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La France favorable à une filière européenne de batteries

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Alors que le dossier prend les allures d’une Arlésienne depuis quelques mois, la France s’est dit cette semaine en faveur de la création d’une filière européenne de batteries pour véhicules électriques. Le gouvernement souhaitant très certainement ainsi montrer qu’il porte le plus vif intérêt à l’écologie en pleine fronde des Gilets jaunes. Tout en tentant de faire en sorte que l’Allemagne ne fasse pas cavalier seul. Courant octobre, Bruno Le Maire a en effet exhorté l’UE à unir ses forces, s’adressant à demi-mots à nos voisins d’outre Rhin, jugés un peu trop égocentriques dans le domaine.

Edouard Philippe pour une filière européenne de batteries

La France appuie la proposition allemande de développer « une filière européenne » de batteries automobiles, a ainsi déclaré jeudi le Premier ministre Edouard Philippe.

« Comme le propose l’Allemagne, nous sommes prêts à construire une filière de batteries européenne », a ainsi déclaré le chef du gouvernement, lors d’un discours devant le Conseil national de l’industrie.

Des investissements et une présence industrielle indispensables

Considérant que ces batteries devraient très rapidement représenter près le moitié de la valeur ajoutée d’un véhicule, Edouard Philippe a prévenu que l’absence d’investissements et de développement d’une « présence industrielle » propre à l’Union européenne devrait être à terme très préjudiciable pour l’économie européenne.

Selon lui, dans un tel cas de figure, « ce n’est pas simplement les constructeurs nationaux, c’est l’ensemble du territoire européen qui verra sa compétence, ses perspectives, disparaître », a-t-il ajouté.

Edouard Philippe soutient l’émergence de champions européens

Edouard Philippe a d’autre part soutenu la construction de « champions européens ». Alors que jusqu’à présent il était question d’un Airbus des batteries, le Premier Ministre a souhaité faire référence au contexte qui prévalait à l’heure actuelle dans l’industrie ferroviaire. Plaidant alors pour « une vision équilibrée de la politique de la concurrence en Europe » tenant compte « de l’existence des marchés tels qu’ils sont, lesquels sont souvent mondiaux ».

Pour Edouard Philippe , « à regarder simplement des marchés européens et à développer une politique de la concurrence exclusivement centrée sur les marchés européens, on pourrait prendre le risque de gêner la constitution en Europe de géants ».
Précisons que fin octobre, les autorités européennes de la concurrence ont exprimé leurs inquiétudes quant à la fusion – annoncée en 2017 – des constructeurs ferroviaires français Alstom et allemand Siemens. Mi-juillet, la Commission européenne a ouvert une enquête approfondie sur cette fusion, adressant fin octobre une « communication des griefs » aux entreprises concernées.

L’Allemagne soupçonnée de vouloir faire cavalier seul

L’Allemagne veut « créer dans les prochains mois les conditions pour une production à grande échelle de batteries en Europe », a déclaré pour sa part le 13 novembre dernier le ministre de l’Economie allemand Peter Altmaier.

Quelques jours auparavant, nos voisins d’outre Rhin avaient annoncé que le pays allait allouer un milliard d’euros à un consortium dédié à la production de batteries pour véhicules électriques. Le pays prévoyant également de financer un centre de recherche dans le secteur.

En octobre, rappelant que l’Allemagne s’engageait à l’heure actuelle dans un grand projet sur les batteries électriques –  le pays prévoyant alors d’investir plus de six milliards dans le domaine – le ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire, avait toutefois indiqué souhaiter que l’Allemagne et la France ne fassent pas cavalier seul. Exhortant au contraire les deux pays à ne pas développer chacun de leur côté des programmes de batteries électriques « sans qu’on soit capable à un moment donné de converger ».
Bruno Le Maire semble ainsi montrer très explicitement du doigt le caractère très « indépendant » de l’Allemagne par rapport à l’Union européenne, à l’heure où l’union devrait faire la force.

L’Allemagne ouvre la porte aux Chinois

En juillet dernier, dans l’attente d’une concrétisation d’un Airbus des batteries, nos voisins d’outre Rhin ont en effet annoncé que leur pays allait accueillir la Chine en vue de construire une méga usine de production de batteries pour les véhicules électriques.
Une initiative alors applaudie par les constructeurs allemands, lesquels tentent de combler leur retard dans le domaine, alors qu’ils sont parallèlement rattrapés par le dieselgate.
Après des mois de tractations, le chinois Contemporary Amperex Technology (CATL), l’un des premiers producteurs de cellules de batteries électriques au monde, va ainsi  permettre aux industriels allemands de se doter de ce composant clé, depuis sa mega usine d’Erfurt, dans l’Est de l’Allemagne.

Défendre la « souveraineté technologique » de l’UE

Début octobre à Paris, Bruno Le Maire, a appelé les industriels européens à faire « converger » leurs efforts en matière de batteries pour les véhicules électriques.
Le ministre avait ainsi mis en avant la nécessité, selon lui, de défendre la « souveraineté technologique » de l’Union européenne face à la concurrence de la Chine.

« L’idée de faire une filière de l’industrie automobile électrique avec des composants uniquement asiatiques, ça n’a aucun sens », avait-t-il ainsi déclaré lors d’une rencontre avec des responsables de PME du secteur automobile organisée dans le cadre du Mondial de Paris 2018.
Bruno Le Maire avait alors estimé que l’Union européenne devait être « indépendante  du point de vue technologique ». Pour y parvenir, il a exhorté l’Europe à bâtir sa propre filière. Tout en regrettant le manque de coordination des politiques industrielles  européennes à ce sujet.

Elisabeth Studer avec AFP

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12 Commentaires sur "La France favorable à une filière européenne de batteries"

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SGL
Invité

Le comportement des Allemands est douteux !
Pour sauver leurs petits intérêts, ils sont prêts à nuire aux intérêts communs Européens.
Dans une VT, le moteur joue un rôle primordial dans le savoir-faire technologique, les Allemands sont au top.
Dans une VE, c’est la batterie qui joue un rôle primordiale dans le savoir-faire technologique, les Chinois seront les maîtres.
Ils ont déjà bradé leur TGV et leurs éoliennes, ils s’apprêtent à faire de même sur leurs VE !

polo
Invité

Pour caricaturer on a l’impression que le gouvernement Français parle alors que les Allemands eux agissent quitte à ouvrir la porte aux chinois.

C’est quand même hallucinant tu as le PDG de Total qui semble prêt a faire monter SAFT en puissance mais demande un minimum de débouchés et l’état qui est actionnaire de PSA et Renault qui parle, c’est pas compliqué de réunir les 3 PDG (bon pour Renault un peu plus maintenant!) pour voir si il y a moyen de s’accorder.

wizz
Membre
ce serait bien, mais pas suffisant ce serait suffisant à l’échelle fermée franco-française, sauf que la France n’est plus en économie fermée par exemple, grosso modo une 308, une Megane et une Golf électrique couteraient à peu près la même chose, hors batterie. Ces voitures sont conçues en Europe, par des Européens, aux salaires européens, etc… La variable restante est donc le cout de la batterie. Les Chinois ferment leur économie, ont un marché garanti à l’intérieur, avec des aides (indirectement) de l’Etat chinois. Ils peuvent donc pratiquer un dumping féroce à l’étranger (ps: exactement comme pour les panneaux solaires… Lire la suite >>
Rowhider
Invité

Je crois surtout que le constructeur qui aura LA batterie en avance sur les autres aura un tel avantage technologique que ses ventes écraseront celles des autres. Les allemands veulent tout faire pour conserver l’image de leurs constructeurs quitte à écraser les autres.
A défaut de le faire avec les allemands, une batterie Renault-Nissan / Peugeot-Citroën-Opel / FIAT aurait déjà du poids sans mauvais jeu de mot.

labradaauto
Invité
….oui les Allemands adorent être en tête, mais on peut encore trouver un accord vu que nous sommes , pour l’heure alliés européens avec une vision commune. Avec l’Asie, la culture chinoise est totalement différente. En ces cas là, les accords, s’il y a doivent être scellés à la virgule près. Le Chinois est primé s’il utilise la technologie d’autrui, il se l’approprie, l’améliore, il est au tableau d’honneur. En Europe, c’est l’inverse: c’est une trahison qualifiée d’espionnage industriel en l’absence d’accord ou partenariat. Pour l’heure, dans la précipitation DICTéE par les maîtres du monde ( oui on va dire… Lire la suite >>
wizz
Membre
il faut avoir LA (bonne) batterie en avance, MAIS aussi un contexte favorable, c’est à dire que beaucoup de monde bascule vers la voiture élect parce qu’on peut bien avoir la bonne batterie très en avance par rapport aux autres, mais le marché électrique ne décolle pas, traine à 0.1% de part de marché, et que le pétrole coule à flot avec un carburant peu taxé, etc… On aura dépensé beaucoup d’argent sans pouvoir l’amortir. Et puis 10 ans plus tard, la technologie aura évoluée et les autres s’y mettent au bon moment et avec du budget pour (alors qu’on… Lire la suite >>
Lolo
Invité

@Wizz, je pense qu’il n’y a pas que le débouché de la voiture électrique pour la batterie, c’est présent partout, et encore plus demain si on bascule vers plus d’énergie renouvelable !!

Lolo
Invité
@Wizz, exact, une sorte de consortium aurait un sens seulement si politiquement l’Europe est unis et non naïve. Nous pourrions avoir des industriels qui exploitent des matières premières extraient en respectant mieux ouvriers et environnement (aujourd’hui c’est une catastrophe!) et avoir une indépendance technologique mais avec un minimum de protection et un contrôle sérieux des importations. ça fait bientôt 20 ans que la Chine n’est pas loyale dans son commerce et l’Europe, ses pays membres, et ses peuples doivent se souder pour continuer d’exister, sinon nous ne resterons que des couillons à qui on vient faire les poches, et dont… Lire la suite >>
Invité

mais les allemands ont toujours agit ainsi. Ils n’ont pas gagné les guerres militaires qu’ils ont lancés, ils font tout pour gagner la guerre économique

Nithael70
Invité

Et oui… Les allemands font encore cavaliers seuls avec pour seul intérêts, les leurs.
Ce fut toujours le cas depuis la création de l’UE (après qu’ils aient finis leurs réformes), jusqu’à cette nouvelle histoire, sous pretextes de la force de leur industrie (pretexte fortement biaisé vu les énormes sommes d’argent volées aux états membre par l’intermediaire des aides à la casse)

wizz
Membre

les aides à la casse pratiquées dans différents pays ne sont elles pas destinées à toutes les marques???

Salva
Invité

Après le mazout les batteries, on nous fait remplacer une saloperie par une autre….

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