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Blanquefort: Ford demande au repreneur potentiel une offre révisée

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Nouvelle étape dans le projet de reprise de Ford Blanquefort. Lequel persiste et signe en renouvelant son manque de confiance à l’encontre du projet de Punch Powerglide, seul candidat prêt à reprendre l’usine de boîtes de vitesse située dans la région bordelaise.

Le constructeur vient ainsi de demander mardi au potentiel repreneur de faire une offre « révisée ». Une requête qui a toutes les allures d’un ultimatum, 10 jours seulement étant accordés pour établir une réponse.

Demande d’offre révisée

« Afin de respecter le calendrier d’information et de consultation, Ford a demandé au potentiel repreneur une proposition, une lettre d’offre et un business plan révisés d’ici le 23 novembre prochain », a ainsi déclaré le constructeur américain dans un communiqué.

L’avenir de Ford Blanquefort est donc bel et bien dans les mains du groupe automobile. C’est ce qu’il était déjà ressorti des conclusions d’une réunion qui s’était tenue fin octobre en préfecture de Bordeaux avec des dirigeants de Punch.

Un plan de reprise pourtant déjà jugé solide par syndicaux et représentants locaux

Le plan de reprise de Punch Powerglide avait alors été jugé « solide et étayé » par le préfet, des représentants syndicaux et des élus, mais l’étape primordiale restait à venir : l’acceptation de ce plan par le constructeur américain.

Le plan de reprise de Punch « est viable et sérieux » avait jugé Didier Lallement, le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, à l’issue de la réunion. Indiquant que désormais « la balle est dans le camp de Ford ».

Fait notable : le préfet avait tenu à ajouter – et à rassurer – en indiquant que « l’ensemble des acteurs » était « d’accord sur l’idée d’une reprise » et « qu’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) serait une catastrophe« .

Via cette déclaration, Didier Lallement tentait de faire réagir – dans le bons sens – Ford. Le constructeur avait lancé une petite bombe la semaine précédente en déclarant qu’il considérait que son plan social était plus sûr pour les salariés que le plan de reprise de Punch Powerglide.

Ford réaffirme ses doutes sur la viabilité du projet de reprise

Mais même si le projet de Punch Powerglide a d’ores et déjà reçu le soutien du gouvernement, des représentants syndicaux et des élus locaux, lesquels n’ont pas caché leur mécontentement face au dénigrement de Ford à l’encontre de ce potentiel repreneur … le constructeur US persiste à ne pas vouloir signer … Il vient ainsi de réaffirmer ses doutes sur la solidité du projet … continuant de privilégier une fermeture du site.

« En comparaison avec un plan social Ford comprenant un ensemble complet de mesures, nous ne croyons toujours pas que les plans de l’acquéreur potentiel offrent le niveau de sécurité  et protection, ni ne limitent le risque de possible pertes d’emploi futures, que nous souhaitons fournir aux salariés », affirme ainsi le groupe automobile.

Il ajoute par ailleurs qu’il mènera des échanges avec le Comité d’entreprise le 28 novembre prochain. Assurant parallèlement que « les discussions se poursuivent avec le gouvernement sur un soutien plus avancé à l’égard de Ford ». Comprenez : que les finances publiques interviennent financièrement pour soutenir le dossier … Comme une odeur de chantage à l’emploi  ?
Rappelons que le 15 octobre dernier, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire avait manifesté sa colère contre Ford, accusé de préférer fermer son usine plutôt que de la céder à un repreneur.

Poutou demande à Ford de revoir sa position

Philippe Poutou, délégué CGT de l’usine, demande quant à lui au constructeur de revoir sa position. Selon lui, la reprise par le fabricant strasbourgeois de boîtes de vitesses Punch Powerglide permettrait de conserver 400 emplois sur les 850 salariés du site de Blanquefort.

Parmi les autres salariés, 300 à 350 partiraient en préretraite, et 100 à 150 vers Getrag Ford Transmissions (GFT Bordeaux), si l’on en croit ses informations.

« La bataille continue pour empêcher la fermeture de l’usine Ford », a-t-il assuré dans un message transmis à l’AFP, annonçant une action mardi devant l’usine, à l’occasion de l’avant dernière réunion du plan de sauvegarde de l’emploi qui se termine le 18 décembre.

« Avec nos moyens, dans des conditions difficiles, nous tentons d’imposer à Ford d’abandonner l’idée de fermer l’usine et d’accepter d’envisager une reprise », a-t-il déclaré.

Fin février, Ford avait annoncé cesser tout investissement dans son usine girondine, et vouloir rechercher un repreneur pour le site implanté dans la banlieue bordelaise depuis 1972.

Avec AFP

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11 Commentaires sur "Blanquefort: Ford demande au repreneur potentiel une offre révisée"

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georges
Invité

Philippe Poutou est délégué CGT, la CGT accepte qu’un délégué soit membre actif d’un parti politique (hors PCF) ?
Et il roule toujours pas en Ford ?

Francois
Invité

Ne vous moquez pas, Philippe a la solution, il suffit de taxer tous les profits des méchants capitalistes comme Ford (pendre les patrons peut aussi se faire au passage) qui bouffent les enfants…Si tous les salariés de Blanquefort sont du même acabit, ce n’est même pas la peine de m’expliquer pourquoi l’ovale bleu pense que l’avenir du site est foutu.

Sinon, l’État (enfin, l’agglomération bordelaise mais c’est pareil) a-t-il-versé le pognon qu’il devait encore à Ford ? Si non, pas la peine de chercher plus loin la rigidité du constructeur.

zafira500
Invité

C’est vrai que les gentils capitalistes ne sont pas responsables de la crise actuelle. Les licenciements boursiers sont la faute des syndicats.
Quand à l’ovale bleue, comme toute entreprise normalement constituée qui installe une usine en France, elle du a bien profiter des aides grassement donnés par les pouvoirs publiques.

greg
Invité

Même Remarque, tu as des éléments concrets? L´usine a été inaugurée en 1973. Sachant qu´à l´époque c´était encore le plein emploi (taux de chômage stable autour de 2%…) et que les subventions pour l´établissement d´une usine étaient encore relativement rares.

zafira500
Invité

@greg.
Parce que tu crois franchement que depuis l’usine n’a pas eu depuis de « coups de pouce » de l’Etat (ou des collectivités territoriales)? Le CICE par exemple ?

greg
Invité

Le CICE n’est pas un « coup de pouce », mais un crédit d’impôt, qu’il faudra rembourser.
Je te demande des exemples concrets pour cette usine en particulier. Pas juste des suppositions populistes.

Thibaut Emme
Admin

Non. Malgré son nom, le CICE n’est pas un crédit à rembourser mais un abattement fiscal.
C’est un peu comme les crédits d’impôts pour l’installation de chaudière à biomasse pour les particuliers. On ne les rembourse pas.

zafira500
Invité

« Je te demande des exemples concrets pour cette usine en particulier. Pas juste des suppositions populistes. »
Ah le populisme, notion bien pratique pour caser ceux qui sont opposés à la doxa néo-libérale.
Concernant les aides publiques à Ford, tapes sur ton moteur de recherche préféré « Ford Blanquefort CICE » et t’auras ta réponse.
Allez je suis sympa je te facilite le travail :
https://www.senat.fr/questions/base/2018/qSEQ180303808.html
Alors? 😉

greg
Invité

« Sinon, l’État (enfin, l’agglomération bordelaise mais c’est pareil) a-t-il-versé le pognon qu’il devait encore à Ford ? » Quel pognon?

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