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PSA investit à Mulhouse sous l’oeil vigilant des syndicats

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Bonne nouvelle pour les salariés de l’usine PSA de Mulhouse, ou plus exactement pour le site. La direction vient d’annoncer que ce dernier allait bénéficier de plus de 300 millions d’euros d’investissements sur trois ans. Alors que le programme vient d’être présenté lors d’une réunion de comité d’établissement (CE), les syndicats appellent néanmoins à la vigilance, un trou d’air étant d’ores et déjà attendu en 2020. Ils redoutent également que les cadences s’accélèrent.

Plus de 300 millions investis sur 3 ans

Laurent Gautherat, responsable de la section CFE-CGC du site a détaillé à la suite les principaux éléments financiers : les investissements seront de 326 millions d’euros pour la période 2019-2021. Les montants seront répartis entre le montage des véhicules et les ateliers de forge, fonderie et mécanique qui travaillent pour l’ensemble du groupe en Europe.

Rappelons que l’usine de Mulhouse a d’ores et déjà bénéficié de 400 millions d’euros de 2014 à 2017 afin de passer au mono-flux, procédé qui consiste à concentrer la production sur une seule ligne de montage. Le groupe a ainsi l’intention de faire de Mulhouse l’une de ses deux usines les plus modernes dans le monde, avec celle de Wuhan, en Chine.

Vigilance sur les conditions de travail et les cadences

Si Deborah Schorr, responsable FO considère l’annonce comme « rassurante » sur la volonté du constructeur de pérenniser et développer le site, elle estime que la vigilance reste de mise en terme de conditions de travail. Les syndicats s’attendent en effet à une hausse d’une cadence de production en parallèle du plan de modernisation.

Le système mis en place a pour objectif de réduire les coûts de production en « saturant » l’outil industriel, pour ainsi accroître la performance du centre en utilisant mieux ses capacités, argumentait en 2015 le constructeur. Cette utilisation maximale des installations existantes devant permettre notamment de réduire les coûts d’exploitation tels que les dépenses d’énergie, l’entretien des surfaces.

Le groupe automobile estime que cette nouvelle méthode représente « l‘organisation du futur », garante – selon lui – de la compétitivité des usines françaises, grâce à une amélioration de la productivité, une réduction des coûts et une utilisation maximale des capacités de production.

Pour rappel, l’organisation en mono-flux est également en vigueur dans l’usine de Poissy , en Région Parisienne.

Le mono-flux critiqué par les syndicats

Les syndicats critiquent toutefois ce nouveau type d’organisation. Ils pointent du doigt une flexibilité accrue, qui, selon eux, nuit aux conditions de travail, faute d’embauches suffisantes.

A Mulhouse, les week-ends travaillés se multiplient, le mono-flux  prenant alors des allures de flux « tendus » pour le personnel parfois – lui aussi – au bord de la saturation – comme l’outil industriel – et constamment « au taquet », si l’on en croit Deborah Schorr, représentante FO de l’usine.

Inquiétudes sur l’emploi

Les représentants du personnel appellent également au « maintien de l’emploi » jusqu’en 2021. Ils s’inquiètent d’ores et déjà que selon les chiffres présentés jeudi en CE, les trois années d’investissements devraient être marquées globalement par une baisse des volumes de production.

Selon les données fournies par PSA, l’usine  devrait certes fabriquer 260.000 véhicules en 2019, un chiffre un peu supérieur aux 250.000 unités produites cette année.
Mais le constructeur prévoit une production de 170.000 véhicules en 2020 et 200.000 en 2021. Selon les syndicats, le « creux » de 2020 serait dû à l’arrêt – programmé – de la production des Peugeot 2008. Une porte-parole du site a indiqué quant à elle que 2020 serait une année de transition avant le lancement d’un nouveau modèle de milieu de gamme.

Rappelons qu’à l’heure actuelle, l’usine de Mulhouse emploie 5.300 salariés permanents et 1.400 intérimaires. Y sont fabriquées la 2008, la DS7 et les Peugeot 508 en version berline et break.

Elisabeth Studer avec AFP

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4 Commentaires sur "PSA investit à Mulhouse sous l’oeil vigilant des syndicats"

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Hotil
Invité
En même temps le précédent plan de 400 millions prévoyait à terme 400 000 voitures par an, il faudrait savoir , mais ca sera probablement les futures Citroën Le volume de production baisse, mais le chiffre d’affaire de l’usine restera stable ou en augmentation : moins de voitures mais des modèles beaucoup plus cher que la 2008 Pour résumé Rennes 5008 et C5 aircross Sochaux 308, 3008 , opel et quelques 5008 Mulhouse ds7, 508 et 2008 qui va partir remplir l’usine de Madrid qui est presque vide Poissy ds3 crossback Il va falloir caser la future c4, suv c4,… Lire la suite >>
Thomas
Invité

Surtout que le 2008 fait le gros des ventes à Mulhouse(je doute que la 508 fasse des chiffres équivalents même si elle rencontrait le succès) 😉

wizz
Membre

Il vaut mieux avoir une usine dans laquelle le constructeur y investit de l’argent dans l’outillage industriel et où on travaille au taquet, plutôt que d’avoir une usine dans laquelle il n’y a plus d’investissement fait depuis des années et où les ouvriers travaillent à une cadence au ralenti et à mi temps. Aulnay sous Bois, juste pour citer un exemple interne pas trop ancien….

Thomas
Invité

J’espère que le DS3 Crossback offrira suffisamment de travail à Poissy vu que c’est le seul modèle qui y sera assemblé(du moins dans un premier temps) 😮

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