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Festival de cames – La Bricklin SV-1 a l’affiche des suites de La Grande Casse (1982 et 1983)

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the junkman

Suite sans en être réellement une de Gone In 60 Seconds (La Grande Casse) sorti en 1974, The Junkman (1982) en reprend l’ingrédient principal. A savoir de longues poursuites en voiture qui parsèment le film. Durant l’une de celles-ci, c’est la Bricklin SV-1, méconnue et sulfureuse sportive américano-canadienne, qui est à l’honneur. L’année suivante, on la retrouve dans le troisième volet de la trilogie de H.B. Halicki, Deadline Auto Theft.

Huit ans après Gone In 60 Seconds, H.B. Halicki remet le couvert avec The Junkman. Le premier est sorti en France sous le titre La Grande Casse, et se distinguait par sa poursuite de fin où une Ford Mustang Mach 1 défie la quasi-totalité des voitures de police de Californie. Et ce durant plus de 40 minutes. The Junkman, quant à lui, est également sorti en France sous le titre La Grande Casse 2, mais n’a eu chez nous qu’un succès mesuré. Quant à Deadline Auto Theft, il n’a jamais traversé l’océan atlantique… Ce qui n’est pas forcément un mal, puisqu’il ne s’agit ici que d’une compilation de scènes issues des deux précédents opus. Ainsi, la course-poursuite avec la Bricklin de The Junkman sert de scène d’ouverture, même si elle est ici allongée et plus conséquente.

Une seule poursuite, deux versions différentes

En réalité, il semble bien que la poursuite visible dans Deadline Auto Theft ait été filmée initialement pour The Junkman. En effet, dans ce dernier, la séquence sert à introduire le personnage principal, Harlan Hollis, qui est non seulement casseur mais aussi acteur/producteur de cinéma. Et qui prépare en l’occurrence un nouveau film d’action sur les vols de voiture. Film qui pourrait très bien être Deadline Auto Theft d’ailleurs… Certaines séquences visibles dans ce dernier peuvent d’ailleurs être aperçues dans The Junkman lorsque Hollis discute avec l’un de ses employés au sujet du montage de la poursuite.

the junkman

Dans The Junkman, celle-ci est réduite toutefois à portion congrue. Car après avoir subtilisé la Bricklin sur le parking à côté du paquebot Queen Mary, le protagoniste est poursuivi directement dans les canaux de la rivière de Los Angeles (où a également été filmé plus tard une célèbre scène de Terminator 2) d’où il finit par s’échapper en hélicoptère. Laissant le coupé canadien à son triste sort voler au-dessus d’un barrage de police et finir immergé dans la rivière. Cela dit, la Bricklin refait une apparition un peu plus tard dans le film. Elle fait en effet partie des dizaines de véhicules exotiques exposés dans le ranch de Hollis. En réalité d’ailleurs, toutes ces autos appartiennent à H.B. Halicki, le réalisateur et l’acteur principal de Gone In 60 Seconds, The Junkman et Deadline Auto Theft…

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Dans Deadline Auto Theft, la poursuite mettant en scène la Bricklin est bien plus longue. Non seulement elle dure cette fois une bonne dizaine de minutes, mais en plus de la scène du canal elle inclut à présent une séquence se déroulant dans un des entrepôts du port de Long Beach. Un lieu que l’on retrouvera en 2000 dans le remake du Gone In 60 Seconds original avec Nicolas Cage.

Bricklin, une histoire rocambolesque

Comparé à la Ford Mustang Mach 1 de La Grande Casse, le choix de la Bricklin SV-1 pour les deux autres films réalisés par Halicki est plus audacieux. Et ce d’autant plus que l’auto a une histoire bien particulière, similaire en plusieurs points à celle de la DeLorean DMC12 des années plus tard. Cette dernière était le rêve de John Zachary DeLorean ? La SV-1 est celui de Malcolm Bricklin, un riche industriel américain aux méthodes douteuses qui a notamment importé en son temps la Subaru 360 aux USA. Son idée est de proposer un coupé sportif doté de technologies élaborées. Ainsi, ses pare-chocs rétractables permettent d’encaisser des impacts jusqu’à 45 km/h (d’où son nom SV-1, pour safety vehicle one). La fibre de verre et l’acrylique sont employés pour la carrosserie, de sorte que celle-ci ne rouille pas. Du moins en théorie… Et pour le style, feux rétractables et portes papillons sont de la partie. Pour le moteur, c’est un V8 360 d’origine AMC qui officie, associé au choix à une boîte automatique Chrysler Torqueflite ou FMX trois vitesses ou à une Borg-Warner T10 manuelle à quatre rapports.

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Pour construire la SV-1, Malcolm Bricklin se tourne vers la province du New Brunswick au Canada. Qui l’accueille à bras ouverts, avançant 4,5 millions de dollars et achetant même une usine. Nous sommes alors au début des années 70. Bricklin voit grand, et envisage une production de 10 000 voitures par an à terme. Mais ne se satisfaisant pas de grands discours et d’études de marché, les politiques locaux le pressent de présenter la voiture au plus vite. C’est chose faite en juin 1974, et les premiers exemplaires sont livrés dans la foulée. Toutefois, ceux-ci sont criblés de défauts : l’étanchéité est défaillante, et le fonctionnement des portes papillon est aéatoire. De plus, certains ajustements sont très mal réalisés : il suffit de regarder certaines captures d’écran accompagnant cet article pour s’en rendre compte… Malgré les améliorations faites progressivement, dont le remplacement du V8 AMC par un V8 Ford 351, il ne sortira des chaînes de production que 2900 SV-1 entre 1974 et 1976, année où la société fera faillite. La province du New Brunswick étant « de 76% dans l’affaire », charge à elle de régler les dettes de l’entreprise, tandis que Malcolm Bricklin de son côté s’en retournera aux Etats-Unis vers d’autres affaires liées à l’automobile.

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S’agissant de l’exemplaire ayant joué dans The Junkman et Deadline Auto Theft, comme nous n’avons déjà évoqué plus haut, il s’agit de la voiture personnelle de H.B. Halicki. Ce modèle porte le numéro de châssis 0051, et possède une bande noire qui court sur son capot et son toit. Bande rajoutée par Halicki suite à son achat. Malheureusement, suite à son décès, la collection de ce dernier a été dispersée et nul ne sait aujourd’hui où se trouve cette fameuse Bricklin… De façon plus générale, sachez également que si vous vous entichez d’une SV-1, il vous faudra vous armer de patience. En effet, sur les 2900 exemplaires construits, seuls 1500 sont encore en état de marche à l’heure actuelle.

Illustrations : captures d’écran

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