Accueil Alpine 24H du Mans 2019 : Gérer aussi les mécaniques humaines

24H du Mans 2019 : Gérer aussi les mécaniques humaines

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Pour une course de 24 heures, il faut bien sûr que la mécanique tienne mais aussi que les pilotes soient à leur meilleur niveau de concentration et de performance et cela durant les 24 heures de course.

Dans chaque équipe maintenant, nous voyons œuvrer de plus en plus les physios, au point qu’à leur descente de voiture à la fin d’un relais, chaque pilote se voit très rapidement exfiltré du stand, accompagné de son coach, son préparateur physique, son kiné, son ostéopathe, son physio… autant d’appellations différentes que de teams.

Sébastien et Christophe

Chez Signatech Alpine deux ostéopathes prennent en charge  les trois pilotes. Sébastien Menant ancien champion du monde d’escrime et ostéopathe installé, travaille de concert avec un confrère ostéopathe retraité, Christian Talou avec lequel nous avons pu bavarder quelque peu.

Christian a toujours lui même pratiqué du sport comme joueur puis entraîneur de rugby avant de se tourner vers la préparation physique et mentale de sportifs, avec un passage remarqué auprès de l’équipe dce France d’athlétisme. Pour le sport automobile, il a collaboré avec les teams  Graff, JMBouresche, TDS et Signature a démarré avec le pilote David Terrien et a déjà travaillé avec Nicolas Lapierre et bien d’autres pilotes de renom

Depuis 10 ans, il a pris sous son aile Pierre Thiriet avec lequel il travaille sur l’année sur la préparation physique. Ici au Mans, en l’occurrence, entre la journée-test et le départ de la course, a été mis en place un travail portant sur la concentration et les facteurs de performance. Ensuite, pour la course en elle même, l’objectif prioritaire sera celui de la récupération car dans la durée il faut éviter que la fatigue ne s’installe. Alors en complément d’une récupération manuelle (douche et intervention de l’ostéo),  il faut que les pilotes puissent dormir, sans pilule, nous précise-t-on.

Au réveil, après une collation très équilibrée, il convient de reconnecter le pilote à la réalité de la course. S’ensuivra un échauffement cardio-vasculaire avec un travail de représentation visuelle. Christian précise à ce propos: « On accompagne la façon de se parler avec la main et, comme le disait Aristote, on peut tout faire avec la main ».

Bien dans sa tête, bien dans son pilotage

La gestion mentale est également importante et essentiellement basée sur la respiration en vue d’accéder au calme et à la sérénité, afin de pouvoir analyser lucidement la situation du moment, qui va faire passer le pilote du sommeil, à 300 km/h dans la ligne droite des Hunaudières.

A ce que nous avons pu observer, une grande complicité existe entre les trois pilotes et leurs préparateurs, en lesquels, comme il va de soi dans ce genre d’exercice, ils ont totalement confiance.

Tout au long de la semaine du Mans, les pilotes sont astreints au respect d’un planning très précis élaboré en fonction des données imposées par la course et ses obligations administratives et sportives. Pour veiller à ce que tout se déroule sans accroc, Alix Masson se colle à cette tâche ingrate.

Celui qui chez Signatech gère le programme Project Cup GT4, veille pour les 24 heures, à la logistique (telle tenue à tel moment par exemple), à l’application stricte des horaires établis à la minute près souvent et, à pallier, par une assistance du genre conciergerie, tout petit grain de sable, oubli ou modification du programme initial.

Comme on le voit les pilotes Alpine sont particulièrement entourés mais il semble bien que maintenant, les impératifs d’une course aussi exigeante pour les mécaniques que pour les hommes, imposent cette gestion humaine mentale et physique de grande qualité, telle que nous l’avons rencontrée au sein de cette écurie Alpine.

Alain Monnot

Texte et photos

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