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WRX – Abu Dhabi 2019 : début d’une nouvelle ère

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Les trois constructeurs s’en sont allés, lassés de ne pas voir l’électrique arriver. Les privés restent et le World Rallycross doit se réinventer. Première étape à Abu Dhabi sur un circuit…fade.

Les nouveautés de 2019

10 manches sont prévues pour ce nouveau championnat WRX 2019. Parmi les nouveautés, on a donc Peugeot, VW et Audi qui sont partis. On a aussi les grandes stars de la discipline qui sont partis voir ailleurs, Solberg, Loeb, Ekström, Kristoffersson. Les Hansen sont tout de même restés. On notera que Chicherit est de nouveau de la partie avec GCK et la Renault Mégane.

Les Hansen ont trouvé un accord avec Peugeot qui leur loue les 208, team Hansen. Grönholm et Timerzyanov sont en Hyundai i20 du GRX. Chicherit et Marklund sont en Megane pour le GCK tandis que Raymond et De Ridder sont en Clio pour GCK Academy. Bakkerud reste sur l’Audi S1 d’EKS dans une nouvelle structure Monster Energy avec le revenant Liam Doran.

L’écurie STARD engage toujours des Ford Fiesta. Pour l’instant, il n’y a que Baumanis derrière le volant. Oliver Bennett revient avec la Mini. Scheider s’engage cette année sur une Seat Ibiza. Champion Europe Super 1600, Baciuska roulera en Skoda Fabia. Enfin, Szabo sera dans la 3e Audi S1 opérée par EKS, la structure d’Ekström, même si ce dernier n’est plus engagé personnellement dans le championnat.

A noter que le WRX devrait bien voir l’électrique arriver. Mais contrairement à ce que voulaient les constructeurs qui voulaient pouvoir développer leur propre voiture, ce sera une voiture commune et des épreuves en appui du rallycross, sur quelques dates. Théoriquement, cela devrait arriver l’an prochain. C’est le Projekt E, annoncé par le promoteur du WRX, IMG Motorsports.

Le tour joker rajoute de la tactique

Pour rappel, en rallycross, on a un mix bitume et terre. Sur les circuits historiques, il y a un dénivelé naturel, et souvent un saut. Sur les nouveaux circuits, c’est très souvent plat et assez artificiel. Lors d’une course, les pilotes ont l’obligation de passer une fois par le « joker ». C’est une partie alternative du circuit, la plupart du temps plus lente. C’est LA partie tactique de la course.

En effet, en fonction de votre position sur les premiers hectomètres de course, il peut être intéressant d’y passer dès le début ou d’attendre la toute fin de la course. Exemple vous êtes bon dernier, en passant par le joker vous laissez les concurrents partir, mais vous avec alors la piste « pour vous ». Si vous êtes premier, avec la piste dégagée donc, vous avez intérêt à creuser un écart suffisant avant de passer dans le joker. Les pilotes sont aidés par un « spotter », placé en hauteur et qui leur dit quand prendre le tour joker.

Les voitures sont des quatre roues motrices avec un 4 cylindres essence turbo de 600 chevaux et aux rapports de boîte ultra-courts. Cela en fait des bombes sur roues (0 à 100 km/h en un peu moins de 2 secondes). Comme en WRC, ce sont des châssis de série largement modifiés et protégés par des arceaux-cage. Les carrosseries sont en fibre pour singer les « vraies » voitures. A noter que les feux avant sont faux.

Qualifications, demi-finales, finale

Le format des weekends de rallycross est d’avoir 4 qualifications. Les pilotes sont répartis en groupes, tirés au sort. Ici le but est de faire le meilleur temps sur 5 tours (ici 4), la place ne compte pas. Il est donc primordial de ne pas se gêner. Chaque qualification donne lieu à un classement et à des points. Le meilleur temps reçoit 50 points, puis 45, 42, 40, 39, 38 et ainsi de suite.

Après les 4 qualifications, les 12 premiers du classement passent en demi-finale. Les 16 premiers marquent des points pour le championnat, de 16 à 1 en fonction du classement. Pour les demi-finale, on prend les pilotes de rang impair pour la première demi, et les pilotes de rang pair pour la seconde.

Les demi-finales se déroulent sur 5 tours. Seuls les 3 premiers passent en finale. Ici, c’est le classement qui compte et non le temps. Les demi-finales rapportent aussi des points pour le championnat, de 6 à 1 selon la place.

La grille de la finale est composée par les deux vainqueurs des demi-finales en première ligne, puis les seconds, et enfin les 3e. La finale compte 6 tours – 1 de plus – et le vainqueur est celui qui termine….1er. Le vainqueur de la finale marque 8 points, puis les suivants de 5 à 1. Ainsi un pilote qui remporte les qualifications, sa demi-finale et la finale peut marquer 16+6+8=30 points sur un weekend.

Ici, le circuit a été créé sur le circuit de F1 de Yas Marina. Une partie terre a été créée et une bosse artificielle aussi. Quasiment plat, le circuit ne présente pas de gros intérêt. A part le fait que la finale a lieu à l’éclairage des lampadaires (comme en F1) et que la course se déroule le samedi et non le dimanche, Abu Dhabi ne fera pas lever les foules.

Qualifications

Les qualifications ont vu pas mal de bagarre en piste. On sentait comme une grande excitation avec la reprise. Et certains ont été trop enthousiastes ! On notera Bennett qui a fait un tonneau avec la Mini en décollant sur le (gros) vibreur. Mais LE gros carton, c’est Bakkerud qui s’oublie totalement et vient percuter Timmy Hansen en Q3 (voir la vidéo ici). La 208 a son arceau trop déformé et Hansen doit jeter l’éponge alors qu’il avait remporté les deux premières qualifications. Bakkerud a été disqualifié de cette Q3 et passe à la trappe.

Heureusement pour les Hansen, Kevin prend le relais et remporte les deux autres qualifications. Il se hisse en haut du classement. Il y a de l’or dans ses mains. Niclas Grönholm se hisse à la seconde place devant Scheider, Baumanis et Marklund. Le pilote Suédois est le premier de l’écurie GCK. Le patron/pilote, Chicherit, n’est que 10e après Szabo, Timerzyanov, Baciuska, et Timmy Hansen. Doran et Raymond complète le top 12. Mais, vu l’abandon de Hansen, Nitiss, 13e, file en demi-finale. Il se distinguera en tentant l’accouplement de sa Hyundai i20 avec la Renault Megane de Marklund.

Kevin Hansen impressionne en remportant sa demi-finale devant Scheider et Doran. Cela fait très longtemps qu’on n’avait pas vu Doran à pareil fête. Il devrait faire le show comme à son habitude. Dans l’autre demi, c’est Grönholm qui l’emporte devant Baumanis et Szabo. La jeune génération prend le pouvoir !

Finale

Très beau départ de Hansen et Grönholm. Le jeune Kevin prend l’avantage mais le fils de Marcus semble plus rapide. Derrière, Scheider et Doran se chicanent. Doran passe par le joker et va avoir une piste libre. Impatient, Grönholm pousse Hansen et le passe. Il va y avoir de la réclamation. Les deux leaders passent par le joker. Doran arrive à se glisser à la 3e place.

A l’arrivée, Grönholm l’emporte devant Kevin Hansen et le grand revenant, the British Bomb, Liam Doran. Mais il y a enquête sur Grönholm. Ce dernier est finalement pénalisé après le podium. Cela semble normal vu la manoeuvre. Hansen récupère la première place de la course et du championnat. Grönholm glisse à la seconde place.

Position Pilote
1. Kevin HANSEN
2. Niclas GRÖNHOLM
3. Liam DORAN
4. Krisztián SZABÓ
5. Janis BAUMANIS
6. Timo SCHEIDER

Classement pilote

Weekend « grand chelem » pour Kevin Hansen avec 30 points. Il s’installe en tête du championnat avec 4 points sur Grönholm et 10 sur Baumanis.

Position Pilote / voiture Points
1 KEVIN HANSEN PEUGEOT 208 30
2 NICLAS GRÖNHOLM HYUNDAI I20 26
3 JANIS BAUMANIS FORD FIESTA 20
4 TIMO SCHEIDER SEAT IBIZA 20
5 KRISZTIÁN SZABÓ AUDI S1 18
6 LIAM DORAN AUDI S1 14
7 ANTON MARKLUND RENAULT MEGANE RS 14
8 TIMUR TIMERZYANOV HYUNDAI I20 13
9 ROKAS BACIUŠKA ŠKODA FABIA 10
10 GUERLAIN CHICHERIT RENAULT MEGANE RS 10

Classement par écurie

Avec l’abandon de Timmy Hansen, l’écurie des parents manque sans doute le coche. Ils sont quand même ultra-favoris à la lueur de ce que l’on a vu ce weekend.

Position Ecurie Points
1. GRX TANECO 39
2. TEAM HANSEN MJP 38
3. GC KOMPETITION 24
4. MONSTER ENERGY RX CARTEL 16
5. GCK ACADEMY 8
6. STARD 0

Prochain rendez-vous à Barcelone les 27 et 28 avril. Encore un circuit sur un circuit de F1.

Illustration : 1-Hansen, 2-GCK

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4 Commentaires sur "WRX – Abu Dhabi 2019 : début d’une nouvelle ère"

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Moi.
Invité

Limite au curling il y a plus de spectacle.

La F1 a des détracteurs vis-à-vis du non-spectacle, mais le WRX n’est pas mieux.

Il ne se passe rien, ça fait des glissades dans les virages, super. À part ça c’est creux.
Je ne parle même pas de la complexité des points en fonction du temps mais pas des places mais en fait si, des qualifs, etc…

Et l’histoire de l’électrique pour se barrer, bien-sûr…

lataupe2B
Invité

Il ne faut pas oublier qu’il y a des courses tout le week-end. Il y a du spectacle et une belle ambiance. C’est financièrement moins coûteux qu’un week-end de F1 . On peut voir les pilotes etc.. mais je crains que le départ des constructeurs mais surtout des pilotes stars fasse baisser les audiences télé donc la mise en avant des pilotes des sponsors. Les passionnés viendront toujours mais la visibilité des médias est un plus

Bizaro
Invité

Finalement sans les Grosses marques derrière c’est peut être plus intéressant.

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