Accueil Design Gérard Welter – 1942-2018 : la Peugeot 205 (entre autres) est orpheline

Gérard Welter – 1942-2018 : la Peugeot 205 (entre autres) est orpheline

1593
11
PARTAGER
Gérard Welter

Gérard Welter, designer emblématique de la maison Peugeot, est mort hier soir.

47 ans chez Peugeot

Gérard Welter et Peugeot, c’est une histoire commune qui débute en 1960. Pas encore majeur (à l’époque c’était 21 ans), le jeune Welter va sur ses 18 ans. Evidemment, il est autodidacte et intègre une équipe réduite. En effet, les constructeurs n’ont pas encore de grands bureaux de style comme maintenant.

Après 15 ans à faire les « basses oeuvres », Gérard Welter devient responsable du style extérieur. En 1998, c’est la consécration. Ainsi, il prend alors la tête du design de la marque Peugeot. Il restera Directeur du Centre de Style Peugeot durant près de 10 ans.

Comment résumer l’oeuvre de Gérard Welter ? Quadrature du cercle ! En effet, de ses premières années en tant que « petite main » à dessiner des feux arrières, des ailes, etc. en passant par des modèles emblématiques comme la Peugeot 205, celle qui a sauvé Peugeot, et des concepts-cars parmi les plus sensuels, sportifs, décalés, etc. l’oeuvre est immense, magistrale et complète.

Le modèle de sa vie est sans doute la Peugeot 205. A l’époque elle détonne, elle séduit, elle sauve Peugeot en grande difficulté. Welter signera la 205 « normale », mais aussi les version T16 et GTi devenues mythiques. Le « sacré numéro » est le début d’une série qui contient la Peugeot Oxia (nous reviendrons dessus dans l’un des épisodes de notre série sur les concepts-cars français), 20Coeur, les RC Pique et Carreau, le coupé 407 Elixir, etc.

Sa fin de carrière chez Peugeot sera marquée par les sublimes concepts Peugeot 907 et 908 RC. Sublimes, mais qui ne verront jamais le jour en série. Il cède la place à Jérôme Gallix en 2007 qui mettra fin au style Welter.

Les 24 Heures du Mans dans la peau

Gérard Welter, ce n’est pas qu’un designer. En effet, l’homme est passionné par la voiture et la course. Il fonde avec son collègue Michel Meunier du design Peugeot la société WM en 1969. Nous consacrions un article à Michel Meunier disparu en 2007. WM engage en endurance des Peugeot. Des WM PXX exactement pour « Walter Meunier Peugeot ». La WM P69 (pour 1969) sera la première d’une longue lignée.

Evidemment, les 24 Heures du Mans sont l’objectif. WM engage alors des prototypes à partir de 1976. La WM P76 motorisée par le V6 PRV de 2,7l abandonnera avant de signer une 15ème place en 1977. Les années suivantes sont émaillées d’abandons et de places d’honneur. A noter que l’on retrouve des Max Mamers (Trophée Andros) ou des Serge Saulnier (Saulnier Racing devenu OAK Racing sous la houlette de Nicolet, manager du programme 908 au Mans) au volant des prototypes de WM.

Avec un certain Guy Fréquelin à son volant, en compagnie de Roger Dorchy (voir plus loin), Welter et Meunier signent une 4ème place générale en 1980 ! On croisera aussi des François Migault (voir article ici), des Thierry Boutsen, des Philippe Gache.

En 1988, c’est le « projet 400 ». Les Hunaudières sont encore une belle et très longue ligne (presque) droite et WM veut atteindre la barrière des 400 km/h ! La WM P87 n’atteint « que » 379 km/h et c’est toujours une Porsche qui détient le record avec 391 km/h. La WM P88 est issue d’une collaboration plus étroite avec Heuliez (oui il y en a des grands noms de cette époque disparus). Elle est faite pour le record.

407 km/h, record inégalé des Hunaudières

La WMP88 signe 407 km/h ! Avec justement Roger Dorchy à son volant. Pour la communication, ce sera 405 km/h. 405 comme la Peugeot 405 lancée l’année précédente. Ah le marketing. En 1989, WM fait un dernier tour de piste sans gloire. La 4ème place de 1980 est le meilleur résultat de la structure.

En 1990, WM devient Welter Racing (WR) quand Meunier se désengage du projet. WR reste très proche de Peugeot et signe le prototype 905 Spider construit pour une coupe monotype du lion. Welter Racing revient au Mans en 1992. En 1995, la WR LM94 (une 905 Spider) signe la pole (avec la #9) et le meilleur tour en course (avec la #8). Mais ce sont 2 abandons. Welter Racing fait une pause du Mans, puis revient de nouveau en 2000 jusqu’en 2006. En 2008, Gérard Welter fait une infidélité à Peugeot, ce sera Zytek désormais.

Welter Racing sera impliqué dans le projet de la Green GT H2. Et récemment, Gérard travaillait encore sur un prototype au bio-méthane qui doit s’engager au Mans dans le programme « garage 56 ». Il ne verra pas son dernier bébé sur la piste Sarthoise.

C’est un grand nom du design français, mais également un grand nom du sport automobile qui vient de disparaître.

Adieu Monsieur Welter.

Illustration : 205 – CrazyD CC
907, Record 405km/h et portrait de G. Welter – Peugeot

Poster un Commentaire

11 Commentaires sur "Gérard Welter – 1942-2018 : la Peugeot 205 (entre autres) est orpheline"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
AXSPORT
Invité

Chapeau l’artiste !!!!

Le sauveur de Peugeot à l’époque

SGL
Invité

Un grand monsieur qui aura fait globalement du très bon travail.
Même si vers la fin, son design commençait par devenir un peu caricatural

lym
Invité

Personnellement, je préférais cette patte à l’actuelle: Copie de SUV corréens kitch qu’on a du mal à distinguer des originaux dans les nombreuses concessions Peugeot devenues multimarques… avec Kia.
Lamentable époque.

georges
Invité

Désolé mais le début de l’article :
Comment résumer l’œuvre de Gérard Welter ? Gabegie totale !
Définition de Larouse du mot Gabegie : Gestion financière défectueuse ou malhonnête ; gaspillage : La gabegie administrative.

klm
Invité

adieu Gérard je me souviens de tes création dans un résumé d’une heure en anglais sur les 12 h du mans 1995 étant en pole et régnant sur le première heure de course je trouvais ça marquant.

4aplat
Invité

Oui, un grand Monsieur nous a quitté …

wpDiscuz