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Toyota Amérique Latine : transfert du Japon vers l’Argentine … en crise

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Toyota a annoncé vendredi le transfert des activités de sa division Amérique latine et Caraïbes du Japon à l’Argentine. Objectif affiché : renforcer ses activités dans la région.
Le nouveau bureau, situé dans l’usine de la ville de Zárate, dans la province de Buenos Aires, coordonnera les activités de 37 distributeurs indépendants que la société possède dans 36 pays de la région.

Toyota souhaite ainsi accompagner la croissance de la marque et œuvrer en faveur du développement du secteur automobile argentin dans le but de renforcer l’ensemble de ses activités, a déclaré la société dans un communiqué. En juin, Toyota a pu gravir la première marche du podium des ventes argentin grâce au Hilux, devançant ainsi Renault et Volkswagen.

Le président de Toyota Motor Corporation et membre du Conseil de l’hydrogène, Takeshi Uchiyamada, a déclaré après s’être entretenu avec le président argentin, Mauricio Macri, qu' »il encouragera le travail conjoint entre l’Argentine et le Japon dans la recherche de nouvelles opportunités commerciales pour la production et l’exportation de l’hydrogène « .

Toyota est présent dans 39 pays d’Amérique latine et des Caraïbes et dispose de 4 usines de production de véhicules, de 2 usines de pièces automobiles et d’un centre de formation.

Crise économique en Argentine : la production de véhicules chute de 33 % au 1er semestre

Reste tout de même que la Factory Association ou Adefa, représentant les industriels automobiles d’Argentine indique parallèlement que la production de véhicules en Argentine a chuté de 33 % au premier semestre, à 161 100 unités, contre 242 600 un an auparavant. Les ventes sur le marché local on quant à elles reculé de 55,6 % sur le semestre, à 187 000 unités.

Le ralentissement du secteur reflète la faiblesse du marché : de janvier à juin, les ventes en gros ont chuté de 55,6% en un an pour atteindre un peu plus de 187 000 véhicules livrés au réseau de distribution. Durant le seul mois de juin, les constructeurs ont vendu 36 500 unités, soit 34,1% de moins que durant la même période 2018, lorsque le volume avait atteint 55 300 unités.

Le pays s’enfonce en effet dans une crise économique grave et durable, entraînant dans son sillon l’ensemble des secteurs industriels, notamment celui de l’automobile.

Les mesures incitatives : l’arbre qui cache la forêt de la crise  en Argentine

Toutefois, entre mai et juin, le volume des ventes a progressé de 30,6%, grâce au programme d’incitation promu par le gouvernement, lancé le mois dernier pour stimuler le  secteur,  et aux remises accordées pour l’achat de nouveaux véhicules. Il s’agit de la première hausse enregistrée depuis mars 2019. Le plan gouvernemental a été prolongé jusqu’en juillet et, selon les constructeurs, des rabais seront accordés jusqu’à la fin des déstockages. Car  attention, qui dit ventes dit plus déstockage de  véhicules déjà immatriculés que nouvelle  production …

« Nous devrions continuer à travailler à la mise en œuvre de mesures visant à responsabiliser le secteur, telles que celles adoptées pour encourager les ventes au moyen de primes aux clients ou celles qui ont été mises en œuvre pour améliorer les exportations, qui représentaient 72% de la production en juin et 62% jusqu’à présent cette année”, a déclaré le président d’Adefa, Luis Fernando Peláez Gamboa, dans une note.

Chute des exportations automobiles

L’Argentine continue également à exporter moins de véhicules. En six mois, le volume a diminué de 11,4% en valeur glissante annuelle, passant de 121 500 à 107 600 unités.
En ce qui concerne le Brésil, qui représentait 66% des exportations argentines au premier semestre, le volume des exportations était inférieur de 17% durant la période. Les exportations vers le Paraguay, l’Équateur et l’Uruguay ont également diminué. L’Argentine n’a presque pas vendu de véhicules à destination de l’Europe cette année.

Accord Mercosur / Union européenne

En ce qui concerne l’accord entre le Mercosur et l’Union européenne, le président d’Adefa a déclaré qu’il était essentiel de poursuivre le travail d’ouverture aux nouveaux marchés. « Cet accord envisage un délai plus long (15 ans) pour le secteur. Nous comprenons que c’est un moment nécessaire pour que tous les acteurs apportent les corrections nécessaires pour concurrencer ce marché et d’autres blocs. Dans cette perspective, nous travaillons également à améliorer l’accès aux pays d’Amérique centrale, qui présentent un grand intérêt pour notre secteur « , a déclaré Peláez Gamboa.

L’avis de Leblogauto.com

Transfert un tantinet risqué des activités de Toyota. A moins qu’il ne s’agisse justement de suivre les affaires de plus près. Posture d’autant plus cruciale que la région s’avère fortement secouée à l’heure actuelle, économiquement parlant.

Dossier à suivre donc, tant en ce qui concerne les activités de Toyota en Amérique du Sud, qu’en terme d’impacts sur le secteur automobile de la crise économique qui sévit actuellement en Argentine.

Sources : Reuters, Toyota, Automotive Business 

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