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Insolite : l’Isobloc est sauvé, merci Soeur Simone

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Isobloc est une marque française d’autocar aujourd’hui dans la galaxie des « marques mortes » de Renault Trucks. Un exemplaire en « parfait » état vient de rejoindre le Musée de l’Autocar de l’association « Autocars Anciens de France ».

L’histoire de Isobloc est comme celle des nombreuses marques automobiles de l’immédiate après guerre. Né de l’achat d’une licence des cars américains Gar Wood, Isobloc démarre en 1937 en Ardèche à Annonay. Mais la Seconde Guerre Mondiale éclate et le fondateur, Joseph Besset doit patienter pour l’essor de sa petite affaire. Cet essor, il viendra à partir de 1946-47 et durera quelques années.

La majorité des cars Isobloc sortiront sur ces premières années. La spécificité de ces bus, c’est leur conception sans châssis. Très légers, ils restent cependant rigides. Le principe est grosso-modo le même que celui de la Stout Scarab, considérée par beaucoup comme le premier monospace. Le moteur est placé à l’arrière (contre l’avant à l’époque) et la caisse est autoportante.

Leur look « américain » plait et l’entreprise croît. Joseph Besset ne peut faire face à cette croissance et doit vendre son affaire à SAVIEM, l’ogre qui absorbe tous les petits constructeurs et qui finira par se dissoudre dans Renault Véhicules Industriels.

Un propriétaire attaché à son autocar

L’Isobloc qui nous concerne a été acheté d’occasion en 1959 par Alfred Carivenc. C’est un W947 de 1948. Monsieur Carivenc est transporteur et boulanger-épicier (!) dans le village de Rayssac dans le Tarn. Son Isobloc, il l’achète pour faire des liaisons entre différents villages et Albi, principalement pour amener les habitants les jours de foire ou de marché agricole. Pour faire sa publicité, le car est peint en blanc et bleu ciel avec son nom, l’adresse, le numéro de téléphone, etc.

Le car sera remisé en 1975 à l’abri d’une grange, oublié peu à peu. Ce car aurait pu rester une belle endormie très très longtemps, mais le destin en a voulu autrement. Jacques Vaysson, fondateur de l’association albigeoise « Car-Histo-Bus », se consacre à la sauvegarde du patrimoine français des bus et cars. Il apprend à la fin des années 80 que l’un des derniers Isobloc dort près d’Albi. Contacté, Alfred Carivenc ne veut pas en entendre parler.

41 ans de grange avant de revoir la lumière du jour

L’association oublie l’affaire et doit déménager car elle n’a plus de local pour ses 19 bus. Les bus navigueront de solutions temporaires en solutions temporaires pour finalement atterrir aux bons soins de Autocars Anciens de France en 2010, en Alsace, bien loin du Tarn. Monsieur Vaysson, lui, n’a pas oublié l’Isobloc de Rayssac et contacte les héritiers d’Alfred Carivenc pour tenter de récupérer l’autocar. Sur les 10 héritiers, un seul est propriétaire du bus. Mais, il se refuse à vendre, en mémoire de son père.

Les rebonds de l’histoire font que cet homme est malheureusement décédé en avril 2016. L’une de ses soeurs, Soeur Simone, recontacte alors M Vaysson pour lui confier et sauver le bus Isobloc. Cependant, il y a des conditions à cette transaction. Le bus devra être restauré tout en conservant la peinture et les inscriptions portant le nom de son père, Alfred Carivenc. L’affaire est faite.

Malgré 41 ans de stockage, l’Isobloc est en « parfait » état. Il est désormais en Alsace, à Betschdorf et devrait être exposé au musée prochainement. C’est pratiquement un modèle unique car seuls 3 Isobloc subsistent en France.

Source : La Dépêche, illustration : Autocars Anciens de France

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9 Commentaires sur "Insolite : l’Isobloc est sauvé, merci Soeur Simone"

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PEMS
Invité

Une histoire comme on les aime. C’est toujours émouvant ce genre de sauvetage. Combien d’héritiers auraient envoyé à la benne le « tas de ferraille » du père ou du grand-père qui encombre la grange de la maison familiale… 🙂

Louis
Invité

Super histoire !

Membre

« Le bus devra être restauré tout en conservant la peinture et les inscriptions portant le nom de son père, Alfred Carivenc »
La peinture d’origine, je vois bien mais le nom du père ?

Esp2
Invité

Dans le même genre , il y a eu récemment sur Rmc découvertes l’émission « Design auto » avec le garage « Dave kindig » une restauration en 2014 du fameux futurliner de chez GM !! Un boulot de fou !!
Mais reproduit presque à l’identique pour + 4 millions de dollars !!
la vidéo n’est plus en replay mais surement en stream , saison 1 episode 9 !
(je crois que c’est sur 2 épisodes)

https://blog.hemmings.com/index.php/2013/06/21/most-original-unrestored-futurliner-goes-under-the-knife-for-full-restoration/
ça vaut vraiment le coup d’oeil !! Ceux qui l’ont vu pourront confirmer !!

labradaauto
Invité
Dans un monde paradoxal au plus haut point . Là,on ne parle pas de guerre,mais ce « machin » aurait pu être détruit plusieurs fois. Nous allons devoir sous couvert de la Loi retirer de la circulation des véhicules anciens parce qu’ils sont nuisibles. Oui il faut parler vrai. Et là,il y a le côté humain du matériel qui fait que ce car, en Alsace, va rouler. Oui, j’en suis sur. J’en ai vu rouler de ces vieux car restaurés à la journée du patrimoine. L’Alsace compte un grand nombre de passionnés qui se donnent les moyens. Bravo, et c’est tant mieux… Lire la suite >>
The Stig
Invité

C’est sûr que je préfère l’Alsace qui restaure ces anciens/anciennes, plutôt que le Paris d’Hidalgo qui dirait « au recyclage, c’est nuisible ! On n’en veut plus ! »

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