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Marques disparues, épisode 20 : Ascari, la puriste

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Ascari

Ascari, c’est l’histoire originale d’un petit constructeur anglais de voitures de sport au nom italien, aux moteurs américains puis allemands, et qui fut rachetée par un hommes d’affaires néerlandais ! Des raretés comme seul sait le faire l’artisanat automobile d’outre-manche.

Le noble art

Lee NobleA l’origine d’Ascari, on trouve l’ingénieur anglais Lee Noble. Pilote à ses heures dans les années 80 au volant d’une Lotus Europa, l’anglais profite des largesses britanniques en termes d’homologation pour développer des prototypes sportifs, dont la série des Ultima Mk, la toute première, datée de 1983, utilisant un bloc de Renault 30. Il s’essaie aussi à la construction de répliques, avec les Lotus 23 et Ferrari P4 Replica, avant de basculer au début des années 90 sur un nouveau projet. Noble fonde en 1995 la société Ascari, dont le nom rend hommage évidemment au double champion du monde de F1 Alberto Ascari. Il développe ainsi le concept FGT, équipé d’un bloc V8 Chevrolet de 6 litres installé en position centrale, qui fait la tournée des salons européens.

Ascari
La FGT

La voiture tape dans l’oeil de Klaas Zwart, un pilote amateur et hommes d’affaires néerlandais qui a fait fortune dans le pétrole. Après avoir commandé dans un premier temps une version de compétition de la FGT, il finit par racheter l’entreprise et financer le développement d’une version de route de l’Ascari. La FGT de course troque le bloc Chevrolet par un V8 Ford et Klaus Zwart créé la surprise en remportant sa première course officielle en British GT à Silverstone. La voiture obtiendra encore quelques accessits les années suivantes.

 

En parallèle, on planche sur la version routière. Le plus gros changement vient du compartiment moteur qui accueille désormais un V8 d’origine BMW retravaillé par le préparateur Hartge. Initialement d’une cylindrée de 4,4 litres pour 300 ch, le bloc passe à 4.7 litres puis 5 litres pour 420 ch sur les derniers exemplaires, qui reçoivent en outre une boite séquentielle, permettant d’afficher un 0 à 100 en 4″1 et plus de 320 Km/h de vitesse de pointe. Baptisée Ecosse, cette première Ascari se distingue par son style élégant, sans exagérations, et sa légèreté due à l’usage de fibre de verre et de Kevlar, soit à peine 1250 kg. Seulement 17 exemplaires sont assemblés entre 1998 et 2000, alors que Lee Noble est parti fonder sa propre marque. Mais qu’à cela ne tienne, Zwart lance la construction d’un circuit d’essai premium dans le sud de l’Espagne et un nouveau site d’assemblage est créé à Banbury.

Des supercars sans fioritures et redoutables

En 2005, Ascari revient à la charge après un développement plus long et compliqué que prévu, en dévoilant la KZ-1, qui porte tout simplement les initiales du patron. Toujours aussi gracile et bien dessinée (et avec des optiques avant d’origine Peugeot, mais oui !), la belle n’est produite qu’à 50 exemplaires, facturés chacun plus de 340.000 euros. Le prix de l’exclusivité et d’un assemblage fait main qui ne lésine pas sur la finition, à grands coup de cuir et d’alcantara.

Toujours aussi légère grâce à l’usage massif de la fibre de carbone avec un châssis course, la KZ-1 embarque à bord le V8 de la BMW M5 4.9 litres de 500 chevaux, qui lui permet d’afficher 3″7 au 0-100 Km/h et une vitesse de pointe au-delà des 320 Km/h. Agile, la KZ-1 bénéficie d’une excellente tenue de route et s’attire des louanges dans l’émission Top Gear, signant à cette époque le 5e meilleur chrono de l’histoire sur le circuit Top Gear aux mains du Stig. Une version GT3 est également développée et participe à différents championnats, dont le championnat d’Europe GT3 où ses résultats sont très corrects.

Mais à peine la KZ-R est elle lancée que la marque planche sur une évolution encore plus radicale, l’ A10, qui doit fêter la première décennie de l’entreprise et dont la conception est supervisée par Paul Brown, un ancien de Zakspeed F1. Le bloc BMW est porté à plus de 620 chevaux et une nouvelle fois, le test du prototype réalisé par Top Gear fait de l’A10 l’une des supercars les plus performantes de son temps. Ne pensant que 1200 kg, grâce à l’emploi de fibre de carbone, elle annonce un 0 à 100 Km/h en 2.8 secondes, défiant ainsi les Ferrari et les Lamborghini.

Malheureusement, faute de moyens, la production en série de l’A10 ne démarre pas et Ascari met un terme à son aventure de constructeur, se focalisant sur le complexe Resort de la piste d’essai de Ronda en Espagne. Acsari Racing perdure à travers une structure de course de Klaas Zwart, qui participe aux courses du Boss GP, un championnat FIA qui met en lice d’anciennes monoplaces. Le néerlandais roule en Jaguar R5. Quant à la base de Banbury, elle est devenue le siège de l’écurie Haas F1. Rien ne se perd !

Images : wikimedia commons, Ascari

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5 Commentaires sur "Marques disparues, épisode 20 : Ascari, la puriste"

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Location Voiture Tunisie
Invité

J’aime son design.

KifKif
Invité

Un lien avec la marque Noble ?

Guill
Invité

Lee Noble, peut-être.

KifKif
Invité
Oui c’est à lui que je pensais, et les voitures ont un air de famille… Du coup, Merci Wikipedia : Noble Automotive : L’entreprise a été créée en 1999 par Lee Noble (en) à Leeds, dans le West Yorkshire pour la fabrication de voitures de sport à propulsion et à moteurs en position centrale arrière. Lee Noble a été à la fois le concepteur en chef et le propriétaire de Noble. Après avoir vendu l’entreprise en août 2006, il a fini par en démissionner en février 2008. En 2009, il a annoncé la création de sa nouvelle entreprise, Fenix Automotive1.… Lire la suite >>
Invité

Oh même pas un mot sur les participations aux mans en 2001-2002 avec une Lola groupe c décapoté? 🙁

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