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CATL s’implante en Allemagne : emploi ou péril jaune ?

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C’est désormais officiel ! Alors que nous vous indiquions  récemment que le producteur chinois de batteries CATL s’apprêtait à annoncer l’installation d’une usine de batteries en Europe, le constructeur a signé lundi un contrat majeur avec BMW pour la fourniture de batteries lithium-ion via une implantation industrielle en Allemagne.

Reste que cette signature ne comporte pas que des aspects positifs. Même si cela constitue un élément important pour l’économie allemande, elle peut être vue comme un signal d’alarme pour l’industrie automobile européenne. Le manque de capacités de production propres à cette dernière, pourrait en effet conduire l’Europe à devenir trop fortement dépendante de fournisseurs d’infrastructures chinois tout en risquant de freiner le développement des véhicules électriques sur le Vieux Continent.

Un contrat  de grande ampleur

Le contrat signé avec BMW prévoit un premier investissement d’environ 240 millions d’euros pour construire une usine à Erfurt, dans l’Est de l’Allemagne orientale, dans le Land de Thuringe.

Au total, le constructeur prévoit de commander pour 4 milliards d’euros de cellules de batteries à CATL dans les prochaines années, dont 1,5 milliard d’euros en provenance d’Erfurt.

Première étape de l’expansion de CATL en Europe

CATL, premier fabricant mondial de cellules de batteries pour voitures électriques, a affirmé pour sa part que l’usine allemande n’était que la première étape de son expansion en Europe.

Son ambition ? « Approvisionner tous les constructeurs en Europe ». C’est en tout cas ce qu’a déclaré son président, Robin Zeng. Ajoutant que d’autres sites seraient envisagés sous réserve de la réussite préalable du site implanté dans la région de Thuringe.

Angela Merkel exhorte l’Europe à réagir

Tout en saluant l’investissement de CATL, Angela Merkel n’en est pas moins inquiète. Certes, l’usine d’Erfurt fera travailler 600 personnes. Mais la chancelière n’en demeure pas moins lucide en incitant au développement d’une concurrence européenne. « Si on y arrive par nous-mêmes, je n’en serais pas mécontente« , a-t-elle ainsi indiqué. Montrant là sa crainte d’une trop grande dépendance européenne vis à vis de la Chine dans le domaine.

Car, pour certains analystes, l’implantation de CATL en Allemagne constitue un véritable « coup de semonce » pour l’industrie locale.

Tentant de faire oublier autant que faire se peut le scandale du dieselgate, Volkswagen plaie pour sa part en faveur d’une alliance axée sur la production de batteries tant à l’échelon européen qu’à l’échelon allemand.

L’Europe des batteries sous domination chinoise ou coréenne

Si la production de véhicules électriques se développe en Europe, le Vieux Continent reste encore faiblement équipé en matière de production de batteries, avec principalement des usines implantées par les coréens LG Chem et Samsung SDI. Le projet « d’Airbus des batteries » mis en avant  par la commission européenne  ne demeure qu’un vœu pieux à l’heure actuelle même si le sujet est d’une importance hautement stratégique.

Si le  projet Northvolt est certes un peu plus avancé, un démarrage à échelle réduite par rapport aux plans initiaux est désormais envisagé, faute de financement suffisant.

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10 Commentaires sur "CATL s’implante en Allemagne : emploi ou péril jaune ?"

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zeboss
Invité

Certains industriel européen ont plus « investi » dans leur bénéfices en plombs que dans les teck du futur, voilà le résultat d’une gestion à courte échéance….

Invité

Mais euuuuuh, on n’est pas toujours obligé de parler de Sergio Marchionne non ?

zeboss
Invité

il a des cousins chez Varta…

Lolo
Invité

Moi la vraie question que je me pose c’est : « Pourquoi une société européenne (ou pire encore allemande dans ce cas-ci) est incapable de faire ça ? »

Thibaut Emme
Admin

Est-ce la bonne question ? La question n’est-elle pas plutôt « pourquoi une société européenne ne VEUT pas faire ça ? » 😉
Pouvoir, vouloir…
En France on a SAFT par exemple. Il semble que certains européens préfèrent des accus chinois plutôt que français.
La volonté de « l’airbus des batterie » n’est que politique (et encore). Dans les faits…

https://www.leblogauto.com/2018/04/psa-soutient-projet-dun-airbus-batteries.html

https://www.leblogauto.com/2018/02/airbus-batteries-aide-de-banque-europeenne-dinvestissement.html

https://www.leblogauto.com/2017/09/lunion-europeenne-plaide-faveur-dun-airbus-batteries.html

zeboss
Invité

Disons que les investissements ont semblé disproportionnés par rapport au marché, en plus peu de constructeurs présents sur l’électrique avec des volumes significatifs tandis qu’en Chine, la fabrication de toutes sortes de produits (des perceuses aux ordis ) a permis l’émergence d’un savoir faire.
Les voitures électriques chinoises n’auraient sans doute pas plus de succès en europe qu’une IOn ou C0, pourtant elles se vendent pas trop mal chez elle… et offrent un terrain de test suffisant pour ‘ »amortir » une partie de l’infrastructure de production.
Une batterie de voiture ce n’est finalement qu’un empilage de modules de batterie de perceuses…

klm
Invité

merkel n’est pas bien placé pour exhorter l’Europe a réagir….

Son immobilisme politique a contribué a la revitalisation des populismes d’extrêmes droites en Europe.

Sans compter la trop grande proximité entre les constructeurs automobiles allemands et la CDU-CSU.

zeboss
Invité

Surtout la CSU en Bavière, Audi et Bmw font pression constante dans ce land, qui au passage accueille le plus d’autoroutes sans limitation de vitesse, y compris des sections « dangereuses » comme l’A8…

Thomas
Invité

Le péril jaune c’est plutôt le Chinois devenu actionnaire principal surprise de Mercedes 😀

Thomas
Invité

Li Shufu 😉

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