Accueil Historique Un été au Japon – Subaru Impreza GT Turbo (1995-2000)

Un été au Japon – Subaru Impreza GT Turbo (1995-2000)

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Avec la Legacy, le constructeur des pléiades avait enregistré quelques succès en championnat du monde des rallyes au début des années 90. Mais pour décrocher la couronne mondiale, Subaru remplace bien vite sa longue berline par un modèle à empattement plus court : l’Impreza, qui non seulement brillera au plus haut niveau de la compétition, mais qui sera également déclinée en d’innombrables versions de route. Pourtant, une seule version sera proposée ici-bas : la déclinaison GT Turbo.

Commercialisée au Japon en novembre 1993, l’Impreza se dote d’une version sportive, baptisée WRX et développant 240 chevaux grâce à son moteur quatre cylindres boxer, gavé par un turbocompresseur Mitsubishi (sic!) TD05. Le ton est donné immédiatement, car Subaru se doit de produire à minima 2 500 exemplaires de l’auto, comme l’exige le règlement, pour pouvoir engager ce nouveau modèle en championnat du monde des rallyes. Sur ses terres natales, la WRX croise le fer avec celle qui deviendra sa meilleure ennemie sur route comme en spéciale, la Mitsubishi Lancer Evolution. Mais en Europe et plus particulièrement en France, il faut attendre avril 1995 pour que soit commercialisée l’Impreza sportive, dans une exécution nommée GT Turbo. Soit peu de temps après la disparition d’une championne de taille, la Lancia Delta HF Integrale Evoluzione, et peu avant que finisse la carrière de la Ford Escort RS Cosworth…

Mais pas question pour nous des 240 chevaux de la WRX japonaise : nous n’aurons droit ‘qu’à’ 211 chevaux, toujours développés par le quatre cylindres à plat à échangeur air/air et transmis à la route via la transmission intégrale dont Subaru s’est fait le spécialiste… Tout ceci est néanmoins largement suffisant pour propulser les 1 235 kilogrammes de l’Impreza à 228 km/h en pointe, et pour abattre le 0 à 100 en à peine sept secondes. Esthétiquement on ne peut pas dire, hormis les deux gros antibrouillards avant et la prise d’air sur le capot que la GT Turbo donne dans le démonstratif : l’aileron arrière, plat sur cette première version, passe presque inaperçu tout comme la double sortie d’échappement. L’intérieur, désuet et sans grand charme comme sur beaucoup d’autres japonaises des années 90, ne respire pas spécialement la gaité, mais le volant Nardi à trois branches en cuir qui équipe la version dépourvue d’airbags vient tout de même apporter une petite note de sportivité. Et pour ceux dont la composition familiale interdit le recours à une berline, Subaru propose aussi la GT Turbo en version break!

Sur routes sinueuses, la Subaru laisse sur place bien des sportives plus huppées et plus chères…  Parlez-en aux Porsche 911 et BMW M3 E36 par exemple… En revanche à cause de son turbocompresseur, son appétit en carburant paraît sans limites, et sur un bitume plus lisse et moins tortueux l’Impreza est affectée d’une légère tendance à sous-virer… Jusqu’à un certain stade car lorsque c’est l’arrière qui décroche, il faut des réflexes dignes de Colin McRae pour arriver à remettre la voiture sur la trajectoire choisie!

Durant sa carrière, la GT Turbo ne cessera d’évoluer. Pour la carrosserie, la calandre à haricots laissera en 1997 sa place à un modèle à nid d’abeilles, à nouveau remaniée en 1999 tandis que les évents sur le capot suivront la même modification stylistique. Cette même année, l’aileron plat disparaît au profit d’un modèle plus volumineux, tandis que le moteur gagne six précieux chevaux et une courbe de puissance mieux remplie grâce à un nouveau turbocompresseur (Mitsubishi TD04) plus petit et moins brutal.

Intérieurement, les sièges au maintien tout relatif seront remplacés en 1997 par de vrais baquets, tandis que la planche de bord sera entièrement remaniée en 1998. Enfin, les jantes de 15 pouces laisseront dès 1997 la place à des homologues en 16 pouces tandis que les étriers de freins adopteront en 1999 des pistons fixes qui amélioreront le mordant, mais hélas pas l’endurance.. Et pour l’année 2000, le dessin des jantes passe de cinq à six branches, et les coques de rétroviseurs ainsi que les bas de caisse sont peints ton carrosserie.

Et en rallye ? Le constructeur japonais a eu la bonne idée : même si le jeune pilote écossais Colin McRae détruit autant de Legacy que d’Impreza, il devient sur cette dernière le plus jeune champion du monde des rallyes en 1995 et rapporte de surcroît dans l’escarcelle le titre constructeur pour Subaru après une année animée toutefois par des consignes d’équipe favorisant jusque tard dans la saison son équipier, l’espagnol Carlos Sainz… En tant que constructeur, l’Impreza dans cette première version permet à Subaru de conquérir trois titres entre 1995 et 1997. À noter que, pour cette dernière année, l’Impreza devient la première championne du monde dans la catégorie WRC nouvellement créée pour remplacer le Groupe A en haut de l’affiche…

Pour toute une génération, l’Impreza GT Turbo constitue une véritable auto culte, non seulement par ses performances et son palmarès en rallye, mais également par ses nombreuses et remarquées apparitions dans l’univers du jeu video : Colin McRae Rally, V-Rally, Gran Turismo… Autant de titres qui ont mis en valeur et popularisé la ´Sub’, le plus souvent dans son iconique livrée bleue (02C) et jantes dorées. Dans l’hexagone, l’Impreza profite aussi de l’absence d’une version civile de la Mitsubishi Lancer Evolution jusqu’en 2003 pour conquérir les foules.

L’Impreza GT Turbo tire finalement sa révérence en 2001 pour laisser la place à un tout nouveau modèle, l’Impreza WRX au dessin certes plus moderne mais aussi beaucoup plus controversé…

Illustrations : Subaru

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17 Commentaires sur "Un été au Japon – Subaru Impreza GT Turbo (1995-2000)"

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Franck Isho
Invité

Outre ses performances, cette voiture doit sa popularité en Europe pour son coût relativement faible grâce à la crise du yen des années 90.

Samuel
Invité

J ai failli l acheter. Elle coûtait moins cher qu’ une 306 s16 pour plus d options : cuir, toit ouvrant , transmission intégrale.

Mathieu D
Invité

Cette GT turbo moins cher qu’une 306 s16 vraiment?

Samuel
Invité

Oui, lorsque Zidane marque 2 buts contre le Brésil….

Amiral_sub
Invité

Hé oui, cette bombe coûtait moins qu’une 306s16! J’en ai possédé une pendant 15ans, je dois rectifier des points: la finition intérieure était très correcte avec déjà des plastiques moussés (oui oui!), 4 vitres électriques, la clim, 2 airbags sur la mienne, relativement confortable. Ça pousse très très fort, moins de 6 sec pour atteindre les 100kmh, pas les 7 de l’article. Conso en rapport avec les perfs. Très bonne fiabilité. Bref une sportive pleine de qualités ce qui objectivement est plutôt rare.

wizz
Membre
Thomas Roux
Invité

La fiche zeperfs mentionne une 99, donc avec 217 chevaux… 😉 Et 6,1 ou 6,4 secondes sont beaucoup plus réalistes… sauf sous la pluie ou les mesures favorisent les 4 roues motrices…

wizz
Membre

en quoi citer comme source d’info zeperf mériterait un -1?

une source d’info accessible à tous, sur le prix des véhicules, cela aurait elle égratigné quelques personnes?

Amiral_sub
Invité

Je pensais qu’il n’y avait eu que la version premium. Apparemment un connaisseur t’a mis -1

Thomas Roux
Invité

Pour en avoir aussi possède plusieurs, les 6 secondes au 0 à 100 sont utopiques, désolé! La 95 a été chronométrée à 7 secondes et la 99 à 6,4 secondes 😉 Ce qui ne m’empêche pas d’adorer les Impreza…

beniot9888
Invité

L’autojournal, numéro spécial 99 (été 98) :
Peugeot 306 S16 Pack Confort (dépouillée, malgré son nom) : 136000 francs
Peugeot 306 S16 Pack premium (avec en plus ABS, clim, radio CD, vitres électriques et sellerie mi-cuir) : 159000 francs
Subaru Impreza 2.0l GT turbo 4 portes : 163000 francs.
Subaru Impreza 2.0l GT turbo 5 portes (avec ABS, double airbag et toit ouvrant en plus) : 174000 francs.

Donc non, elle n’était pas moins chère qu’une 306 S16.

wizz
Membre
Effectivement Benoit Dans ces années 90, l’Europe était encore en mode protection anti-japonaise avec taxe et quota. Les méthodes de production japonaises étaient plus performantes que les européennes, mais surtout pour Toyota et un peu moins vrai pour les petits constructeurs japonais. Et question de salaire, les Japonais n’étaient pas exploités. Il est peu probable de voir une voiture japonaise (made in Japan) vendue en Europe pour pas cher, surtout pour un constructeur à faible volume. En revanche, sur le marché occasion, c’est plutôt l’inverse, concernant Subaru. Faible réseau de distribution donc difficile de faire entretenir sa voiture dans un… Lire la suite >>
Rowhider
Invité

Une voiture mythique même si pas absente de défaut: un châssis pas suffisamment rigide pour encaisser la puissance: ajouter une barre anti-rapprochement est quasi indispensable et les freins sous-dimensionnés…

Thibaut Emme
Admin

« tu freinais toi ? » (In Joe’Bar Team) 🙂

labradaauto
Invité
…de France , on regardait, avec jalousie, nos voisins Suisses qui au début avaient déjà des Subaru. J’ai moi aussi, pourtant, subi qq jours de folie à vouloir l’acheter neuve. J’ai conduit plus tard 2 de ces autos : Que du bien, des superlatifs. Le train avant par son efficacité, sa direction m’ont fait songé à ma 309 16 S . Le comportement , la motricité à mes 80 quattro, avec moins de roulis. Impossible d’être déçu du plaisir de conduire. Le 1er modèle essayé marchait moins fort (moteur) que la Renault 21 turbo du moment. Le modèle 220 cv… Lire la suite >>
überalles
Invité

J adore cette génération. PréféranCe à la 22b

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