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F1 : Renault progresse en moteur, pas encore en châssis

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Ricciardo
Photo Marc de Mattia / DPPI

Il fallait l’entendre pour le croire : Max Verstappen réclame désormais plus de puissance à Honda et constate que « même les McLaren étaient très rapides en ligne droite ». Pourtant, RedBull était dithyrambique avec son nouveau partenaire en début de saison. Force est de constater que le moteur Renault a pris le dessus sur le V6 nippon, notamment en qualifications grâce à l’emploi d’un « mode fête ». 

Renault a comblé son déficit de puissance

En effet, entre 2014 (le début de l’ère hybride) et 2018, Renault a essuyé – parfois à juste titre, parfois au comble de l’acharnement – des tirs à boulets rouge de son partenaire Red Bull qui fustigeait un moteur anémique digne des premières « théières jaunes » et très inférieur à la concurrence. Et Max Verstappen ne s’était pas privé pour y aller régulièrement de sa pique acerbe à l’encontre du V6 français.

Renault a travaillé très dur durant l’intersaison pour améliorer le propulseur. L’alerte de Bahrein, où un faiblesse au niveau des bielles a été identifiée, a débouché sur une première évolution en Espagne centrée sur la fiabilité. La puissance est venue après, ce qui commence à porter ses fruits depuis le Canada : 4e place en qualifs de Daniel Ricciardo à Montréal, 5e et 6e places de Sainz (à seulement 9 millièmes de Verstappen !) et Norris avec les McLaren-Renault en France. La fiabilité semble enfin au rendez-vous, le double abandon gag de Bahrein étant désormais un lointain souvenir. Surtout, le V6 Renault peut être exploité pleinement par les pilotes, ce qui n’était pas le cas en début de saison.

 » Au niveau moteur, on a quand même des chiffres très précis. Quand il y avait 50 ou 60 chevaux d’écart il y a deux ans, on le disait, on ne s’en est jamais cachés. Donc aujourd’hui on doit quand même être fiers de dire que l’on a certainement l’un des meilleurs moteurs en course. On a peut-être encore un peu à trouver en qualifs par rapport aux Ferrari, mais c’est de l’ordre du moins visible, dans la mesure où la performance châssis est toujours un peu plus importante que la performance moteur.  » a expliqué Alain Prost.

Il est peut-être encore présomptueux d’affirmer, comme l’a dit Cyril Abiteboul devant le public de la Fanzone, que le Renault était le « 2e meilleur moteur du plateau », derrière Ferrari mais devant Mercedes. Plusieurs données confirment une progression sensible, de l’ordre d’une soixantaine de chevaux : excellentes vitesses de pointe, données GPS et datas des accélérations…et tout simplement le ressenti des pilotes ! Daniel Ricciardo étrennait seul la véritable Spec B du V6 au Castellet (et il s’en est bien servi, en dépit de sa pénalité), tandis que McLaren se donne encore un temps de réflexion pour l’introduire en course, sachant que des pénalités tomberont à cause de la restriction des changements de pièces. McLaren a montré en tous cas une excellente forme au Castellet, sans la Spec B mais avec une nouvelle suspension.

Photo Jean Michel Le Meur / DPPI

Le châssis encore à la traîne

C’est de ce côté là qu’il faut désormais attendre des améliorations significatives. Le châssis RS.19 Renault n’est pas raté mais se situe un cran en dessous de McLaren en performance course. L’Alfa Romeo de Raikkonen s’est mêlée à la bagarre avec le Losange, alors que le Biscione était complètement largué depuis quelques courses. Difficile donc de jauger exactement comment Renault oscille dans la hiérarchie.

Les Alfa sont revenues dans la course, Renault a donc encore du pain sur la planche (Photo Jean Michel Le Meur / DPPI)

De grosses évolutions avaient été annoncées pour le Castellet. Non seulement tous les éléments prévus n’ont pas été introduits, mais le nouveau package n’a pas encore donné pleine satisfaction (nouveau nez, nouveau fond plat, déflecteurs latéraux plus enveloppants). Le ressenti des pilotes était positif, sans que cela ne se traduise par une hausse sensible de la performance en piste. Jérôme Stoll, le président de Renault Sport Racing, l’avait reconnu sans ambage quelques semaines plus tôt, avouant qu’ils « étaient en retard sur le châssis ». Le package manque de charge aérodynamique mais c’est plutôt du côté du rythme de développement et d’introduction des nouvelles pièces que le bat blesse. Enstone a recruté mais l’organisation n’est pas encore optimale pour donner son plein rendement. Les gros efforts apportés au moteur se sont peut-être faits au détriment du châssis, étant donné que les ressources du losange ne sont pas celles de Mercedes et Ferrari.

 

 

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1 Commentaire sur "F1 : Renault progresse en moteur, pas encore en châssis"

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labradaauto
Invité

bien: on sait fait mais ça on le sait depuis longtemps ! aéro doit suivre! temps, argent : maîtres mots en sport autos

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