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2025 : qui fera quoi dans l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi ?

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Alliance Renault Nissan Mitsubishi

On savait déjà que l’Alliance allait basculer dans un mode « leader-follower » avec un décideur par segment, région ou technologie. Désormais on sait qui fera quoi.

Fin janvier 2020, l’Alliance expliquait dans un communiqué qu’elle définissait « un nouveau cadre pour renforcer davantage son modèle économique et consolider sa structure de gouvernance ». Pour redistribuer de manière claire les rôles de chacun au sein de l’Alliance, un système de référent par région a été mis en place.

En effet, l’Alliance passe à un modèle décideur/suiveur (ou leader/follower), dans lequel, une et une seule des entreprises de l’Alliance prendra la direction sur une technologie donnée, une région, etc. Ce référent imposera ses choix et décisions aux autres. C’est par exemple ce qu’il se fait déjà dans les utilitaires en Europe avec Renault qui conçoit et développe des VUL pour les 3 sociétés de l’Alliance.

Rationalisation ou standardisation ?

Cela doit permettre d’éviter les aberrations ou bégaiements technologiques comme celle dans l’électrique. En effet, la Nissan Leaf et la Renault Zoe n’ont rien en commun pas même les batteries. Et elles n’existent pas dans les marques soeurs par exemple. Mais il y a aussi l’hybride. Nissan développe le e-Power et Renault le E-Tech. Le but est de faire croître encore plus les synergies et donc, les économies.

« L’Alliance est un partenariat stratégique et opérationnel unique dans le monde de l’automobile qui nous donne un avantage certain dans un paysage automobile mondial en constante évolution », a déclaré Jean-Dominique Senard, Président du conseil opérationnel de l’Alliance et de Renault. « Le nouveau business model permettra à l’Alliance de tirer le meilleur parti des atouts et des capacités de performance de chaque entreprise, tout en s’appuyant sur leur culture et leur héritage respectifs. Les trois entreprises couvriront tous les segments et technologies de véhicule, dans toutes les zones géographiques, pour le bénéfice de chaque client, tout en améliorant leur compétitivité respective, leur rentabilité durable et leur responsabilité sociale et environnementale ».

Pour rappel, Nissan deviendra le référent en Chine, Amérique du Nord et Japon ; Renault pour l’Europe, la Russie, l’Amérique du Sud et l’Afrique du Nord ; et Mitsubishi Motors pour l’ASEAN et l’Océanie.

Qashqai/Kadjar mené par Nissan, Captur/Juke mené par Renault

Les plans produits des entreprises suivront le schéma « leader-follower ». Les véhicules leader et followers seront produits selon le schéma le plus compétitif. Par exemple :

  • Le renouvellement du segment des C-SUV après 2025 sera mené par Nissan, tandis que le futur renouvellement du segment des B-SUV en Europe sera mené par Renault.
  • En Amérique latine, les plateformes des véhicules du segment B seront rationalisées, passant de quatre variantes à une seule pour les produits Renault et Nissan. Cette plateforme sera produite dans deux usines, chacune fabriquant à la fois pour Renault et Nissan.
  • En Asie du Sud-Est et au Japon, les membres de l’Alliance poursuivront certaines opportunités selon le même schéma, comme la collaboration entre Nissan et Mitsubishi Motors pour la Kei-Car.

En tenant compte de tous ces éléments, près de 50 % des modèles de l’Alliance seront développés et produits sous le système « leader-follower » d’ici à 2025 annonce le communiqué.

Les technologies seront aussi influencées par ce schéma « leader-follower ». Ainsi, le leadership sera attribué comme suit :

  • Conduite autonome : Nissan
  • Technologies des voitures connectées : Renault pour la plateforme Android et Nissan en Chine
  • E-body – le système principal de l’architecture électrique-électronique : Renault
  • Moteur e-PowerTrain (ePT) : CMF-A/B ePT – Renault ; CMF-EV ePT – Nissan
  • PHEV pour les segments C/D : Mitsubishi

Notre avis par leblogauto.com

Selon l’Alliance, le principe meneur-suiveur doit permettre de baisser les coûts et les dépenses d’investissements par modèle et ce, jusqu’à 40%. On parle tout de même en milliards d’euros par segment. Dans le même temps à partir de 2025, ce seront 50% des modèles qui seront conçus sous ce modèle. Ainsi, l’Alliance entend faire baisser les coûts globaux de 20% d’ici 2025. Ambitieux.

Le « ePT » dévolu à Renault concerne les plateformes modulaires CMF-A et CMF-B (Common Module Family). Faut-il comprendre que, l’Alliance entérine le fait que l’électrique pur et dur sera dirigé par Nissan. La remplaçante de la Renault Zoe par exemple sera dirigée par Nissan ? Sauf si cette dernière disparaît au profit d’une Clio ZE qui serait alors sur la CMF-B ?

Surtout, on a la confirmation que des modèles seront supprimés. D’ici 2025, environ 20% (1 modèle sur 5) sera arrêté au sein de l’Alliance. Pour Renault, on parle de plus en plus concrètement de l’Espace, mais aussi de la Talisman et sans doute du Scenic. Le désamour de l’Europe pour les grandes berlines et les monospaces auront eu raison de ces modèles. A la place ? Des CUV/SUV/crossovers.

De même, les coupes dans les équipes vont être bien réelles. Si on multiplie les synergies et que l’on applique le principe leader-follower, alors il y a suppression des équipes en doublons. Ces doublons ne seront vraisemblablement pas reversés dans d’autres équipes.

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42 Commentaires sur "2025 : qui fera quoi dans l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi ?"

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Klogul
Invité

Thibaut il s agit des micro hybride et hybride leger a mon avis pour Renault.

Vous avez raison plus de BEV par renault donc aucun produit ZE en dev chez Renault donc mecaniquement ca va limiter les equipes a voir comment cela redefini les equipes…

Mais il est clair que les japonais on reussi a negocier le principal avec les ventres mou de manageur francais EV et ADAS et on laisse les miettes aux autres

Fred21
Invité

C’est évidemment ENFIN plus rationnel mais c’est aussi instaurer un certain déséquilibre. Côté marché, les 2 plus gros (Chine/USA) sont Nissan mais c’est normal au vu des ventes depuis des années, côté technologies les 2 technologies d’avenir (conduite autonome et motorisation électrique) sont Nissan également.

SGL
Invité

Pastoutcompris !
Vous dites : « E-body – le système principal de l’architecture électrique-électronique : Renault » …OK
Après « La remplaçante de la Renault Zoe par exemple sera dirigée par Nissan . » Bah non, si Renault se charge de faire les VE !?

SAM
Invité

Ben ce sera pire chez PSA si fusion il y a si je me réfère à votre conclusion de ce billet!?!? Allez, on espère que progressivement vous allez afficher l’optimisme qui vous caractérisait il y a quelques années sur LBA! Espérant en reparler avec vous en 2025.

Retrouvé le retour
Invité

Les Chinois viennent d’arriver à pieds sur le toit du monde pour en retirer probablement les poussières émises depuis un siècle par les voitures de l’oncle Sam principalement. Peut être aussi pour voir s’il ne reste pas de l’amiante de nos embrayages et autres plaquettes de frein. Par contre ils ne semblent toujours connaître le nom donné au toit par les Anglo-saxons. Que va faire Michelin pour sa carte ?

polo
Invité

J’ai quand même l’impression que Renault se fait un peu « avoir » dans l’affaire, le segment A est quand même presque mort, le B ça semble logique par contre j’aurais aussi mis le segment C qui reste important en Europe. Puis surtout filer l’électrique à Nissan quand on sait tous l’investissement concédé pour la Zoé qui est loin d’être ridicule comparé à la Leaf!

Rakihoney92
Invité

En effet.
Et l’Inde n’est pas chez Renault malgré l’échec de Datsun et Nissan confidentiel.
Ça aurait pu équilibrer avec un marché à fort potentiel.
Et comme les marges des voitures sont souvent proportionnelles à leur taille, ça augure de nouveaux pb une fois Nissan redressé.

Tesla
Invité
+1 Ils parlent de nouveau départ (fin de l’ère Ghosn) mais en fait, ils répètent les mêmes erreurs… Au final, c’est Nissan qui sera favorisé et qui sera de nouveau le « groupe fort » de l’Alliance, celui qui réalise les plus gros volumes et qui a la gamme la plus complète et la plus mondiale. Dans 5-10 ans, une fois la crise passée, Nissan aura de nouveau des velléités d’indépendance. En 2019 l’Alliance est clairement arrivée à ses limites, pour que cet assemblage fonctionne il faudrait une fusion dans le respect des règles capitalistiques. Cet accord « leader/follower » condamne Renault à rester… Lire la suite >>
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