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Nouvelle inculpation pour Carlos Ghosn

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Carlos Ghosn

On commence à connaître la procédure du bureau des procureurs. A la fin de sa garde à vue, Carlos Ghosn a été inculpé d’une nouvelle accusation. Il a donc été placé de nouveau en garde à vue.

Arrêté de nouveau le 4 avril, Carlos Ghosn est depuis maintenu en détention. Sa garde à vue arrivait à échéance. Mais, il a été mis en examen pour abus de confiance aggravé et maintenu en garde à vue. Ses avocats ont prévenu qu’ils déposeraient aussitôt une demande de remise en liberté.

Cette deuxième salve de gardes à vue et d’inculpations reposent sur de supposés détournements d’argent destiné à la base à un distributeur de Nissan à Oman. Selon le bureau des procureurs de Tokyo, « sur un total de 15 millions de dollars versés à cet intermédiaire entre fin 2015 et mi-2018, 5 millions ont été utilisés à des fins d’enrichissement personnel ».

Selon l’AFP, Nissan a annoncé une action en justice, « réclamant des sanctions d’une sévérité appropriée » face à « une faute totalement inacceptable ». Sans doute plus graves aux yeux de la justice nippone que les premières accusations, ces soupçons mêlent à l’affaire la femme de Carlos Ghosn, Carole Ghosn, ainsi que son fils Anthony.

D’après des sources proches du dossier, cet argent a été injecté via une société au Liban dans un fonds contrôlé par son fils Anthony aux Etats-Unis, Shogun Investments LLC, qui l’aurait réinvesti dans quelque 30 firmes. D’autres entreprises « coquilles vides » ont été identifiées sur une période remontant à plus loin.

Les proches de C. Ghosn sous pression

Du côté de Carole Ghosn, interrogée sur une entreprise immatriculée aux Iles Vierges, « Beauty Yacht », on nie farouchement et on accuse le pouvoir politique japonais d’avoir joué un rôle.

« Des courriels révèlent la vraie histoire derrière ce qui se passe: le ministre japonais de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (Meti) travaillait avec des dirigeants de Nissan pour bloquer la fusion de Nissan et Renault souhaitée par Carlos et préserver l’autonomie de Nissan à tout prix », souligne-t-elle. « Ce qui aurait dû se régler en conseil d’administration est devenu une affaire judiciaire. »

Une « théorie du complot » évoquée aussi par Carlos Ghosn lui-même dans une déclaration enregistrée en vidéo et diffusée par ses avocats alors qu’il avait été replacé en garde à vue à Kosuge. Estimant qu’il n’y a pas plus de risque de destruction de preuves et de fuite qu’auparavant, les avocats de Carlos Ghosn ont formulé une nouvelle demande de mise en liberté. Si le tribunal accède à cette demande, elle donnera lieu à une nouvelle caution.

La liste des accusations

Carlos Ghosn, ancien homme tout puissant de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, est poursuivi pour 3 chefs d’accusation. Il est soupçonné d’avoir minimisé, dans les rapports de Nissan remis aux autorités boursières, environ la moitié de ses revenus, soit 9,23 milliards de yens (74 millions d’euros) de 2010 à 2018.

Egalement inculpé « d’abus de confiance aggravé », il aurait tenté de faire couvrir par Nissan « des pertes sur des investissements personnels » survenues lors de la crise financière d’octobre 2008. La somme incriminée s’élève à 1,85 milliard de yens (14 millions d’euros). Dans cette affaire supposée intervient le milliardaire saoudien, Khaled Juffali, qui se serait porté garant et aurait ultérieurement été « récompensé » via « la réserve du PDG ».

Mais, sur ce point, Carlos Ghosn se défend en indiquant que les versements ont été validés par quatre cadres de Nissan. Saikawa était visiblement au courant. Cela correspond à « d’importants services rendus » à Nissan.

Enfin, Carlos Ghosn est donc inculpé pour abus de confiance concernant des transferts d’argent vers le distributeur de Nissan à Oman.

Diverses autres investigations

D’autres sujets font l’objet d’investigations de la part du bureau des procureurs. Renault a transmis à la justice des éléments similaires, portant sur plusieurs millions d’euros de paiements suspects.

Il y aurait également les résidences luxueuses à Beyrouth, Paris, Rio de Janeiro, appartenant à Nissan via des filiales aux Pays-Bas et dont Monsieur Ghosn aurait joui. Les Pays-Bas sont aussi au coeur d’un soupçon de rémunération de près de 8 millions d’euros versée à l’ancien PDG.

L’une des soeurs de Carlos Ghosn est aussi accusée par Nissan d’avoir touché 755 000 dollars de 2003 à 2016 pour des activités de conseil au sein d’un « Global donation advisory council » qui, d’après Nissan, n’a jamais existé.

Même en France

Du côté de la France, l’ancien patron de Renault est accusé d’avoir obtenu l’organisation son mariage en 2016 au château de Versailles en contrepartie d’une convention de mécénat signée entre l’établissement public et Renault.

Le château de Versailles est aussi au coeur des soupçons sur un événement le 9 mars 2014. Officiellement, c’était la célébration des 15 ans de l’alliance Renault-Nissan. Cela tombait opportunément le jour du 60e anniversaire de Carlos Ghosn. Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, la facture de plus de 600.000 euros a été réglée par la société néerlandaise Renault-Nissan BV (RNBV) mais, parmi les 200 invités appelés à « une discrétion totale », figuraient essentiellement des proches de M. Ghosn, et de la haute société du Liban. Seulement deux représentants des constructeurs étaient là.

Enfin, Carlos Ghosn aurait également invité huit couples au Carnaval de Rio, aux frais de Renault-Nissan en 2018, d’après des documents consultés par l’AFP.

Avec AFP

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10 Commentaires sur "Nouvelle inculpation pour Carlos Ghosn"

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miké
Invité

Shhhhhh, greg à dit sue c’etait le messie

Xavier
Invité

C’est reparti ! Qui n’en veut ? Demandez le programme, quand y en a plus y en a encore !

Invité

Pour que cela soit REparti, encore faudrait-il que cela se soit arrêté un jour ?!?

Thomas
Invité

Il les collectionne les gardes à vue 😮

Luc
Invité

Noël au parloir, Pâques au placard.

Lovehornby
Invité

Cela permet au moins de mettre à jour, toutes les pratiques douteuses des grands patrons. Avec dans la plupart des cas la complicité des conseils d’administration. Qui pour aller fouiner dans les autres multinationales ?

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