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Suzuki gèle son activité en Birmanie,et ses investissements?

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Suzuki vient de suspendre sa production dans ses deux usines implantées en Birmanie. Des mesures prises après le coup d’Etat militaire survenu lundi dans le pays. Et qui pourraient remettre en cause ses projets d’investissements sur le territoire birman.

Suzuki suspend ses opérations en Birmanie

Suzuki a indiqué dans un communiqué avoir arrêté ses opérations dès lundi après-midi. Ajoutant que « pour l’heure » il surveillait « l’évolution de la situation” et qu’il était difficile pour l’instant de savoir quand l’activité locale du groupe pourrait redémarrer.

Suzuki leader du marché birman

Présent en Birmanie depuis 1998 à travers sa filiale Suzuki Thilawa Motors, le constructeur possède à l’heure actuelle deux usines où sont assemblés quatre modèles : Carry, Ciaz, Ertiga et Swift.

Les deux usines, qui emploient 400 personnes au total, desservent essentiellement le marché birman sur lequel Suzuki est leader des ventes d’automobiles.

En 2019, Suzuki a produit 13 300 véhicules dans le pays et vendu 13 206 unités, affichant une part de marché de 60,3 %.

100 millions d’euros d’investissements pour la Birmanie annoncés en 2020

En 2020, le groupe avait annoncé un investissement de 12 milliards de yens (près de 100 millions d’euros) en Birmanie pour y construire un troisième site de production

Le projet devait reposer sur un terrain de 200 000 m² situé au cœur d’un parc industriel de Thilawa, sur la côte sud du pays, près de la mer d’Andaman. La superficie de l’usine actuelle devait passer de 4 000 à 42 000 m² aux termes des travaux d’agrandissement.

Plusieurs opérations devaient y être réalisées comme le soudage, la peinture ou encore l’assemblage des voitures.

D’une capacité annuelle de 40 000 unités, la production ne devait pas débuter avant septembre 2021.

Un marché birman en pleine évolution …. avant le coup d’Etat

Suzuki souhaitait ainsi répondre aux besoins du marché automobile birman en pleine évolution.

Depuis quelques années, la Birmanie s’ouvre de plus en plus aux constructeurs étrangers. En mai 2019, Toyota y avait ainsi annoncé l’ouverture prochaine d’une usine pour un investissement de 47,2 millions d’euros. Le site devrait notamment produire le SUV Hilux à compter de février 2021. Mauvaise pioche ….

La croissance économique de la Birmanie a permis une nette augmentation de la demande automobile. En 2018, le marché de véhicules neufs était d’environ 18 000 unités, un niveau certes loin d’être gigantesque, mais 2,1 fois plus important que celui enregistré en 2017.
La demande de voitures neuves a fortement augmenté après le durcissement des restrictions à l’importation de véhicules d’occasion, mis en place en 2017.

Ford et Hyundai disposent également d’usines dans le pays.

Notre avis, par leblogauto.com

Le projet d’implantation d’une nouvelle usine dans le pays pourrait rapidement tomber à l’eau …. Reste à savoir quel site bénéficiera des activités qui y étaient prévues. A moins que le 3eme site voit toutefois le jour sur le territoire birman, Suzuki pouvant y être contraint compte-tenu de la réglementation fiscale du pays.

Dans le but de renforcer l’industrie automobile locale, le – désormais ancien – gouvernement birman a mis en place des barrières aux importations. Les pickups importés sont soumis à des droits d’enregistrements spéciaux pouvant atteindre jusqu’à 40% de leur prix à l’importation. Les voitures produites localement ne sont pas assujetties à ces taxes et bénéficient d’exemptions fiscales.

Le gouvernement a également progressivement limité l’importation de véhicules à conduite à droite, une décision qui a plus que divisé par deux les importations autrefois très populaires de voitures japonaises d’occasion.

Alors que le marché birman semblait attirer les investisseurs, le coup d’Etat va très certainement changer la donne. Si Suzuki peut encore retirer ses marrons du feu … avant d’y implanter un 3eme site, les choses pourraient être plus corsées pour Toyota.

En 2019, le constructeur japonais a décidé de fonder Toyota Myanmar (Birmanie), sa première société dédiée à la production de véhicules dans le pays.

Sources : Suzuki, Toyota, Kyodo, Nikkei

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10 Commentaires sur "Suzuki gèle son activité en Birmanie,et ses investissements?"

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alfista
Invité

La Birmanie n’en finira décidément jam avec ses conflits perpétuels. C’est dommage pour un pays aussi magnifique.

mich
Invité

On dit le Myanmar.

Dom
Invité

Le marché automobile birman en 2020 a chuté de 19,5%,
Les ventes en année pleine ont été de 15.721, tandis que le leader Suzuki divise par deux ses ventes et perd une part de marché impressionnante de 11,4%.
Le leader Suzuki (-49,5%) a perdu cette année une part de marché impressionnante de 11,4%, suivi de Toyota (-35,3%), qui n’a perdu que 0,1% de part de marché.
Nissan (-27,8%) est resté troisième et a — gagné 0,9% de part de marché. —

mich
Invité

Les voitures de la bas ont toute le volant a droite, et con duit… a droite, depuis longtemps deja… sortir d’un bus la bas est un sport….

Dom
Invité
Francois
Invité

Geler des investissements juste après un coup d’état, qui implique une certaine instabilité pour une période plus ou moins longue, est un mouvement on ne peut plus logique. Néanmoins, si Suzuki opère en Birmanie depuis 1998, c’est que les histoires de droit de l’homme ne le dérange pas plus que cela, le pays se trouvait déjà sous la coupe d’une junte à l’époque. Une fois dit cela, quand je vois le nombre de constructeurs implantés en Chine, je me dis qu’il est inutile de lui faire la morale. 😉

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