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Saga de l’été 2019 : l’attachante Rolux Baby

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Nous poursuivons notre route estivale à travers les microvoitures du passé avec la Rolux Baby, la petite bourgeoise des microcars.

L’histoire de Rolux est indissociable de celle de New Map. Malgré son nom anglophone, New Map est une société bien française, lyonnaise même. La marque New Map fut officiellement fondée en 1926 par Paul Martin bien que son père, Joseph Martin, l’utilisait déjà pour sous-traiter la fabrication de cycles pour d’autres marques. « Il y a plus d’un âne à la foire qui s’appelle Martin » comme dit le proverbe et Paul Martin n’a rien à voir avec Georges Martin, le créateurs des célèbres motos Martin (ou cadres Martin).

Bref, New Map fabrique des motos de qualités, bien finies et plutôt « technologiques » pour l’époque. Résultat, elles sont chères et se font tailler des croupières par Terrot, Monet-Goyon, Peugeot ou autre Motobécane.

Des débuts sous la marque New Map

Son savoir faire dans la tôlerie, mais aussi sa connaissance des moteurs 125 cm3 deux-temps, Paul Martin va les mettre au service d’une nouvelle activité : la micro-voiture. La crise de 29 est passée par là, et comme Mochet, il perçoit la demande en petite voiture pas chère (et sans permis).

La New Map Rolux naît en 1938. Dès le début, celle qui ne se nomme pas encore la Baby, se veut plus « luxueuse » que les autres microvoitures qui arrivent sur le marché français. Oh ce n’est pas le Pérou mais la voiture dispose d’un châssis tubulaire à roues indépendantes et d’une carrosserie en acier quand d’autres ont commencé par de la toile tendue.

Ici, la carrosserie est monocoque et on note l’absence de portière ce qui permet d’économiser sur la production. Enfin, une portière peut être prise en option. Celle-ci s’ouvre généralement de façon « suicide », et n’est disponible que côté passager (pourquoi ? Mystère).

Le meilleur des monocylindres 125 cm3 français pour la petite bourgeoise

Le style est volontairement ampoulé et lorgne de l’autre côté de l’Atlantique avec un capot digne de certaines berlines de luxe américaines (en réduit). On peut même opter pour une peinture bi-ton (voir ici). Elle dispose de freins par câbles, de vraies jantes en tôle et de petits pare-chocs qui en font une véritable voiture en miniature pour le style.

Pour mouvoir le tout, la New Map Rolux débute par un 100 cm3 monocylindre deux temps. Rapidement, on passe à un 125 cm3 (toujours sans permis) de 4,5 chevaux (sous le capot arrière) qui entraîne seulement la roue arrière gauche via une petite boîte à vitesses. C’est plus complexe et mieux fini qu’un entraînement par chaîne.

2,65 m de long, 1,15 m de large seulement. Avec son poids de 150 kg (sans passager) la Rolux peut filer à 50/60 km/h. Elle revendique un petit 2,8 litres aux 100 km/h à 48 km/h de moyenne. Roadster comme chez Mochet, elle ne connaîtra pas de déclinaison en conduite intérieure plus difficile (et plus lourde) à produire. Les ateliers sont à Lyon, chez New Map et les moteurs sont des Ydral (de la compagnie Lardy à Suresnes).

En 1947, la Société Rolux est lancée

La seconde guerre mondiale ne met pas fin à l’aventure. Au contraire. Avec le Plan Pons, Martin voit une opportunité et crée effectivement la marque Rolux. Les ateliers déménagent à Clermont-Ferrand. La voiture prend officiellement le nom de Rolux Baby (ou VB58, VB60, etc.). Elle vit sa petite vie.

Pour tenter de résister aux nouvelles « vraies » voitures populaires qui arrivent, Rolux tente le passage au 175 cm3. Mais, cela implique un permis automobile en bonne et due forme. Après une cinquantaine d’exemplaires en 175 cm3, il faut se rendre à l’évidence, la Citroën 2CV et autres Renault 4CV vont avoir raison du phénomène microvoiture de la première moitié de siècle. D’autant plus que le prix, abordable à ses débuts, atteint 243 000 Francs pour la VB60 et 255 000 pour la VB61 (175 cm3).

Rolux ferme ses portes en 1952 après 300 exemplaires produits sous cette marque, et environ 500 sous la marque New Map. Très rare, elle garde une bonne cote en occasion comme toutes ces microvoitures de la même époque. On en voit passer « régulièrement » dans les ventes aux enchères, parfaitement restaurées. En mars 2019, un exemplaire entièrement remis à neuf a été vendu 17 050 dollars par RM Sotheby’s (voir galerie ici).

New Map survivra à la Baby et produira encore des motocyclettes ou des triporteurs comme le Solyto. La production de motos s’arrête en 1959, celle du Solyto peu après. Clap de fin pour les moto lyonnaises et l’aventure de la Rolux Baby.

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3 Commentaires sur "Saga de l’été 2019 : l’attachante Rolux Baby"

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Bizaro
Invité

Sympathique

Seb
Invité

 » Quand t’aime bien les montres de luxe mais que le nom était déjà pris « 

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