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Allemagne : semaine de 4 jours pour sauver le secteur auto ?

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Vers une semaine de 4 jours dans l’industrie automobile en Allemagne ? IG Metall, le premier syndicat d’outre Rhin vient de proposer ce week-end l’ouverture de négociations en vue d’un passage à la semaine de travail de quatre jours. Objectifs affichés : limiter les suppressions d’emploi, alors que le secteur automobile est confronté à une grave crise économique et financière, dans un contexte de récession, de bouleversement industriel et de crise sanitaire.

Une « proposition » d’autant plus importante que IG Metall représente 2,3 millions de salariés, et que ses suggestions sont souvent prises comme base de négociations avec les organisations patronales.

Une semaine de 4 jours pour préserver les emplois en Allemagne

« La semaine de quatre jours (…) pourrait permettre de préserver des emplois industriels au lieu de les supprimer », a déclaré le dirigeant de la centrale syndicale, Jörg Hofmann, au journal Süddeutsche Zeitung.

Il estime que « la transformation » – technologique et industrielle – de l’industrie automobile allemande « ne doit pas conduire aux licenciements, mais doit aboutir à un bon emploi pour tous » .

Ces propos interviennent alors que le mois dernier, un responsable d’IG Metall avait estimé que 300.000 emplois étaient menacés dans l’industrie métallurgique et électrique allemande.

Horaires déjà plus restreints chez Daimler, Bosch et ZF

Des entreprises comme Daimler, ZF et Bosch viennent d’accepter des horaires de travail plus réduits, a déclaré Hofmann pour argumenter ses propos. Il estime qu’à l’avenir, cette voie devrait être ouverte à toutes les entreprises de l’industrie métallurgique et électrique.

Ajoutant toutefois que de telles mesures devraient s’accompagner d’une « certaine compensation salariale » de telle manière que l’équilibre financier des salariés n’en soit pas affecté.

Economiser le coût d’un plan social  pour les employeurs …

Lorsque IG Metall a négocié en 2018 l’option permettant aux employés de réduire les heures de travail à 28 heures pour une durée maximale de deux ans, les employeurs ont largement refusé d’accorder des compensations salariales.

Néanmoins, désormais Hofmann ne voit pas nécessairement poindre à l’horizon un conflit avec les employeurs dans le cadre d’une éventuelle négociation de la semaine de quatre jours.  Selon lui, les entreprises ont intérêt à réduire les heures de travail au lieu de licencier des travailleurs. « Cela sécurise les travailleurs qualifiés et permet d’économiser des coûts générés par un plan social, par exemple » explique le dirigeant syndical.

Notre avis, par leblogauto.com

Ce que n’indique pas encore ouvertement le syndicat mais qui est sous-jacent c’est que ce passage à 4 jours par semaine devrait s’accompagner d’une baisse de salaire, contrairement à ce que certains souhaiteraient outre Rhin. Il ne s’agit pas de modifier l’organisation du travail en elle-même mais très certainement avant tout sa durée. Ce qui suppose des concessions salariales de la part des employés du secteur.

Désormais le maître mot est de préserver son emploi en préservant son entreprise. Mieux vaut accepter une rémunération moindre que de se retrouver au chômage, avec un faible espoir de retrouver du travail, l’ensemble des entreprises du secteur étant confrontées au même problème.

Sources : Reuters, Süddeutsche Zeitung

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4 Commentaires sur "Allemagne : semaine de 4 jours pour sauver le secteur auto ?"

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zeboss
Invité

Et que dit Martinez ?
oops, pardon, comme le nuage de tchernobyle celui ci ne traverse jamais le Rhin…

Gilles L.
Invité

Les syndicats allemands ont toujours été plus responsables que les français. Cela se voit au niveau des résultats socialement moins désastreux.
En France, les plus virulents ont souvent contribué à serrer le noeud de la corde pour se pendre.

Seyfou Ouzini
Membre

C’est effectivement une toute autre mentalité de l’autre coté du rhin.

Lovehornby
Invité

Ils sont surtout beaucoup plus puissants puisque se syndiquer est obligatoire chez eux.
Du coup les négociations fonctionnent mieux et les appels a la grèves sont moins fréquents.
Il y a beaucoup de grands patrons français (pas les petits) qui préfèrent le système français.
Les syndicats français appellent effectivement souvent a la grève, mais perdent toutes leurs batailles depuis plus de 30 ans…

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