Accueil Historique On a lu : Renault 5 sportives (ETAI)

On a lu : Renault 5 sportives (ETAI)

0
7
PARTAGER
Renault

Attention, mythe ! La Renault 5 a connu une longue carrière commerciale et surtout une carrière sportive bien remplie, comme en attestent les nombreuses versions préparées par la Régie et présentées dans ce livre. De quoi se replonger dans une fabuleuse épopée où la devise « impossible n’est pas français » semble s’appliquer plus que jamais !

A bien des égards, la petite R5 et ses versions sportives constituent un jalon primordial de l’aventure de Renault, accompagnant une période charnière dans l’évolution de l’entreprise alors nationalisée. Sortie en 1972, la R5 est produite jusqu’en 1984 à plus de 5,5 millions d’exemplaires. Sa remarquable habitabilité conjuguée à un petit gabarit, son design moderne avec ses pare-chocs en plastiques intégrés et son hayon plongeant en font de suite un best-seller qui révolutionne les petites voitures. Alain Chevalier nous propose ici d’une rétrospective de toutes les versions sportives et de compétition de la R5 qui ont été nombreuses, prouvant une nouvelle fois à quel point la course automobile était un pilier important dans la communication de Renault et la diversification de son offre. Le « losange dans les starting-blocks » comme se plaît à le rappeler le sous-titre de l’ouvrage.

On commence ainsi par la R5 LS en 1974, qui arrive à point nommé dans un contexte de choc pétrolier où les grosses sportives n’ont plus la côte. Avec son bon vieux moteur Cléon-Fonte qui culmine à 64 chevaux, c’est un peu juste, mais un kit spécifique développé pour la version destinée à la coupe Renault 5 la fait grimper à 85-90 chevaux. Suffisant visiblement pour faire avaler la pilule de la traction avant aux pilotes, qui gardaient en mémoire la joueuse R8 Gordini à propulsion et avent pris en grippe, pour ne pas dire détesté, la R12 Gordini à traction avant. D’ailleurs, la R5 sportive marque bien la bascule de Gordini vers Alpine de 1974, matérialisée par l’absorption définitive d’Alpine, qui fait assembler à Dieppe la R5 Alpine de 93 chevaux et lui appose les stickers avec le A fléché. Elle préfigure la vague des GTI mais se fait griller la politesse de quelques mois par la Golf.

Puis, Renault a ce nouveau coup de génie avec l’adoption du Turbo. C’est le choc, la stupéfaction quand Renault dégaine la R5 Turbo, avec ses ailes arrière élargies, ses jantes turbine, son moteur en position centrale arrière collé aux fesses du conducteur et son intérieur rouge designé par Marcello Gandini, le papa de la Countach ! La production débutait il y a tout juste 40 ans. C’était la première pierre, incandescente, d’une ligne qui comprend les R5 Turbo 2,  R5 Turbo Groupe 4, R5 Turbo 2 litres, Eurocup, « Cevennes », « Tour de Corse », sans oublier la greffe du Turbo, mais un peu tardivement, sur l’Alpine, avant de finir en beauté avec la démoniaque Maxi Turbo Groupe B, qui virevolte aux mains de Jean Ragnotti. Une Maxi R5 Turbo qui terminera même sa carrière sur circuit avec un titre de Superproduction en 1987, sans oublier les tentatives – sans réussite – en IMSA aux USA, où la R5 s’appelait « Le Car ».

L’auteur détaille toutes les évolutions techniques (motorisation, look, kits compétition, ec.), le palmarès sportif (dont les succès aux Monte-Carlo 1981, Tour de Corse 1982 et de multiples championnats de France des rallyes) et les coulisses dans les arcanes de Renault. On se rappelle ainsi comment les ingénieurs ont redoublé de talent avec des moyens qui n’étaient pas illimités, loin s’en faut, et un budget rallye qui fut un peu le parent pauvre à côté du programme F1. La R5 accompagne la naissance de Renault Sport en 1975 alors que la Turbo contribue à l’émergence du fameux Berex (bureau d’études et de recherches exploratoires) en 1979.

Comme toujours, les photographies qui accompagnent le livre sont superbes, à l’image des modèles présentés dans un très bel état de conservation et qui entretiennent le mythe. Un mythe qui se mesure aujourd’hui à la valeur acquise par certains exemplaires,  touchés eux aussi par la fièvre spéculative.

L’ouvrage est vendu au prix de 39 euros.

Poster un Commentaire

7 Commentaires sur "On a lu : Renault 5 sportives (ETAI)"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
SGL
Invité

Une époque où Renault savait créer le Buzz, à partir de cette période sur chaque modèle de sa gamme…
Là, on s’endort sur beaucoup de modèles, qui meurent même doucement sans nouveauté qui marque les esprits.

CDA
Membre

Ce n’est pas tellement Renault qui a ‘changé’ mais l’époque comme évoqué.
Puis après, il y a bien eu d’autres modèles sympas voir un peu fou : Clio Williams… Spider… Clio V6… Mégane R26.R… Plus récemment, c’est un peu différent mais les temps ne sont plus les mêmes.

AXSPORT
Invité

Cool

🙂

SAM
Invité

p’tit bijou sur pattes cette auto!
39 euros c’est peu cher!

Motörhead
Invité

J’en ai eu une, turbo2 moins chère que la 1, la voiture dépassait mes capacités, je ne suis pas M. Ragnotti 🤣 après des frayeurs ça calme et ça rend humble, en accélération c’était: rien rien rien et d’un coup tout ! Pas la peine de mettre la radio, on entend bien le moteur, pas besoin de chauffage, on peut faire réchauffer les plats sur la plage arrière, seul endroit où mettre le bagage, ne pas oublier de le sangler, bref attachante, seul bémol les pneus Michelin en métrique

Pj74
Invité

Bien détaillé….j’ai réussi a garder la mienne et j’avoue que de temps en temps ce ptit coup au « fesses » me surprend toujours autant !

labradaauto
Invité

la 5 Turbo fût après l’Alpine l’auto française qui a inscrit son nom au palmares des plus prestigieuses épreuves sur routes. C’est une voiture historique qui a pour certains plus de résonance, amour, que nombre de marques prestigieuses flattées par les temps qui courent, puisque justement, les bonnes autos; On ne s’en sert plus. Si on les fait rouler parfois, Elles attisent sympathie. Je préfère n’évoquer que le positif pour cette voiture.

wpDiscuz