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Essai Audi S8 (2020) : Sleeper de luxe

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Les Mercedes-AMG S63 et autres BMW 760 Li doivent-elles trembler ?

La nouvelle Audi S8 se la joue comme le personnage de Niki Lauda incarné par Daniel Brühl dans la scène du film Rush, lorsqu’il conduit la vieille Alfa Romeo de sa future femme : discrète et calme, sauf quand on lui demande de faire étalage de ses capacités dynamiques. Ce monument à jamais associé aux gangsters patibulaires des films de Luc Besson fait peau neuve. Mais la formule ne change pas.

Les limousines ultra-puissantes ne manquent pas sur le marché actuel. Devenues quasiment invisibles en France, elles continuent de plaire aux riches de marchés beaucoup plus importants comme les Etats-Unis, la Russie ou la Chine. Chez Mercedes par exemple, la Classe S développe 612 chevaux en version 63 AMG ou même 630 en version 65 AMG actuellement en toute fin de carrière. Chez BMW, la M760i Li perd quelques chevaux dans le passage aux dernières normes antipollution, mais elle en revendique tout de même 585. La Porsche Panamera peut grimper jusqu’à 680 chevaux dans sa version fiscalement vertueuse Turbo S E-Hybrid. Du côté de l’ultra-luxe, la Bentley Flying Spur envoie 635 chevaux à ses quatre roues et se targue même de pouvoir filer jusqu’à 333 km/h en vitesse de pointe.

Sur le papier, la nouvelle Audi S8 adopte donc un profil bas avec son « modeste » V8 bi-turbo micro-hybride de seulement 571 chevaux. Son moteur et son châssis possèdent beaucoup d’ADN en commun avec les pièces utilisées par Porsche ou Bentley, mais la limousine de la marque aux anneaux s’oblige à un peu plus de discrétion que ses cousines. S’il n’y avait pas ces quatre sorties d’échappement à l’arrière, on prendrait presque la nouvelle S8 pour une paisible limousine diesel de société de transport. L’installation aux places arrière confirme d’ailleurs cette impression : l’espace aux jambes n’atteint pas celui des limousines rallongées les plus opulentes (Audi A8L, Mercedes Classe S Maybach, BMW Serie 7 Li, Bentley Flying Spur), mais le niveau de confort à bord n’a absolument rien à envier à celui d’une Classe S ou d’une Serie 7 classique.

La calandre est gigantesque mais le style, raisonnablement discret

L’Audi dispose d’équipements surprenants dans sa panoplie technologique. Grâce à une nouvelle évolution de suspension pneumatique (sans barres antiroulis), la voiture se lève automatiquement de 50 mm quand elle détecte un être humain qui approche d’une portière. Cette fonction vise à vous éviter d’avoir à trop baisser votre séant pour prendre place à bord. Autre nouvelle fonction -plus intéressante- de cette suspension fonctionnant via un système électrique 48 volts (comme toutes les nouvelles voitures de luxe du groupe Volkswagen), les amortisseurs pneumatiques indépendants gardent la voiture rigoureusement horizontale en mode Confort+. L’auto ne plonge pas du train avant au freinage, elle ne se cabre pas à chaque accélération ni ne s’écrase sur ses appuis en virage. Et grâce à ses nombreux capteurs qui scannent la route, elle peut franchir un dos d’âne sans le faire sentir à l’intérieur. Cette dernière prouesse ne s’observe malheureusement que dans certaines conditions et à vitesse réduite, mais elle marche déjà mieux que le Magic Body Control de Mercedes.

La planche de bord cumule toujours trois écrans dont deux sont tactiles

Une fois repassé dans le siège conducteur, l’univers hi-tech de l’A8 et son ambiance froidement futuriste ne souffre d’aucune approximation en terme de finition. Ou seulement de certaines pièces en plastique au niveau des comodo ou de la console centrale, comme dans les BMW et Mercedes concurrentes (pour éviter d’avoir à toucher le plus petit morceau de matière vulgaire, il faut vraiment se rendre chez Rolls-Royce ou Bentley). Et une fois passé le mode Dynamic, après des kilomètres et des kilomètres avalés paresseusement à l’arrière, je me prépare enfin à accélérer en grand pour voir ce que vaut la limousine sportive d’Audi. Sur le papier, elle se veut bien plus tendre que ses petites soeurs RS6 et RS7 fortes de 600 chevaux. Elle possède pourtant bien le même moteur et affiche le même couple maximum (800 Nm), mais les metteurs au point ne voulaient rien sacrifier de son confort de limousine.

Elle fait moins de bruit qu’une RS6 mais elle marche presque aussi fort

La poussée du V8 paraît en tout cas copieuse, même si elle rend officiellement quelques dixièmes à la S63 AMG -0 à 100 km/h en 3″8 contre 3″5- probablement pas aidée par l’absence de launch control. La sonorité du moteur reste très feutrée mais flatteuse à écouter à pleine charge, et les monstrueux freins carbone-céramique optionnels (disques de 420 mm) mordent bien malgré une attaque de pédale un peu tendre. Très vite, le rythme routier devient si violent que l’estomac de mon passager laisse sentir les premiers signes de défaillance. L’étrange gestion des amortisseurs pneumatiques à gestion indépendantes, qui cherchent à limiter les mouvements de caisse en permanence, n’empêche pas de jouer avec les transferts de masse de la voiture pour combattre le sous-virage. Le train avant (chaussé de Pirelli P-Zero) grippe fort, et les roues arrière directrices contribuent elles aussi à retarder l’apparition du sous-virage en augmentant l’agilité de la voiture. Reste les défauts habituels de ces gigantesques berlines : en mode manuel la programmation de la boîte automatique à huit rapports ne tolère les rétrogradages qu’au-dessous d’un régime trop bas pour la conduite sportive, et on manque de vraies sensations de pilotage. On se met pourtant vite en confiance, cernant les limites avec une grande précision, mais on ne s’amuse pas tant que ça tout en transpirant beaucoup à cause du rythme joué. En fait ma plus grosse surprise reste que, conduite quelques jours avant, la nouvelle Bentley Flying Spur m’était parue toute aussi efficace à l’attaque (sauf en endurance de freins). Avec du recul, cette nouvelle Bentley réalise vraiment un sacré bond en avant par rapport à l’ancienne.

Un compromis « raisonnable » ?

Alors oui, il ne sera pas difficile de suivre les limousines les plus puissantes du marché en Audi S8. Et ses passagers arrière dormiront tout aussi bien. Ils attireront moins l’attention que dans une BMW 760Li dotée de ses gigantesques haricots ou une Mercedes-AMG S63 à l’allure plus revendicatrice. Et il y a d’autres points objectivement intéressants avec cette S8 : la consommation passera facilement sous les 10 l/100 km sur un long trajet autoroutier à allure légale (sinon c’est plus de 30 l/100 km en conduite sportive). Même le prix fait un peu moins mal que chez ses concurrentes : 156 400€, à comparer aux 183 000€ d’une BMW 760Li, aux 186 000€ d’une Mercedes-AMG S63 ou aux 220 000€ d’une Bentley Flying Spur. Certes, la Porsche Panamera Turbo S E-Hybrid à 193 000€ échappera au terrible malus déplafonné grâce à son groupe motopropulseur hybride rechargeable, idéal pour afficher un grammage officiel ridiculement faible…

Audi S8
Prix (à partir de)156 400 €
Prix du modèle essayé156 400 €
Bonus / Malus+20 000 €
Moteur
Type et implantation8 cylindres en V – Injection directe turbo essence
Cylindrée (cm3) 3 996
Puissance (ch/kW)571 / 420
Couple (Nm) 800
Transmission
Roues motrices intégrale
Boîte de vitessesauto à 8 rapports
Châssis
Freinsà disques
Jantes et pneus 265/40 R20
Performances
Vitesse maximale (km/h)250
0 à 100 km/h (s) 3,8
Consommation
Cycle mixte (l/100 km)11,7 à 11,9
CO2 (g/km)265 à 271
Dimensions
Longueur (mm) 5 171
Largeur (mm) 2 130
Hauteur (mm)1 474
Empattement (mm)2 998
Volume de coffre (l)505
Poids (kg)2 305

 

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53 Commentaires sur "Essai Audi S8 (2020) : Sleeper de luxe"

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greg
Invité

« Son moteur et son châssis possèdent beaucoup d’ADN en commun avec les pièces utilisées par Porsche ou Bentley »
Moteur, piece je veux bien, mais chassis non helas.
Le Bentley et Porsche ont une architecture 4RM mais dont la base est propulsion.
L’ A8 utilise une architecture 4RM traction, ce sont deux plateformes differentes

SGL
Invité

Mmmh… il y a quand même beaucoup d’éléments en commun.
M’enfin ce n’est pas forcément péjoratif.
Quand un élément est bien, il l’est également sous une autre marque !

greg
Invité

Ah mais je ne nie pas le partage de composants, je regrette justement qu’ il n’ utilise pas la plateforme de la Panamera, une Audi 4RM avec une base propulsion cela peut etre interessant 🙂

C Ghosn
Invité

La S8 D2 etait et reste un bon sleeper. Là , on en est loin.

amiral_sub
Invité

« ses passagers arrière dormiront tout aussi bien » perso je n’aime pas dormir sur un banc en bois. certains y arrivent mais ne roulent pas en S8 😉 Plus sérieusement, les sièges sont-ils confortables ou est ce la banquette en bois?

greg
Invité

Sur une S8 le probleme ce n’ est pas les sieges, mais plutot la suspension 😉

amiral_sub
Invité

peut on mémoriser où l’on souhaite que la voiture se lève toute seule, comme dans les tesla?

amiral_sub
Invité

plein de moins alors que c’est une des meilleures innovations !

Invité

Justement, quite à vouloir copier Tesla, autant le faire sur le moteur. Pas étonnant que VAG continue d’être en retard sur cet avenir de l’automobile (cf. les mésaventures de l’I.D.), ils sont toujours dans le « monde d’avant » ils ne peuvent donc pas investir pleinement dans le « monde d’après »

AXSPORT
Invité

Ça c’est du vrai HAUT DE GAMME, et avec des moteurs
😉

SGL
Invité

Bah, pour le coup, on ne risque pas de vous contredire, sur ce modèle !

gigi4lm
Invité

@AXSPORT, 2,3 T sur la balance. Elle n’est pas faite pour vous.

SGL
Invité

et puis il y a un « détail » qui ne faut pas oublier … le Prix (à partir de) 156 k€ !

SGL
Invité

qu’est-ce que l’on entend dès qu’une Française dépasse le tiers de ce prix !!! 😉

AXSPORT
Invité

On parlait haut de gamme au début…..
Lol

SGL
Invité

Désolé, mais une Fiat 500 à 25 k€ … c’est du haut de gamme !?
Alors après il y a 30 k€, 35 k€ , 40 …
Le haut de gamme commencerait qu’à 156 k€ ? (il n’aurait pas beaucoup de haut de gamme en circulation)

AXSPORT
Invité

Oui c’est clair
Une péniche….

SGL
Invité

J’aurai dit croiseur…

twruit
Invité

du vrai haut de gamme, probablement, mais question charme… ils ont oublié de dessiner la voiture. cette grosse chose est dénuée de séduction, ach, die rigueur allemande.

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