui succéder. Pour Citroën, il modernisera la face avant de la DS en plaçant les phares directionnels derrière la fameuse vitre. Il retrouve Chapron et la Présidence en créant la Citroën DS Présidentielle de 1968.

Opron travaille à sa grande oeuvre chez Citroën, la SM. La Citroën SM est une chimère, alliance entre une DS aux lignes modernisées et un moteur V6 Maserati. Sa ligne est aussi iconique que celle de la DS et marquera durablement la carrière de Opron (comme la bulle arrière).

Robert Opron et le projet G qui donnera la GS
Robert Opron et le projet G qui donnera la GS (Citroën)

Pour Citroën, Robert Opron dessinera aussi différents prototypes qui aboutiront à la GS. Un peu après, ce sera la CX. A chaque fois, Opron sait faire la synthèse du savoir-faire de Citroën dans une voiture. La CX avec sa lunette arrière concave (à l’inverse de la SM), ses 6 grandes vitres latérales, son unique essuie-glace, sa face avant reconnaissable saura faire oublier la DS pourtant mythique.

Michelin qui détient Citroën cherche à s’en débarrasser. Le premier choc pétrolier a mis la marque dans une fâcheuse posture financière et Peugeot vient au secours des chevrons avec un rachat en 1975. Opron quitte Citroën pour Renault non sans avoir lancé le projet de ce qui deviendra l’Axel.

Une décennie intense chez Renault

Chez Renault, Opron est chargé du restylage de l’Alpine A310 puis de la finalisation de la Renault Fuego. Sur les premières esquisses de Gaston Juchet, Opron y greffe son expérience Citroënesque. La bulle arrière de la Fuego fait immanquablement référence à celle de la SM. Il chapeaute la finalisation de la R5 Turbo initiée par Marc Deschamps mais également des voitures moins « sexys » comme la Renault 9. Ce sera le troisième trophée européen de la voiture de l’année pour Opron. La Renault 11 (la 9 à hayon) arrive un peu après. Les deux dernières grandes oeuvres de Opron chez Renault seront la Renault 25 en 1984 et la première version du Renault Espace.

La R25 possède, comme toutes les oeuvres majeures de Robert Opron une bulle arrière remarquable. Celui qui avait contribué au renouveau du haut de gamme de Citroën avec la CX offrait à Renault une alternative avec la 25. On pourra ajouter l’Alpine GT V6, la Supercinq ou la Renault 21 qui seront lancées sous son autorité.

Une liste impressionnante de voitures françaises majeures

Robert Opron quitte Renault quand Georges Besse arrive. Le designer file chez Fiat et surtout Alfa Romeo pour qui il dessine la SZ et la RZ. Devenu indépendant dans les années 90, il dessine quelques voitures dont la Ligier Dragon Fly.

Décédé le 29 mars 2021 à Antony (comme Flaminio Bertoni), Robert Opron laisse un grand nombre de véhicules mythiques de la production hexagonale. Obsédé par l’efficience aérodynamique, il a signé des silhouettes aux CX records. Il a également signé des bre Surtout, il a su utiliser les surfaces vitrées dans ses voitures, la bulle arrière notamment. La Simca Fulgur de ses débuts avec sa grande verrière était prémonitoire de toute sa carrière finalement.

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23 Commentaires sur "Robert Opron (1932 – 2021) : les grandes heures de Citroën"

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SGL
Invité

J’ai presque aimé toutes les voitures qu’il a faites… Malgré le beau bide ou le manque de prestige de certaines

Emmanuel
Invité

Pareil pour moi
il n’y a rien à jeter parmi les véhicules sur lesquels il a travaillé, même la Ligier (que j’ai découverte à l’occasion de l’article) est amusante et intrigante, et je me suis dit : »pourquoi ne pas la ressortir en version électrique » en L7 (20 cv et 80/90 km/h) ?

sweeck
Invité

Triste nouvelle. Au revoir M. Opron et merci !

oliv
Invité

Pourquoi ne pas avoir intitule l’article « les grandes heures de Citroën et Renault » compte tenu du contenu de cet article, néanmoins très intéressant ?
Citroën flashing, Renault bashing… du blog auto quoi…

MOTÖRHEAD
Invité

La critique est telllllllllllement facile derrière un clavier 😂

C Ghosn
Invité

T’arrive a faire de la critique devant le clavier ?

——[]

Scott
Invité

Que l’on aime ou pas on s’en fous.En tous cas cest un bel hommage

Thomas
Invité

Effectivement, quand le tour de Patrick Le Quément viendra, on lui rendra aussi hommage 😉

AXSPORT
Invité

Euh……..
Faut voir….

Comme Bangle…..
😱😱😱

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