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Rétromobile 2016 Live : Jaguar-Land Rover

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Pour la première fois, Jaguar-Land Rover se rend à Rétromobile. Une manière pour le constructeur bicéphale de consolider son image de marque. Et de se mettre au niveau de Mercedes et de BMW, deux habitués du salon de la voiture ancienne.

Officiellement, Jaguar-Land Rover est là pour présenter le savoir-faire de SVO (Special Vehicle Operations), son service interne de restauration et de commercialisation de pièces anciennes. D’où le mur de panneaux de carrosseries de Type E façon maquette (qui rappelle également un décor de Top Gear.)
En fait, il s’agit surtout de donner de la profondeur aux XE et Discovery Sport.

Jaguar et Land Rover sont deux marques réunies depuis une dizaine d’années (par Ford, puis par Tata.) Malgré tout, elles ont deux histoires distinctes et elles sont à deux moments différents.
Jaguar s’est construits lentement, des sidecars aux Austin Seven recarrossées, puis aux simili-Bentley… La XK120 (1948) marqua la vraie éclosion. Là, tout s’enchaina : les victoires aux Mans, le développement à l’international, la MK II, la Type E… En une décennie, la marque au matou s’impose dans le premium britannique. Avec le rachat de Daimler et de Guy, il devient un petit groupe. L’absorption par British Leyland (1966) fut un coup d’arrêt. La présence de Rover l’empêcha de descendre en gamme et de se diversifier. Au contraire, la XJ (1968) devint l’unique berline de la marque. Dans les années 80, Jaguar fit figure de belle endormie, les Allemands ont gagné la bataille du premium. Ce n’est qu’à la fin des années 90 que Ford, propriétaire de la marque depuis 1986, décida de la revitaliser : extension de gamme, développement dans les pays émergents, débuts en F1… C’était beaucoup trop d’un seul coup. Tata récupéra le bébé et pu digérer cette crise de croissance. Jaguar a vendu 83 986 véhicules en 2015, soit deux fois le chiffre de 2012. 2016 s’annonce exceptionnel, avec la montée en cadence de la XE et l’arrivée du F-Pace, son premier SUV. Néanmoins, ses rivaux allemands vendent vingt fois plus. La route est longue pour bâtir la marque et rentabiliser les lourds investissements réalisés par l’Indien.
Land Rover, lui, a toujours été en phase avec son temps. Son premier modèle (nommé par la suite Defender) est un 4×4 typique de l’immédiat après-guerre : un forçat rustique et rural. En 1970, le Range Rover annonçait les 4×4 haut de gamme, urbains et cossus. Autant Jaguar fut victime de la bureaucratie de British Leyland, autant le groupe avait compris que Land Rover était une pépite. Au point d’en faire une marque à part entière dés 1978. Avec le Discovery et le Freelander, LR comprit très tôt que le public des 4×4 serait toujours plus urbain et plus féminin. BMW vendit la marque à Ford, qui le revendit à Tata, en lui accolant Jaguar. Dans le lot, il y avait aussi le concept-car LRX (2008.) Tata le produisit sous le nom de Range Rover Evoque et ce fut le jackpot. Avec 403 079 unités en 2015, Land Rover a une nouvelle fois battu son record. Son souci actuel, c’est que tout le monde fait du SUV ! Il doit donc convaincre les acheteurs qu’il en construit par vocation et non par opportunisme, comme les généralistes.

Crédit photos : Joest Jonathan Ouaknine/Le Blog Auto

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