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Les 110 ans du Paris-Pékin

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Pirelli fête les 110 de sa première participation (et sa première victoire) en sport automobile. En effet, le 10 août 1907, le prince Scipione Borghese arrivait dans Paris à bord de son Itala. Il était parti deux mois plus tôt de Pékin.

Le Paris-Pékin fut une drôle de course, à une drôle d’époque. Le journal Le Matin voulait démontrer que l’automobile était invincible. Le progrès industriel pouvait même se jouer d’une Asie Centrale à peine cartographiée. L’idée était simple : suivre la ligne télégraphique de Paris à Pékin. Chaque pilote devait être secondé par un journaliste. Comme ça, à chaque poste de télégraphe, il pouvait raconter ses exploits en direct. Une quinzaine d’équipe voulaient participer à la course. Mais face au défi financier et technique, beaucoup renoncèrent. Notamment l’équipe Métallurgique. Les cinq derniers volontaires décidèrent de poursuivre. Le trajet fut inversé (mais pas le nom de l’épreuve) et les cinq voitures devaient rouler en convoi. Le prix était un magnum de champagne.
Charles Godard, l’ex-futur pilote Métallurgique, faisait parti des cinq hommes. Mais il n’avait ni voitures, ni sponsors. Il convainquit Jacobus Spijker de lui prêter une voiture et des pièces détachées. Le prince Scipione Borghese était de loin le plus préparé. Aventurier à ses heures, il avait déjà traversé l’Asie Centrale et l’extrême-orient. Non content d’avoir la plus grosse voiture du plateau (une Itala), il disposait également du soutien de Pirelli. C’était d’ailleurs la première fois que le manufacturier italien s’engageait en compétition. La Contal n’est qu’un triporteur avec un deuxième siège à l’avant. De Dion était la seule vraie équipe « usine », avec deux voitures (mais pas de copilote.) Et donc, on avait la Spyker de Godard.

Le 10 juin, la troupe s’élança de Pékin… Et Scipione Borghese sema les autres. La Contal n’alla pas très loin, Godard en profita pour récupérer son équipier, Jean du Taillis. Ce dernier raconta plus tard son épopée dans de Paris à Pékin en 80 jours. C’est la principale source sur la course, mais certains passages semblent invraisemblables.
Godard serait tombé en panne dans le désert de Gobi, mettant son équipier dans l’une des De Dion. Il aurait parvenu à rallier la ligne du Transibérien, prenant ensuite le train avec sa voiture. Spyker lui aurait envoyé un mécanicien et il se serait croisé quelque part dans la Russie orientale. Une fois sa voiture réparée, Godard se reparti vers l’est, afin de ne pas être accusé d’avoir triché. Scipione Borghese aurait traversé l’empire Russe presque sans encombre. Au point de s’offrir une longue étapes moscovite, ponctuée de fête. Il entra dans Paris alors que les trois autres étaient encore loin… Godard, accusé d’avoir escroqué Spyker, aurait été emprisonné à sa arrivée sur le sol allemand. De Dion indiqua à ses pilotes de faire un détour par une auberge, alors qu’un tir groupé était en vue. Dans la fameuse auberge, ils furent accueilli par George Bouton et le marquis Jules-Albert de Dion, venus incognito ! Alors qu’ils festoyaient, Godard s’est échappé des geôles allemandes, il pu récupérer sa monture et foncer sur Paris. Au passage, il donna à du Taillis son tout premier cours de conduite !

Ainsi, Scipione Borghese s’imposa avec deux semaines d’avances sur Godard, qui devança les deux De Dion. C’était le premier succès de Pirelli en compétition. La course inspira le New York-Paris, l’année suivante et surtout, la Croisière Jaune (le groupe Pamir suivait peu ou proue le parcours de l’expédition asiatique de Scipione Borghese.) Tous ces raids inspirèrent, un demi-siècle plus tard, les Paris-Kaboul, Abidjan-Nice, Londres-Sydney et bien sûr, le Paris-Dakar…

Crédit photo : Pirelli

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5 Commentaires sur "Les 110 ans du Paris-Pékin"

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Bizaro
Invité

C’est pas une course ça, mais un episode de Michel Vaillant. Interprété par Charles Godart

Michel
Invité

Avec toutes ces péripéties, il ne manque que Diabolo et Satanas dans la course

Jean
Invité

J`aimerais bien lire ce livre, leblogauto se différencie des autres sites par ces articles

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