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Le coronavirus, un poison pour les mobilités partagées

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Autopartage, covoiturage, vélos et trottinettes en libre-service… L’idée de partager les objets de mobilité et les services de mobilités est-elle morte avec le coronavirus? Le risque est réel si s’installe la peur de s’infecter en touchant des surfaces contaminées ou en respirant le même air qu’un inconnu. 

General Motors abandonne Maven

Le géant américain de l’automobile General Motors (GM) vient d’annoncer qu’il jetait l’éponge dans l’autopartage, en fermant Maven, un service lancé il y a quatre ans. Sa suspension pendant l’épidémie lui aura été fatale.

Les offres de voitures disponibles à la demande, à l’image de l’ancien système Autolib à Paris, ont pourtant explosé ces dernières années dans les grandes agglomérations, portées par l’idée d’une mobilité plus économique, grâce au paiement à l’usage, et plus écologique car réduisant le nombre de véhicules.

Bird licencie 30 % de ses employés

Fin mars, la société américaine Bird, pionnière des trottinettes électriques en libre-service, a licencié 30% de ses employés à cause de la crise liée à la pandémie de Covid-19.

Les offres de nouvelle mobilité, 1eres à être impactées

« Les chiffres de trafic de tous les modes de transport s’effondrent, mais ce qui a décroché en premier ce sont les offres de nouvelles mobilités parce qu’elles ont le défaut inhérent d’être plutôt exposées d’un point de vue de la contamination », souligne Joël Hazan, expert du Boston Consulting Group (BCG).

Certes la crise représente dans l’immédiat un cataclysme pour tous les modes de transports, puisque les déplacements des populations ont été réduites à presque zéro dans les régions confinées. Mais au redémarrage, tous ne se relèveront pas de la même façon.

Pour M. Hazan, le secteur des mobilités urbaines qui était « l’un des plus dynamiques du monde en matière de création de start-ups va connaître une crise de financement » au terme de laquelle « seuls les plus forts resteront ». Or, selon lui, beaucoup de modèles d’affaires sont encore « balbutiants et hésitants ».

« Le covoiturage, c’est intégralement subventionné pour des résultats très décevants. Avant la crise, c’était déjà un effort sans fond pour les pouvoirs publics », constate-t-il.

Désormais, il faut rassurer les clients qui craignent d’être contaminés par le virus en touchant le volant et le levier de vitesse manipulés par un utilisateur précédent, ce qui engendre des coûts supplémentaires.

Le vélo contre la voiture

Depuis le début de l’épidémie, « nos véhicules sont régulièrement désinfectés par une entreprise spécialisée », explique Olivier Reppert, le patron de Share Now, service de covoiturage des géants allemands BMW et Daimler. « Nos objectifs à moyen et long terme restent intacts », assure-t-il, se disant convaincu d’un fort redémarrage après la crise. Mais Share Now avait annoncé fin 2019 son retrait d’Amérique du Nord et une réduction de voilure en Europe.

Dans les nouvelles mobilités, il y a des réalités très différentes, plaide Paulin Dementhon, directeur général pour l’Europe de Getaround, plateforme de location de véhicules entre particuliers. « Le problème ce sont les transports en commun. Une rame de TGV, un métro, un bus, ça fait peur », donc la crise « va promouvoir tout ce qui est transport individuel », prévoit-il.

Un report vers du transport moins cher

Or, si quasiment tout le monde a les moyens d’investir dans son propre vélo ou sa trottinette pour éviter le partage, tout le monde n’a pas les moyens d’acheter une voiture, souligne-t-il.

Nicolas Brusson, directeur général de BlaBlaCar, leader mondial du covoiturage, partage cet avis. « Si on se positionne dans 12 ou 24 mois, il y aura un report vers du transport moins cher » à cause de la crise économique et « cela devrait plutôt bénéficier à des acteurs low cost », estime-t-il. En attendant, le groupe, dont le chiffre d’affaires est tombé à zéro, fait le dos rond.

« La force d’un réseau de transports comme BlaBlaCar c’est qu’on n’a pas de coûts fixes », puisque la plateforme met en relation des clients avec des automobilistes ou des bus exploités par des fournisseurs. « Vu qu’on était bien capitalisés, un arrêt de plusieurs mois ne met pas en danger la société d’un point de vue financier », assure M. Brusson.

« Le vrai risque, c’est de perdre le combat contre la voiture individuelle », estime cependant M. Hazan, pour qui « le vélo est le mode de transport le plus adapté » en ville, car « c’est écologique et privé » mais aussi bon marché.

Elisabeth Studer avec AFP

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15 Commentaires sur "Le coronavirus, un poison pour les mobilités partagées"

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Thibaut Emme
Admin
En revanche, l’épidémie est une très grande chance pour changer nos villes. Il n’y a pas qu’à Paris que les maires envisagent de réserver de larges voies pour les vélos (et autres mobilités dites douces). Perso, je pense que quitte à avoir des vélos, pour les favoriser il faut absolument séparer physiquement les moyens de circuler. Id est, faire des rues vélos (patinettes, rollers, tricycles, etc.), et des rues autos (bus, camions, vul, motos etc.). La cohabitation est impossible, dans les deux sens. On l’expérimente depuis tellement de temps. Et mettre des pistes cyclables en bord de rue c’est proprement… Lire la suite >>
AXSPORT
Invité

Les autos sont de plus en plus lourdes….
Et ce n’est que le début avec les VE et autres hybrides.

Il faut vraiment séparer « physiquement » les voies des vélos et celles des « mamouths » sinon gros bobos pour les cyclistes.

😉

Thibaut Emme
Admin
@AXSPORT : même une voiture de 800 kg qui renverse un cycliste à 50 km/h lui fait de « gros bobos » 😉 Mais surtout les voitures font 2m de large, les rues ne sont pas assez larges pour tout le monde. Et comme mettre une voie cyclable de 40 cm de large avec les espèces de « boudins » bordeaux rivetés dans le bitume qu’on trouve sur Paris (et pas que) c’est dangereux et inutiles autant séparer. Par contre cela signifie que l’on supprime le tourne à droite au feu rouge pour les 2 vélos, que l’on supprime aussi les sens-interdits autorisés pour… Lire la suite >>
Miké
Invité

Le centre ville de Bordeaux, centre commercial a ciel ouvert, est piéton et livrable, et ça fonctionne très bien

Sasha
Invité
Plein le c…des gens qui rêves de vélos partout. Ils sont bien contant d’être désincarcèrés des cabines d’ascenseur !! Ils nous casses les couilles avec menaces de procès si ils restent 10 minutes bloqués dans une cabine . Et je parle pas des autres corps de métiers qui rencontrent le même problème. Mes techniciens doivent entretenir plus de 90 ascenseurs par mois en plus des pannes journalières et à vélo c’est pas possible !! La voiture électrique type zoe c’est 670€ / mois et nous avons 25 véhicules et ils font 130 kms par jours sans compter le trajet domicile… Lire la suite >>
Thibaut Emme
Admin

@Sasha : et votre point de vue s’entend. Mais justement, autant de vélos en plus dans une rue spéciale, c’est autant de voitures « autosolistes » en moins dans la rue à voitures/fourgons. Et donc une circulation plus facile.
Il y a de nombreux exemples où la séparation des moyens de locomotion aident les deux à « aller » mieux 😉

wizz
Membre

Séparer les voies de circulation pour les vélos et les voitures implique que le nombre de voitures doit baisser en conséquence. Sans quoi, c’est le syndrome « voie sur berge » puissance 1000

Thibaut Emme
Admin
Bien sûr. Mais, pourquoi le nombre de voitures ne baissent pas quand on met tout le monde au même endroit ? Entre autre car prendre son vélo est dangereux (voitures, camions, bus, etc.). Chaque année en IdF (et pas que là) des cyclistes meurent (ou sont grièvement blessés) par un bus ou un camion qui tourne et qui happe le vélo dans son angle mort. Ni l’un ni l’autre ne sont vraiment fautifs car les angles morts sont des cochonneries…mais…il y a un mort ou un blessé. Quand on rend la pratique du vélo plus sure, les gens qui se… Lire la suite >>
gigi4lm
Invité
Il est des personnes qui ne prennent pas leur véhicule en ville parce que la circulation est saturée. Soit il restent chez eux s’ils le peuvent, soit ils utilisent d’autres moyens de transport moins chronophages. Si demain on fluidifie le trafic grâce aux voies réservées au deux roues et donc à un meilleur partage du réseau il est à craindre que ceux qui hésitaient à circuler auparavant « profitent » de cette aubaine pour venir grossir le nombre de véhicules … et revenir au point de départ. Sinon l’idée est bonne, il faut juste déconnecter la case « je ne pense qu’à moi »… Lire la suite >>
wizz
Membre
Oui Thibaut Et pour cela, il faudrait persister pendant suffisamment longtemps pour que les gens changent enfin leur habitudes. Et ça, il faudrait que les élus tiennent le coup et prennent le risque (de ne pas être réélus, blacklistés à vie), et/ou les gens votent pour eux pour cette mesure courageuse : séparer les voies de circulation, restreindre les voies destinées aux automobiles MAIS il faut aussi filtrer la circulation externe, la nouvelle circulation par aubaine. Par exemple, supposons que la majorité de Paris et banlieue proche adoptent massivement le vélo pour leur trajets ne dépassant pas 15km. La circulation… Lire la suite >>
Antho
Invité

Franchement on le sait, avec le deconfinement, toutes les personnes qui ont une voiture vont la prendre au lieu du métro. Donc ville bloquée. Quitte à ce que ce soit le cas, autant bloquer la moitié des rues et laisser l’autre moitié aux vélos…

Gustave
Invité

c est comme la voiture autonome. Grâce au coronavirus, c est passé aux oubliettes 🙂
Immaginez si Autolib était tjrs en service, à mon avis bcp de ces merdes seraient sur leurs bornes !

la question va se poser pour les VTC (et marcel, car2go, etc) et taxis…les clients seront ils encore au rdv ?

Motörhead
Invité

Ouais le vélo c’est kool, comme la trottinette, zéro respect du code de la route, ils se croient tout permis, remontent les sens unique, roulent sur les trottoirs, grillent les feux, heurtent les piétons, coup de pieds dans la carrosserie etc…. mais pshittt il n’y a plus personne quand il pleut (ils doivent prendre leur voiture🤣)

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