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Vive le e-Sport ! (ou pas)

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Devant l’annulation – normale – de tout un tas de courses et de championnats de sport motorisé, un constat s’impose : l’avenir, c’est le e-sport !

Un marché lucratif

Cette année, le e-Sport devrait dépasser le milliard de dollars pour son marché global. On lui promet d’atteindre 10 milliards d’ici 2030. Les compétitions réunissent des milliers de fans sur place (un paradoxe). Mais, également des millions de spectateurs en ligne qui regardent de chez eux ces sportifs s’affronter par écrans interposés. Cela peut être à « Fortnite », « Call of », Fifa, Dota ou pour ce qui nous intéresse, les simulations de course F1 Pro Series 2019 ou SRO E-Sport GT Series, ou titres commerciaux de « sim racing ».

Les grands du sport automobile ne s’y trompent pas. Les écuries de F1 ont toutes leur écurie de champions de eSport. Les sponsors se bousculent au portillon. Et les « prize money » (le total des gains mis en jeu dans une compétition) atteint allègrement des dizaines de millions de dollars. Il faut dire que les spectateurs de ces eSports sont une cible de choix pour les annonceurs. De plus, certains organisateurs sont peu regardants sur la publicité omniprésente.

Loin des clichés du petit gros bedonnant avachi dans son canapé (la « couch potatoe »), ces champions sont préparés physiquement et mentalement comme les pilotes. En effet, il faut supporter la tension mentale, mais aussi les longues journées à éviter la moindre faute. Et il faut enchaîner les interviews, les séances d’autographes, les voyages incessants à l’autre bout de la Terre. Quand ils ne sont pas en compétition, ils s’entraînent tous les jours, établissent des stratégies, etc. Bref, une vraie vie d’Hamilton !

Un sport en pleine croissance

Des métiers se sont créés autour du e-Sport comme des agents de joueurs, des responsables partenariats, des « community manager », des communicants au sens large, des chefs produits, etc. Même l’ancien directeur de Nissan Motorsport, Darren Cox, convaincu du potentiel, s’est lancé de le E-Sport depuis 2016.

Il y a même de la « draft » (les écuries choisissent de nouveaux e-sportifs) des transferts, comme chez les « vrais ». Comme à l’époque de la Nissan GT Academy, certains passent du virtuel au réel. Ils se retrouvent à conduire de vraies voitures de course (on en revient toujours au réel en fait…). Pour sa troisième saison, la « Formula One Esports Series » atteint déjà $500 000 de gains totaux pour les participants, et une audience cumulée mirifique de 5,8 millions de spectateurs et « 169 millions d’impressions sur les réseaux sociaux ».

Ainsi, face à la crise du covid-19 poussant à l’annulation de pleins d’événements sportifs mondiaux, face à l’essors exponentiel (ou pas) des audiences des épreuves de eSport et à ses images accessibles même depuis un bunker sanitaire en confinement, il faut nous rendre à l’évidence : Vive le E-Sport !

Bon, blague à part, on est tellement frustrés de ne pas avoir de F1 ce weekend, de ne pas avoir de WEC, de rallye de Spa, de différentes manifestations qu’on en vient à se dire qu’on pourrait regarder une course virtuelle sur internet. De nombreux pilotes disent, via les réseaux sociaux, qu’ils pourraient se retrouver sur une grande course en ligne.

Vive le sport qui sent l’essence, qui bouffe les gommes, qui fait du bruit et qui tourne en rond !

Pourtant, rien ne vaut la clameur d’une foule en liesse un samedi de mi-juin à 15h quand le départ des 24 heures du Mans est donné ! Rien ne vaut la foule qui se presse pour apercevoir ces gladiateurs des temps modernes. Ceux qui risquent leur vie pour notre seul plaisir égoïste (et sans doute pour le leur un peu aussi).

Surtout, rien ne vaut d’être sur place, d’entendre les moteurs hurlants au fond de la nuit, au petit matin ou en pleine journée. Rien ne vaut cette odeur âcre désagréable mais que l’on recherche de carburant (nocif…) brûlé par des moteurs thermiques ou hybrides. Pour la Formule E, disons que rien ne vaut de grands coups de roues entre « gentlemen », un peu comme en rallycross. L’odeur de la gomme est là aussi.

Enfin, rien ne vaut un réveil aux aurores pour regarder un départ de course. Ou le retour fourbu après un weekend à crapahuter autour du circuit, ou sur un rallye à se faire « des potes ». Même la photo floue, prise au téléphone portable, on la garde religieusement et on la met même en fond d’écran. « J’y étais ! ».

Bref, donc non…pas « vive le e-Sport ». Mais, « Vive le sport motorisé » ! Ce weekend a lieu le grand prix Firestone de St Petersubrg en Indycar, et le rallye WRC du Mexique. Ouf ! On est sauvé, on va avoir notre dose de « drogue ». [Mise à jour : Las ! L’Indycar jette à son tour l’éponge en annulant la manche de St Petersburg et les 3 prochaines courses.]

Le sport auto c’est accessoire, l’essentiel est prendre soin de vous et des vôtres.

Illustration : Pitstop II sur Comodore 64 en 1984

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10 Commentaires sur "Vive le e-Sport ! (ou pas)"

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Invité

Ou alors regarder des courses de petites voitures, il y a plein de chaînes sur YouTube. Principalement des américaines avec des Hot Wheels, et des slot (circuit électrique), mais il y a aussi des francophones qui se créent. Un nouveau sport auto va bien tôt éclore !

Membre

tu es allé nous chercher un sacrée antiquité en image !

Twin Spark
Invité

Super l’illustration! La grande époque du jeu vidéo…

r.burns
Invité

Il attendait que ça hein, étaler sa science vidéo ludique

Tof
Invité

Ah, le plaisir de rouler en Testarossa décapotable (?!), la sono crachant à fond dans les oreilles, tout en se délestant allègrement de pièces de 10 Francs…
Outrun!

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