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Festival de cames : Ford Gran Torino, de Starsky&Hutch à Clint Eastwood

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Festival de cames - Ford Gran Torino

Une Ford Gran Torino rouge avec des bandes blanches sur les côté, le générique d’une série mythique, puis d’un film. Ou bien une version Sport et un mythe cinématographique devant et derrière la caméra. C’est la Ford Gran Torino.

La Ford Torino est à cheval sur deux décennies. Elle commence sa carrière en 1968 comme déclinaison premium de la Fairlane dont les ventes déclinent. Son style emprunte à la Fairlane de 67 et aux années 60. La Torino (qui n’est pas encore Gran) tire son nom de la ville de Turin en Italie.

La Torino reste une grosse berline familiale dotée à la demande de gros, très gros moteurs. De façon étrange, la Torino et la Fairlane cohabitent toutes les deux au catalogue durant deux ans, sur le même créneau. Mais, dès la seconde génération, la Torino devient le modèle « de base » et la Fairlane est alors la déclinaison. Elle vit ses derniers mois. Le style s’affirme et se reconnait grâce aux deux pointes que forment les ailes avant autour de la calandre. Déjà à l’époque, Ford la décline en nombreux modèles qui se distinguent par la calandre (GT) ou par la carrosserie (Fastback, coupé, break, etc.).

Celles qui nous intéressent aujourd’hui sont de la troisième génération. La troisième génération débute sa carrière en 1972 et se décline en trois versions : Torino, Gran Torino et Gran Torino Sport. La voiture de Starsky & Hutch est un coupé Gran Torino de 1975 (modèle 76), celle de Walt Kowalski est un fastback Gran Torino Sport de 1972.

A l’époque, les voitures évoluent tous les ans ou presque. La Gran Torino de 72 et celle de 75 sont très différentes de l’avant. En revanche, elles ont le même « blason » sur la calandre. 3 lions couronnés entourés par des feuilles d’acanthes. Un look à la Richard Coeur de Lion. Rien à voir avec l’origine de Ford, mais le département marketing de l’époque trouvait cela « classe ».

Le film : Gran Torino (2008)

La Gran Torino de 1972 adopte une calandre centrale arrondie ceinte de chromes. Le chrome envahit d’ailleurs tout l’avant avec un bouclier entièrement chromé. L’entourage des feux lui aussi. Les feux sont doubles et ronds. Comme sur la version de 70/71, les ailes se terminent en pointe.

La carrosserie est verte métallisée et une bande jaune souligne le profil. « Grand Torino Sport » trône sur cette bande. A l’arrière, encore du chrome. Une large bande qui entoure de petits feux horizontaux. Le toit est recouvert d’un vinyle noir comme cela se faisait souvent à cette époque (hard top). Considérée comme une « mid-size », la voiture fait tout de même 5,17 m de long pour 2,01 m de large !

Elle est l’élément central et déclencheur du film de Clint Esatwood. L’acteur réalisateur y campe Walt Kowalski, un vétéran américain de la guerre de Corée. Kowalski est irascible et un tantinet raciste à première vue. Ancien ouvrier de Ford, il possède (entre autres) une Ford Gran Torino Sport de 1972 qu’il bichonne.

Traumatisé par ses crimes durant la guerre de Corée, Eastwood/Kowalski se trouve par hasard à défendre son jeune voisin descendant d’immigrés hmong, alors que ce dernier avait tenté de voler la précieuse Gran Torino. Le vieux bougon finit par s’apercevoir qu’il apprécie plus ses voisins que ses propres enfants qui cherchent à le placer en maison de retraite. Pour sauver son jeune voisin harcelé par le gang local, Kowalski se sacrifiera. La Gran Torino revient à Thao et non à ses propres enfants.

Très bien reçu par la critique mais aussi le public, le film générera près de 270 millions de dollars dans le monde dont 148 aux USA. En France, il fera 3,4 millions d’entrée et Eastwood recevra même le césar 2010 du meilleur film étranger.

Le deuxième film : Starsky & Hutch

On en va pas se le cacher, la Ford Gran Torino 1974 (modèle 75) de Starsky et Hutch est plus connue grâce à la série éponyme que par le film de 2004. Icône de la télévision, la Ford rouge à bande blanche est l’une des voitures que l’on reconnait au premier coup d’œil. Enfin, même si ce n’est pas tout à fait le bon modèle, il suffit d’une voiture rouge à bandes blanches pour que ce soit « celle de Starsky ».

Le modèle en question est une Gran Torino coupé de 1974 modèle année 75 (on bascule d’année modèle à l’été NDLA). Par rapport à celle d’Eastwood, la calandre s’est étirée et est devenue plus rectangulaire (tendance amorcée en 73). La grille est plus présente avec de petits motifs mêlés de barres verticales. Tout reste très chromée bien évidemment. Le pare-choc par exemple est toujours énorme et brillant. Les doubles feux ronds sont toujours présents.

Les lignes à l’avant se tendent tandis que le profile arrière reste assez similaire aux versions précédentes. Ici, les ailes avant ne se terminent plus en pointe comme c’était le cas depuis le lancement de la Ford Torino. L’arrière aussi est très différent. Le bouclier chromé est toujours là, mais, plus bas désormais, il n’est plus encastré. Les feux prennent de l’épaisseur et sont reliés par un bandeau. Evidemment, ils sont entourés de chrome. La voiture a gagné en longueur et fait désormais 5,42 m de long pour toujours 2,01 m de large.

Pas l’aura de la série

Devant le succès de la série, Ford produira 1 000 exemplaires de la Gran Torino rouge à bande blanche. Quelques différences existent entre ce modèle et l’original. Par exemple, celle de David Starsky a un liseré noir qui sépare le blanc du rouge. Et les jantes ne sont pas les mêmes.

Le moteur n’est pas non plus le même. Moteur préparé pour la police dans la série, c’est un V8 460-4V cid Lima (7,5 litres), 385 Series code Police, de 240 chevaux (220 de série). De quoi prendre les rues imaginaires de Bay City (assez proche de Los Angeles) à fond et faire crisser les pneus.

La série a connu quatre saisons, de 1975 à 1979. 92 épisodes de 48 minutes plus le pilote de 70 minutes. Le film de 2004 est dérivé de la série. Proche sans être une copie, le film est porté par Ben Stiler, Owen Wilson et Snoop Dogg en Huggy les bons tuyaux.

Moins « sympathique » que la série, le film ne récolte que 88 millions de dollars sur le marché US pour un total de 170 millions dans le monde. En France, il dépasse tout de même 1,5 million d’entrées.

Voiture « banale » souvent utilisée à la télé ou au cinéma

La Ford Torino est une voiture « banale ». Dans sa version 4 portes classiques, elle est une familiale « passe partout » dans le parc auto américain pré-choc pétrolier. Avant que ce soit la mode de la personnalisation, Ford permet à chaque acheteur de choisir la version et la finition (certaines années, plus de 15 versions existent au catalogue).

Pour l’anecdote, la Ford Gran Torino sera remplacé par la Ford LTD II. Or, dans la série, Kenneth Richard Hutchinson alias Hutch, conduit une Ford LTD, première du nom. Plutôt lourde (de 1500 à 1800 kg selon les versions), la Ford Gran Torino a eu droit à un nombre incalculable de motorisations et de boîtes de vitesse. Le « 6 en ligne » disparaît du catalogue et il ne reste que du V8, de 5,8 litres à 7,5 litres (!), de 130/140 chevaux à 240.

On peut voir la Gran Torino de 72 dans « Fast&Furious 4 ». Inscrite en Nascar durant des années (ainsi qu’au Mans !), la Gran Torino 72 est aussi visible dans l’émission « ESPN’s Ultimate NASCAR » de 2006. Dans sa version 1973, 4 portes, totalement rouillée et perdant des morceaux, elle sera aussi l’un des personnages du film « The big Lebowski » en 1998. La Gran Torino rouge à bandes blanches de David Starsky fait une apparition dans « Charlie’s Angels » de 2003.

3,4 millions de Ford Torino ont été produites (4 portes, coupé, fastback, brake). En occasion, elle se trouve à des prix très différents. De 10 000 à 45 000 euros. A noter que le modèle 72 connait un regain d’intérêt depuis le film de Clint Eastwood.

Pour le plaisir, et la nostalgie, on se remet un coup du générique français composé par Jean Clace sur des paroles d’Haim Saban et Yves Martin avec l’interprétation de Lionel Leroy (pseudonyme d’Yves Martin, mari de Sheila) qui chantera également d’autres génériques mythiques comme Dallas, L’amour du risque, L’homme qui tombe à pic, Ulysse 31 ou certains génériques de Goldorak.

Illustration : Ford, Warner Bros, Wonderland Sound and Vision Flower Films

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5 Commentaires sur "Festival de cames : Ford Gran Torino, de Starsky&Hutch à Clint Eastwood"

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Max
Invité

On regrettera tout de même que la quasi-totalité des Gran Torino qui circulent en France soient…rouges à bande blanche. Un volontaire pour sortir du lot et garder la configuration d’origine ?

beniot9888
Invité

« Pour sauver son jeune voisin harcelé par le gang local, Kowalski se sacrifiera. La Gran Torino revient à Thao et non à ses propres enfants »

Spoiler alert!!! 🙂

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