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A Limoges on roule sur la vaisselle cassée

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La ville de Limoges en Haute-Vienne est connue, entre autres, pour sa porcelaine. Cette industrie génère chaque année des centaines de tonnes de déchets que l’entreprise Colas tente de valoriser en les intégrant dans les routes.

En effet, les porcelainiers de Limoges (et d’ailleurs) ne réussissent pas à 100% leur production. Une fois ratée, une pièce part soit en vente « au kilo » (pour les défauts mineurs) soit directement au rebut. Un chef d’agence de Colas, filiale de Bouygues, gère une plateforme de recyclage des déchets du bâtiment et estime qu’entre 200 et 300 tonnes de porcelaine ratée sont ainsi jetées chaque année.

Il a donc sollicité sa société pour voir s’il n’y aurait pas un moyen de valoriser intelligemment la porcelaine. Cela tombe bien car le laboratoire de Colas Sud-Ouest est à Condat-sur-Vienne, en banlieue de la préfecture de la Haute-Vienne. Après des années de recherche, ils ont mis au point un enrobé chaud, « composé à hauteur de 30 % de granulats de porcelaine ».

Mieux éclairer un passage piéton par exemple

Quels en sont les avantages ? Outre se baser en partie sur un déchet (écologie), et avoir une esthétique originale, les petits morceaux de porcelaine vont réfléchir la lumière. Ainsi, en condition de luminosité basse, on peut mieux éclairer un passage piéton par exemple. C’est typiquement le premier chantier réel qui a été réalisé à Limoges avec cet « enrobé porcelaine ». Le « plateau piétonnier » en illustration a été réalisé avec celui-ci l’été dernier.

Colas précise qu’en laboratoire, ils se sont assurés que ce revêtement avait à minima les mêmes caractéristiques d’adhérence qu’un enrobé traditionnel, ainsi que sa tenue dans le temps. Le leader de la construction de route ajoute que cet enrobé peut répondre à plusieurs problématiques. Soit on veut éclairer plus un endroit, sans pour autant mettre plus de puissance lumineuse, soit on veut diminuer la puissance lumineuse tout en gardant un environnement suffisamment « clair ».

Huîtres, miroir, vieil enrobé, etc.

Ce n’est évidemment pas le premier recyclage de déchet qui existe sur nos routes. Colas propose une peinture pour route, incorporant des coquilles d’huîtres (pour la nacre). Le marquage routier est alors « réfléchissant ». Ou bien encore, des enrobés avec des particules de miroirs (là encore pour réfléchir la lumière), le Syntiflex (voir ici). Certains enrobés sont même faits, pour partie, à partir de vieil enrobé de route raclé, broyé et réincorporé sur place. Là, pas question de luminosité mais un gain non négligeable tant économique qu’écologique.

A Limoges, 5 km de route seront ainsi bientôt re-surfacés avec l’enrobé porcelaine. L’intensité des lampadaires pourra alors être diminuée. Rapportée par le Populaire, Carole Cheucle, Directrice Générale Adjointe à l’agglomération de Limoges déclare : « Nous espérons une économie d’énergie de l’ordre de 50% ».

Source : Groupe Colas, le Populaire, illustration : Colas

 

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3 Commentaires sur "A Limoges on roule sur la vaisselle cassée"

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klm
Invité

pourquoi pas cela semble extrêmement peu couteux a produire tant financièrement qu’environnementalement.

EzyT
Invité

Et le grip?

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