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Nissan : l’emploi impacté par le diesel outre-Manche

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Nissan devrait supprimer des centaines d’emplois dans son usine de Sunderland, au Royaume-Uni. Mesures prises tandis que le constructeur doit faire face à la baisse de la demande de modèles diesel en Europe.

Pas de départ  forcé

Le constructeur ne confirmerait aucune perte d’emploi, bien que des rapports locaux laissent entendre que des incitations au départ pourraient être mises en place pour des personnes proches de la retraite. Le syndicat Unite a déclaré pour sa part qu’il avait été assuré qu’il n’y aurait pas de licenciement obligatoire sur le site, lequel emploie 7 000 personnes.

Le groupe y assemble ses modèles Qashqai et Juke. L’usine constitue la plus grande usine automobile de Grande-Bretagne. Des versions européennes des modèles Leaf EV et Infiniti QX30 y sont également assemblées.

Dégringolade des ventes

Les ventes de véhicules de Nissan sur les marchés de l’UE et de l’AELE (Association européenne de libre-échange) ont chuté de 10% à 160 057 au premier trimestre 2018, selon les données de l’association industrielle ACEA.

Selon les données de la SMMT (*), les ventes de Nissan ont chuté de 35% à 34 794 en mars 2018 au Royaume-Uni. « The Guardian » confirme, pour sa part, que les ventes de Nissan ont diminué de plus d’un tiers depuis le début de l’année 2018 jusqu’à ce jour, en Grande-Bretagne. Une baisse substantielle, même dans une annus horribilis pour l’industrie automobile Outre-Manche, où la demande globale a diminué de 12%.

Les chiffres des ventes européennes publiés la semaine dernière montrent que Nissan, qui exporte 80 % de ses véhicules assemblés au Royaume-Uni, n’a vendu que 75 000 véhicules sur le continent en mars, contre 91 000 en 2017. Au sein de l’ensemble de l’industrie automobile britannique, les ventes diesel ont diminué d’un tiers cette année.

De son côté, Jaguar Land Rover va supprimer environ 1 000 emplois et freiner la production de deux de ses usines anglaises après une chute des ventes que l’industrie attribue en partie à la confusion sur la politique diesel du gouvernement britannique, avec une hausse des taxes entrée en vigueur ce mois-ci.

Une pause pour mieux repartir selon Nissan

Une porte-parole de Nissan a néanmoins réitéré la stratégie du constructeur de réaliser la transition vers une nouvelle gamme de groupes motopropulseurs au cours de 2019. Ajoutant : « à mesure que nous apporterons les changements opérationnels nécessaires à la réalisation de cet objectif, nous gérerons une réduction à court terme de l’offre de groupes motopropulseurs et des plannings de charges des usines, conformément à notre business plan 2018. » Précisant mener actuellement des discussions avec ses salariés en vue de mettre en œuvre ces changements opérationnels.

Steve Bush, un responsable d’Unite, a déclaré pour sa part que le syndicat avait reçu l’assurance que toute réduction d’emploi serait volontaire et assortie de conditions améliorées. Selon lui, les travailleurs temporaires de l’usine devraient occuper des postes permanents à mesure que les volumes reprendront.

La porte-parole de Nissan a tenu à préciser que les nouvelles mesures n’avaient absolument rien à voir avec de quelconques conséquences du Brexit. Affirmant haut et clair s’attendre à une reprise des ventes.

Sunderland victime du diesel

La Société des Constructeurs et Concessionnaires automobiles britanniques a imputé la forte baisse des ventes en partie au phénomène de «diabolisation» du diesel et à la politique fiscale du gouvernement du Royaume-Uni dissuadant les consommateurs d’acheter de nouveaux diesels.

Une légère augmentation des taxes sur les diesels, entrée en vigueur en avril Outre-Manche, semble avoir affecté la demande, les préoccupations relatives à la qualité de l’air ayant été mises en évidence. Pour rappel, des restrictions sur les moteurs diesel devraient être introduites dans plusieurs villes britanniques dans les prochaines années.

David Bailey, professeur de stratégie industrielle à l’université d’Aston, estime quant à lui que Nissan est fortement exposé au phénomène de détournement massif de la motorisation diesel en Europe. Invoquant plusieurs raisons pour expliquer une telle «  tempête » : un cocktail peu digeste de dieselgate assorti de changements législatifs, le tout saupoudré d’une forte crainte d’une baisse de la valeur de revente pour les propriétaires des véhicules.

Il précise à cet égard  qu’environ 25% des volumes produits par Nissan à Sunderland sont des diesels. Ajoutant toutefois que la prise de contrôle de Mitsubishi a offert au constructeur une quantité importante de technologie hybride. Assurant que sa technologie électrique – via la Nissan Leaf – lui permettait d’être en bonne position pour faire face au « choc » qu’il qualifie de « temporaire« .

(*) Society of Motor Manufacturers and Traders

Crédit Illustration : Nissan Sunderland

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2 Commentaires sur "Nissan : l’emploi impacté par le diesel outre-Manche"

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Thomas
Invité

Espérons que pour PSA et ses deux usines VAUXHALL ça aille encore bien après le Brexit, et chute ou non du diesel 🙁

Greenevans
Invité

Nissan possède une technologie hybride originale et couronnée de succès dans son pays d’origine (cf ventes de la Note hybride), mais comme Honda avec sa Jazz et son HR-V, il préfère laisser filer ses parts de marché en Europe et laisser Toyota profiter de l’aubaine offerte par la désaffection générale du Diesel en Europe…Et ça fait juste plus d’un an que ça dure. Il est vraisemblable que la chute du Diesel se stabilise, mais au fur et à mesure que les centre-ville interdiront le mazout, Toyota continuera de vendre ses Yaris et des C-HR comme des petits pains…

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