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50 ans déjà : FIAT rachetait Lancia…

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Ceci n'est pas une voiture lambda

Il y a des anniversaires marquants, largement médiatisés et célébrés à leur juste valeur…et il y a les autres. En 1969, FIAT rachetait Lancia. Hourra, ce sont les noces d’or ! Mais un demi-siècle plus tard, RAS sur la communication et pas de quoi pavoiser, même si la flèche survit encore, contre vents et marées.

Gloire et décadence

Jamais à l’aise financièrement, Lancia est une marque pionnière , qui a contribué à la grande histoire de l’automobile avec des  avancées majeures dans la conception des voitures et la réalisation de quelques merveilles éternelles. La Lancia Lambda de 1922 est la première à adopter une coque autoporteuse et des roues avant indépendantes, la Lancia Aurelia de 1950 pour sa part est la première à embarquer un V6 de série et quatre roues à suspensions indépendantes.

Ceci n’est pas une voiture lambda

Exsangue à la fin des années 50 à cause d’un coûteux programme F1 et de ventes assez limitées, Lancia est revendue en 1956 à la famille Pesenti qui contrôle le géant du ciment Italcimenti. Mais les investissements nécessaires pour maintenir la marque à flot sont trop importants et les Pesenti revendent Lancia à FIAT en 1969, la même année que Ferrari d’ailleurs.

Par la suite, Lancia bénéficie des synérgies du groupe et augmente ses volumes de production, connaissant en parallèle un succès phénoménal en sport automobile, aussi bien en rallye (Fulvia, Stratos, Beta, Rally 037, Delta S4, Delta HF Intégrale) qu’en Endurance avec les LC1/LC2 et en Groupe 5 avec la Beta Monte Carlo. Les années 90 entament le long déclin de la marque, qui a perdu de son originalité avec la standardisation du groupe et des choix hasardeux.

Pour les plus anciens, Lancia, c’était ça…
Delta
Pour les moins anciens (mais bientôt ils le seront), Lancia, c’était surtout ça !

Après la grave crise financière qui secoue Fiat au début du siècle, la firme abandonne son orientation sportive pour un positionnement orienté vers le premium. Si la Musa, cousine chic de l’Idea, marche bien, les fades Lybra et nouvelle Delta ainsi que la baroque Thésis ne trouvent pas leur public. Le coup de grâce est donné avec le rachat en 2010 de Chrysler par Fiat, qui pousse la nouvelle entité FCA à transformer Lancia en pendant européen de Chrysler. A côté de l’increvable Ypsilon, les autres modèles de la gamme deviennent donc des modèles américains rebadgés. La Thema est une Chrysler 300, le cabriolet Flavia une copie de la Chrysler 200. FCA ne se fatigue même plus à préserver les noms ensuite puisque le monospace Phedra devient le Voyager. Ce ne sont pas de mauvaises voitures, loin de là, mais Lancia perd définitivement son âme et les ventes s’effondrent.

Lancia, balayé par un Sergio Marchionne qui avait dit qu’elle n’avait « pas d’héritage ni en Europe ni aux États-Unis », est la grande sacrifiée des plans de relance du groupe, qui lui préfèrent la sœur ennemie Alfa Romeo. La mise à mort progressive s’amorce: les sites internet ferment, l’actualité ressemble de plus à l’écosystème de la mer d’Aral et l’unique modèle n’est plus commercialisé en dehors de l’Italie depuis 2017.

Mamy fait de la résistance

Et pourtant, avec un catalogue réduit à un modèle, l’absence de nouveautés singulières, une communication famélique, aucun programme ni sportif ni événementiel d’envergure, Lancia tient bon. Mieux, les ventes…augmentent, certes à grand coups de rabais. Cantonnée à l’Italie, l’Ypsilon est très bien adaptée au marché national, avec une version GPL appréciée et un vide laissé par l’arrêt de la sœur rivale Punto. Si bien qu’au premier semestre 2019, la marque a écoulé plus de 34.000 exemplaires, soit 5500 de plus que toutes les ventes d’Alfa Romeo en Europe…

Si FCA n’a pas annoncé de nouveau modèle pour Lancia, le succès étonnant de l’Ypsilon, dont les coûts de développement ont été largement amortis, fait que la petite citadine chic continue de recevoir des évolutions, des petites mises à jour et des séries spéciales. Mieux, selon le rapport annuel 2018 de FCA , une version hybride du moteur à essence trois cylindres de 1,0 litre devrait remplacer le moteur actuel à quatre cylindres de 1,2 litre développant 68 ch.

L’espoir fait vivre. Lancia n’est donc pas tout à fait mort, vive Lancia !

 

Images : wikipedia, Lancia, flickr

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28 Commentaires sur "50 ans déjà : FIAT rachetait Lancia…"

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zafira500
Invité

La rumeur circulerait que l’Ypsilon aurait une remplacente… réservée à l’Italie. Excellent article au passage.
« A côté de l’increvable Ypsilon, Les autres modèles de la gamme deviennent donc des modèles américains rebadgés. La Thema est une Chrysler 300, le cabriolet Flavia une copie de la Chsyler 200. FCA ne se fatigue même plus à préserver les noms ensuite puisque le monospace Phedra devient le Voyager »
Si ce n’était que ça. FCA à poussé même le vice à mettre le logo Lancia sur des calandre Chrysler (tuant au passage la mythique calandre Lancia).

Jean
Invité

Pire, en Angleterre ils avaient mis le logo Chrysler sur les Lancias apres le rachat

Mwouais
Invité

Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

Mais pourquoi ne pas avoir lancé la nouvelle Fulvia tant qu’à perdre de l’argent : c’eût été un formidable baroud d’honneur.

zafira500
Invité
wizz
Membre

ce n’est pas seulement perdre de l’argent
c’est perdre encore plus d’argent

chez FCA, mettre de l’argent sur la table pour financer des investissements, c’est déjà trop demandé
si c’est pour lancer un modèle qui perd de l’argent en plus….

Allegra
Invité
La plateforme du concept car de 2003 allait être abandonnée. Et à ce moment-là, Fiat était en train de relancer Alfa après le désastreux partenariat avec GM. J’imagine que cela n’a pas aidé… En ce qui concerne le reste, il faut avouer que les 20 dernières années de la marque ont été désastreuses, avec des caisses insipides (Delta II, Lybra…) ou baroques comme la Thesis. Comment existe à côté d’un Alfa Romeo qui produit les mêmes caisses que vous, à ceci près que lui peut les proposer en versions musclées ? Lancia est mort le jour où Fiat a mis… Lire la suite >>
Mwouais
Invité

J’aurais presque pu acheter une Lybra, mais presque ne suffit pas et la désinvolture de finition passée, c’est son regard amorphe qui ne m’a pas séduit alors.

Comme certains disent, je crois FCA peu pertinent pour la réalisation de produits de qualité (alors même que j’apprécie la Giulia que je pourrais ‘presque ‘ acheter si c’était mon segment ou la Ghilbi que je pourrais presque, presque….. mais non !
En citant ces deux là, je m’aperçois que la Lybra (Kappa, Thesis, etc.) n’ont pas fait évoluer la marque, ni le,groupe. Triste.

Seb
Invité

Meilleur idée du monde ! 😍 merci Fiat ! 😍 1 de moins ! 😍

greg
Invité

Quel gâchis quand même ce que Fiat a fait de cette marque….
Lancia aurait encore pu être sauvée quand Marchionne a pris les commandes, mais non…

Cédric
Invité

Vive Lancia!!
Heureux propriétaire d’un coupe Beta, je rêve de m’acheter une Fulvia ensuite et une Delta. Lancia a toujours été innovant techniquement, et largement en avance sur son temps…quel dommage de ne pas avoir poursuivi….

Troisetdeuxquatre
Invité

Ecoute, je suis aussi propriétaire de Lancia, trois pour être exact, et je me dis que le mythe sera encore plus fort avec la disparition de la marque… parce que FIAT en a fait n’importe quoi les dernières années (Le rebadging Chrysler, sérieux……. 🙁 )
Ce n’est peut-être pas si dommage que ça de ne pas poursuivre si c’est pour dénaturer complètement la marque.
Et quand ils auront réussi à faire mourir Alfa, peut-être ressortiront-ils Lancia du placard… chi lo sa ?

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