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Airbus des batteries : aide de la Banque européenne d’investissement

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Coup de pouce non négligeable pour le projet de mise en place d’un « Airbus des batteries ».  La Banque européenne d’investissement (BEI) s’est engagé à le soutenir en lui apportant des financements. Car, malgré une certaine inertie d’une partie de la filière automobile, cette initiative de la Commission européenne dévoilée à l’automne 2017 poursuit son chemin.

« Je confirme le soutien plein et entier de la BEI à cette initiative » a ainsi déclaré Andrew McDowell, vice-président de la banque européenne, la semaine dernière à Bruxelles, lors d’une conférence de presse conjointe avec le commissaire européen à l’Energie, Maros Sefcovic. Ajoutant même que l’établissement financier mettrait à sa disposition toute « la palette » de ses instruments et que la BEI ferait d’autres annonces sur ce domaine dans les prochains mois.

Andrew McDowell a par ailleurs indiqué que la banque s’associerait à l’Union européenne pour développer la capacité du vieux continent en batteries électriques. Rappelant qu’elle venait d’approuver la semaine dernière un financement de 52,5 millions d’euros, aux côtés du gouvernement suédois, pour le projet Northvolt. Ce site pilote, situé en Suède, sera la plus importante usine européenne de cellules de batteries lithium-ion. Elle constituera l’initiative la plus avancée au sein de l’UE pour pouvoir concurrencer l’Asie et les Etats-Unis et tenter de réduire la dépendance européenne vis-à-vis de ses importations de batteries.

Le 11 octobre dernier, Maros Sefcovic, également vice-président de la Commission européenne, a réuni de nombreux acteurs industriels en vue de lancer l’initiative surnommée depuis  « Airbus des batteries« . Ce projet ambitieux s’est fixé pour objectif de réaliser en Europe l’intégralité de la chaîne de valeur des batteries. Il fait l’objet de plusieurs groupes de travail.

Dans le cadre de la stratégie commune de l’Union européenne en matière d’énergie, Bruxelles considère que le domaine des batteries constitue une initiative technologique clé, permettant en tout premier lieu de garantir l’indépendance du continent dans le domaine. Une position en adéquation avec celle du Président français, Emmanuel Macron.

Activité non au cœur du métier selon les constructeurs

Si les constructeurs investissent chaque jour un peu plus dans les moteurs électriques, l’électronique et le packaging final des batteries, ils estiment néanmoins à l’heure actuelle que la chimie des batteries  ne relève pas de leur cœur de métier. Une position partagée par nombre de leurs équipementiers européens.

Si Renault et PSA se félicitent qu’un fournisseur européen de batteries puisse venir compléter l’offre en provenance d’Asie, leur objectif premier en la matière demeure la compétitivité. Carlos Ghosn, patron de Renault, s’est voulu encore plus clair, estimant qu’un tel projet devait être porté par les fournisseurs, non par les constructeurs.

Lors de la présentation des résultats 2017 du groupe Bosch, son président du directoire, Volkmar Denner, a estimé pour sa part que « l’équation économique serait difficile à trouver en Europe pour la partie automobile. »

« Aujourd’hui, le marché des cellules est essentiellement aux mains de cinq fabricants asiatiques. Et avec l’évolution des technologies, il va être le théâtre d’une guerre des prix farouches. La marge pour créer et exploiter un avantage compétitif restera très étroite », a-t-il même affirmé.

Mais nombreux sont ceux qui pensent que sans un soutien actif des constructeurs, un Airbus des batteries aura du mal à se concrétiser. ThyssenKrupp, groupe sidérurgiste allemand, estime même qu’il revient à ceux qui ont besoin des batteries de construire l’infrastructure pour les produire.

L’UE  d’ores et déjà présente sur le marché

Reste tout de même que le terrain n’est pas complètement abandonné aux mains des asiatiques. Alors que Bosch travaille sur le stockage d’électricité, certes, principalement pour le marché de l’énergie, Saft, spécialiste du lithium, participe à un des groupes de travail européens.

Autres contributeurs de taille : le groupe Bolloré, expert du LMP solide, et Continental, le groupe allemand travaillant également sur la technologie des batteries solides.

La création d’une filière européenne pourrait permettre à Saft – aujourd’hui filiale de Total –  et  au secteur  batteries de Bolloré, qui maîtrisent la chaîne du début jusqu’à la fin, de changer d’échelle. En élargissant leur marché potentiel  grâce au vaste débouché de l’automobile grand public.

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19 Commentaires sur "Airbus des batteries : aide de la Banque européenne d’investissement"

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SGL
Invité

Ah le rêve ! 🙂
Ensemble (européen) nous pouvons être très forts.
Et il faudra rééquilibrer les échanges internationaux équilibrés vis-avis des USA et de l’Asie.
Et ne pas reproduire l’histoire des panneaux photovoltaïques européens !

ART
Invité

« Airbus des batteries », ça me sonne un peu comme la période « cloud souverain » il y a quelques années…

Roadrunner
Invité

Un avis:
Northvolt , Suède ne fait pas partie de la zone euro.
L’Europe en industrie , c’est la zone Euro et rien d’autre , donc Total / Saft ou Bosch etc….
Renault est propriétaire de 20 millions d’actions du Canadien lithium energy products….. au cas ou.
http://www.lithiumenergyproducts.com/

Invité
Et l’Europe va-t-elle finir par parler du probleme de la provenance des metaux rares, servant a la fabrication de batterie (et panneaux solaires, eoliennes, tout type de turbine electriques etc)? Que ces metaux sont fournis a 100% par la Chine, foutant en l’air l’equilibre geopolitico-commercial? Ou du fait que ces metaux sont en grande majorite extraits de manieres totalement illegales, ne repondant a aucune norme, et de maniere ultra (mais ULTRA) polluante? Car sans resoudre ce probleme, on fonce tout droit vers: – une ultra dependance de l’Europe envers la Chine, en tout point – une pollution, a l’echelle mondiale… Lire la suite >>
SGL
Invité

Pas autant que l’industrie pétrolière… Et sans aucune mesure !
Et Total, annonce aujourd’hui fièrement une hausse de la demande mondiale de pétrole de 10% d’ici à 2040.
https://www.challenges.fr/energie-et-environnement/total-anticipe-une-hausse-de-la-demande-mondiale-de-petrole-de-10-d-ici-a-2040_568559
Si le de la fin du monde elle ne viendra pas du cycle de vie de la production / utilisation / déconstruction des batteries, mais bien de l’exploitation des énergies fossile.
Il ne faut pas se tromper de coupable même si aucune énergie n’est véritablement propre.

Invité
En fait SGL, il se trouve que si, au jour d’aujourd’hui, c’est bien pire que l’industrie petrochimique. De memoire, cette derniere n’est pas dans le top 5 des industries les plus polluantes du monde, alors que l’industrie (dont j’ai oublie le nom… electrochimique?) responsable de la production de tout ce qui touche aux batteries de nos telephones, des eoliennes, de l’extraction de metaux lourds etc… celle ci est la deuxieme plus polluante du monde. et encore aujourd’hui tres peu controlee. Je ne dis pas que l’EV est forcement une mauvaise idee. Je dis juste qu’il y a une extreme urgence… Lire la suite >>
miké
Invité

Quand on voit le fléau qu’est airbus de l’interieur, pas sur que ce soit une bonne idée. Des gens qui sont payés 4 à 5 smic (sans les primes et autres avantages), pour boire des cafés toute la journée car il ne recoivent pas les autorisations pour bosser, ou bien travailler 1h30 en h sup, car apres avoir bu des café toute la journée, au moment de partir, vous avez eu l’autorisation de bosser. Le gaspi de consomables, de matières premières…
Et dire qu’on finance tout ça..

SGL
Invité

Airbus … un fléau !? 😯
Une des rares choses qui marchent merveilleusement bien dans l’Europe !

miké
Invité

Ca c’est ce qu’on te fait croire.

Roadrunner
Invité

Peugeot : cours de l’action.
Variation 1 an: -3.59%
Variation 10 ans: -52.36%

Airbus: cours de l’action.
Variation 1 an: +45.09%
Variation 10 ans: +434.59%

SGL
Invité
miké
Invité

Rebranche ton cerveau.
Je te parle de l’interieur, de réalité, et tu me parles de bfm business…

SGL
Invité

L’intérieur !? c’est un peu le cas de toutes les grosses boîtes internationales.
Le principal est ce qui en ressort de l’entreprise.

miké
Invité

Oui donc tout vas bien, tout est normal, c’est une énorme bulle désorganisée, maintenue en vie par nos tunes mais tout vas bien.

En passant, vu que tu aimes les liens, je te pose ça la : https://www.mediapart.fr/journal/economie/dossier/dossier-airbus-aux-prises-avec-la-corruption

miké
Invité

Je le sais bien, mais bon, malgré ça, tout vas bien de ton point de vue… « Une des rares choses qui marchent merveilleusement bien dans l’Europe ! »…

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