Accueil Actualités Entreprise Skoda accusé de favoritisme par les syndicats de Volkswagen

Skoda accusé de favoritisme par les syndicats de Volkswagen

1406
12
PARTAGER

Décidément le temps est à la zizanie au sein du groupe Volkswagen, elle s’exprime désormais entre la maison mère et sa filiale tchèque Skoda. Chacun tentant de tirer la couverture à soi et de bien dissocier les comptes des uns et des autres. Dirigeants et syndicats veillant au grain … voire jetant de l’huile sur le feu.

Alors que Porsche, propriété de VW, réclamerait à Audi, un dédommagement de 200 millions d’euros  en s’estimant victime des moteurs trafiqués, Volkswagen tente pour sa part de limiter les effets de la concurrence de Skoda. Le groupe VW envisage ainsi de transférer en Allemagne une partie de la production du constructeur tchèque. Il souhaite également que Skoda mette un peu plus la main au portefeuille, en augmentant la rétribution de l’utilisation de technologies communes.

Sans bien sûr le présenter ainsi, VW tente au final de grappiller quelques subsides, histoire de se renflouer, alors que le dieselgate est loin d’arranger ses finances, et que la situation n’est guère glorieuse en termes d’emplois. Le groupe semble presque envier la rentabilité élevée de Skoda et son image positive véhiculée auprès des consommateurs et des medias. Et pourrait être amené à déshabiller Pierre pour habiller Jacques.

De sources proches du dossier, on laisse entendre que VW compte user de plusieurs arguments pour plaider en sa faveur. Le groupe pourrait faire valoir que le fait que Skoda puisse tout à la fois faire usage de la technologie allemande tout en bénéficiant d’une main d‘oeuvre bon marché constitue autant d’avantage indus. Une situation qui au final serait la clé de sa belle santé financière, Skoda ayant dégagé en 2016 une rentabilité de 8,7%, taux supérieur à celui réalisé par Audi. La marque VW bénéficiant parallèlement d’une marge opérationnelle de seulement 1,8%.

Skoda : une rentabilité due à l’usage de la technologie de VW ?

Mais certains se cachent à peine pour dire désormais que la bonne performance de Skoda  serait due principalement au fait que Volkswagen se ferait en quelque sorte tondre la laine sur le dos.

Entre 2013 et 2016, le bénéfice opérationnel de Skoda a été multiplié par plus de deux, à 1,2 milliard d‘euros. Un chiffre obtenu grâce à la mise en œuvre progressive de la plate-forme MQB, partagée avec VW.

Il est en effet bien loin le temps où Skoda réutilisait d’anciennes plates-formes de la maison mère. En mai dernier, Lahouari Bennaoum, directeur de Skoda France, se félicitait que la filiale profitera « immédiatement de la nouvelle base de Volkswagen dédiée aux électriques, prévue pour 2020 ». En attendant, les nouveaux SUV Kodiaq et le compact Karoq partagent d’ores et déjà moteurs, transmissions, et connectique avec la dernière version du Tiguan de VW.

En juin dernier, Lahouari Bennaoum enfonçait le clou, déclarant : « depuis vingt-cinq ans, nous capitalisons sur la technologie Volkswagen, ses châssis, ses moteurs, ses boîtes automatiques à double embrayage, sa qualité de fabrication, mais aussi sur notre capacité à offrir plus d’espace intérieur que les concurrentes ».

Concurrence déloyale via des charges de personnel amoindries ?

Si le mot n’est certes pas prononcé, l’idée est là : certains syndicats laissent désormais entendre que la filiale tchèque mènerait une concurrence déloyale vis à vis de Volkswagen. Tout en pointant du doigt la distorsion de concurrence induite par l’écart des salaires entre Tchéquie et Allemagne. Il est vrai que Skoda bénéficie
d‘une main d‘oeuvre bon marché, le salaire horaire moyen étant de 10,10 euros en République tchèque, où sont assemblées la plupart de ses voitures. En Allemagne, il avoisine 38,70 euros.

Les syndicats de VW montent au créneau

Dans un tel contexte, une source proche du conseil de surveillance vient d’indiquer que certains représentants syndicaux de Volkswagen exigeaient le transfert d‘une partie de la production de Skoda dans des usines allemandes en sous-activité. Le principal syndicat de Skoda a répondu tout net qu’une telle opération pourrait conduire à la suppression de 2.000 emplois en République Tchèque.

Les syndicats de VW estiment également que Skoda devrait payer une redevance plus élevée en échange de son droit d‘utiliser la plate-forme MQB.

Le sujet pourrait donner lieu à des échanges houleux lors de la prochaine réunion du conseil de surveillance du 17 novembre. D’autant plus que doivent y être approuvés les budgets d‘investissements annuels au sein du groupe. Ceci pouvant expliquer cela … .

Sources : Reuters, Skoda

Crédit Illustration : Skoda

Poster un Commentaire

12 Commentaires sur "Skoda accusé de favoritisme par les syndicats de Volkswagen"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
AXSPORT
Invité

MDR VAG !!!!!!!!

rickyspanish
Invité
Dieselgate et maintenant guerre fratricide entre les marques, ça fait doucement rire… Pour ce qui est de Skoda, VW n’a qu’à s’en prendre elle-même : ils s’attendaient à quoi en fournissant toutes les dernières techno à une marque qui fait tout aussi bien qu’eux, moins cher et sans doute plus joli (exemple de la Superb par rapport à la Passat). Les acheteurs non plus ne sont pas tous des pigeons. Dommage pour Skoda qui risque d’en payer le prix en ne bénéficiant des dernières avancées qu’après VW ou qui risque de perdre un peu de son avantage coût. Dans tous… Lire la suite >>
AXSPORT
Invité

Il est vrai que la Superb est top !!!

SGL
Invité

Superb Laurin & Klement est splendide !
Pourquoi payer plus chère une Audi !? 😀

Maître 90
Invité

Pourquoi acheter une Audi ?

Telle est la question.

SGL
Invité

Bah, c’est logique… l’esprit mercantile au sein du groupe VW est plus fort que partout ailleurs !
D’où la motivation des triches sur les moteurs.
La « Deutsche Qualität » galvaudée par la fabrication dans des pays à bas coût.
Et puis le DieselGate touche avant tout VW… un peu Audi… quasiment pas Skoda.
Dans la légende urbaine, Skoda est totalement propre !
La fabrication à bas coût permet d’avoir une VW vierge de mauvaise réputation pour moins chère… tentant pour la direction et les clients…pas pour les ouvriers Allemands.

Elisabeth
Invité

Pas bete pas bete comme reflexion …effectivement il n’y a pas que les syndicats qui toussent. Il y a aussi les dirigeants de vw. Tout bénef pour eux au final : ils récupèrent de l’argent chez Skoda tout en montrant mine de rien au gré public que Skoda n’est pas touché par diesel gate. Ruse de renard ?

Nos emplettes sont nos emplois
Invité
Nos emplettes sont nos emplois

PTDR !

VW se plaint de vendre pas assez cher ses technologiques à Skoda –> Et qui dirige Skoda depuis près de 20 ans ? VW.

VW se plaint que Skoda fabrique ses lowcosts dans un pays lowcost. C’est vrai, ils devraient les fabriquer au Luxembourg, c’est plus logique. D’ailleurs, ou sont produites certaines Audi ? Dans un pays lowcost (Hongrie). Ah mince !

Après il leur reste la psychiatrie. On sait jamais, ça peut aider.
Bon courage aux concessionnaires Skoda (et vw aussi d’ailleurs) ! Ça va pas être facile.

Fred21
Invité

Le gérant des 2 marques est le même alors la guerre fratricide …
Au final, dans les multinationales, on décide où l’on veut que le bénéfice soit. Ils ont choisi le pays de Skoda, demain ils peuvent choisir ailleurs.
L’emploi, le diesel gate sont des autres composantes, soumises à pressions syndicalistes ou politiques et une multinationale est également obligée de composer avec.

Maître 90
Invité

On appréciera le message que véhicule cette demande des syndicats allemands : nos usines tournent au ralenti, pas les vôtres. Mais comme nous sommes allemands, c’est vous qui devriez être licencié, pas nous.

Les vieux reflex n’ont pas mis longtemps à revenir.

wpDiscuz