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WRC 2019 : la Turquie, un tournant du championnat ?

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Le rallye de Turquie se déroule du 12 au 15 septembre 2019. A 4 rallyes de la fin du championnat, ce rallye si spécifique est-il un tournant dans la lutte à trois Tänak-Ogier-Neuville ?

Les quatre constructeurs, protagonistes du championnat du monde des rallyes s’accordent à reconnaître le rallye de Turquie comme une épreuve très cassante, qu’il convient d’aborder avec une préparation spécifique. Rien d’étonnant donc que certains soient allés se préparer sur les routes grecques de l’ancien rallye de l’Acropole, pour tenter d’être préparés au mieux.

Au train où sont allées les choses depuis le début de saison, force est de constater que Ford peine à se montrer à son avantage et doit laisser les trois autres constructeurs (Citroën, Hyundai et Toyota) se partager les victoires : 2 pour le français, 3 pour le coréen et 5 pour le japonais.

A l’évidence, la guerre pour les titres pilotes et constructeurs n’a pas encore choisi son camp avec 4 rallyes restant à disputer, à commencer par celui de Turquie du 12 au 15 septembre. C’est sans doute pour cette raison que l’on sent chez Hyundai une certaine nervosité après des prestations décevantes au récent rallye d’Allemagne.

Hyundai veut réagir

Même si le team pointe encore en tête avec 289 points devant Toyota 281 points et Citroën 216 points, la sérénité n’est pas de mise dans le team coréen. Mieux même, le manager italien de Hyundai Motorsport, Andréa Adamo, a déclaré : « Nous devons contrôler notre destin et cela demande d’être performants et fiables dans tous les domaines de notre activité. Nous ne pouvons pas compter sur les problèmes des autres pour obtenir des résultats. Ce n’est pas comme cela que nous envisageons le rallye ou la course automobile. En résumé, les performances de nos voitures ont été bonnes en Allemagne, pas celles de notre équipe. Nous devons donc faire mieux. »

Dans cette perspective, Hyundai va donc intensifier ses roulages en course (hors championnat) car une semaine après le Wales Rally GB, Thierry Neuville se rendra à Saint-Marin pour participer au Rallylegend (10-13 octobre). Dans la foulée, Sébastien Loeb retrouvera le volant d’une Hyundai i20 WRC sur la terre du Rally Ciudad de Granada (18-19 octobre) avant la manche catalane du mondial.

En attendant, le message est clair avec application immédiate, Neuville, Mikkensen ainsi que toute l’équipe d’ingénieurs et de mécaniciens sont avertis, il faudra faire barrage à Toyota, qui semble bien sur orbite avec un Tanäk en réussite.

Toyota doit être reconnu conforme

Toyota, parlons-en. En effet, si tout est sous contrôle au plan des résultats, il est une affaire technique qu’il faudra solder avant le départ de rallye de Turquie.

Vous pouvez clairement imaginer la surprise pour ne pas dire la colère de la direction technique Citroën WRT quand, pour travailler sur des améliorations de l’aérodynamisme de son auto, elle a étudié les fiches d’homologation de la concurrence et qu’elle a découvert que la Toyota, déclarée conforme par la FIA depuis 2017, en fait ne l’était sans doute pas.

L’aileron japonais dépassant de 3 centimètres la longueur autorisée, apporterait donc une configuration avantageuse aux dires mêmes de Pierre Budar le directeur Citroën. Il semblerait que Toyota a pris la caisse de rallye comme référence et non la Yaris de série. En tout cas, l’équipe de Mäkinen a corrigé le tir dès le rallye d’Allemagne mais le contrôle officiel doit avoir lieu lors des vérifications du rallye de Turquie.

Chez Citroën, à l’instar de Sébastien Ogier on souhaite « que tout le monde soit logé à la même enseigne », tout en précisant ensuite : « Le parcours de l’édition passée était incontestablement le plus cassant que j’ai eu à affronter dans toute ma carrière. Et ceux qui se sont imposés n’étaient clairement pas les plus rapides, aussi il va peut-être falloir adapter un peu l’approche cette année, d’autant que nous n’avons plus le droit à l’erreur au championnat. »

Pour cette onzième manche du championnat, il faut s’attendre à des températures élevées (plus de 34° de prévu à Marmaris), un parcours cassant parsemé de pierres coupantes Les hommes, les pneus et les mécaniques risquent de souffrir lors des 309,86 kilomètres courus lors des 17 spéciales réparties dans la région d’Asparan. Nous suivrons cette épreuve au plus près du Toyota Gazoo Racing, qui a semble-t-il trouvé l’origine des problèmes de freins que Tanäk a connus en Allemagne. On va revenir à un processus  plus classique du rodage des plaquettes.

En attendant Tommi Mäkinen  le directeur de l’équipe déclare :

« La confiance dans l’équipe est très forte en ce moment après notre incroyable résultat en Allemagne, mais nous savons que le rallye de Turquie sera un défi totalement différent. C’est le type de rallye où il faut être intelligent. L’année dernière, je pense nous avons réussi à obtenir un bon résultat, bien sûr, nous essaierons de le répéter, mais ce ne sera pas facile. Avoir une voiture capable de supporter les conditions est très important, et nous aimerions avoir un peu plus de performance là-bas aussi, alors c’est quelque chose sur lequel nous avons beaucoup travaillé dans nos préparatifs. »

On le voit chez tous les constructeurs, la Turquie marque une étape importante. Malheureusement Ford semble bien toujours contraint de jouer en seconde division en l’absence de son pilote vedette, Elfyn Evans contraint au repos après sa blessure.

Alain Monnot

Photos : 1-WRC (modifiée), 2,3,4,5-Red Bull

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2 Commentaires sur "WRC 2019 : la Turquie, un tournant du championnat ?"

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salociN
Invité
Encore une fois, la FIA a fait de l’à-peu-près, ce qui en soi n’émeut pas grand monde vu le peu de réactions suscitées et le consensus des constructeurs sur le sujet, alors que dans l’intervalle on les a vu beaucoup plus pointilleux sur certaines de leurs décisions, depuis que le règlement 2017 est en vigueur. Mais le truc qui me sidère, c’est leur réaction en mode « oh bah zut, tampis hein, c’est pas trop grave en fait vu qu’on peut tellement revenir en arrière« , alors que ça dure quand même depuis 2 ans et demi (!). Un truc que ceux… Lire la suite >>
Thibaut Emme
Admin

C’est quand même hallucinant ces 3 cm de trop (pour les lecteurs, Toyota a pris la mesure sur le pare-choc de la version de WRC et non sur la Yaris de série).
Ce n’est pas un petit avantage sur que cela permet plus d’appui ou de le gérer différemment.
Alain va tenter de poser qq questions là dessus ce weekend 🙂

Ce qui l’est encore plus c’est que cela a pris tout ce temps pour être trouvé…et que pour le moment il n’y a aucune réaction en effet.

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