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Le Team Penske a 50 ans

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Le 5 février 1966, une Chevrolet Corvette appartenant à Roger Penske prend le départ des 24 heures de Daytona. 50 ans plus tard, le Team Penske est toujours là et cela mérite largement une fête. Voir toute une série de fêtes, durant l’année 2016.

Roger Penske semble guidé depuis toujours par deux mots : la vitesse et le pragmatisme. A 21 ans, en 1958, il se lance comme pilote. Pour financer ses volants, il achète des voitures d’occasions et les retape. Mais pas question de se perdre dans une carrière de pilote : l’année suivante, il est diplômé de l’université de Lehigh et travaille comme commercial dans l’aluminium. En 1961, Penske est sacré « pilote de l’année » par la SCCA. Il dispute deux Grand Prix de F1 (à titre privé) et est recruté par Chaparral. En 1965, on lui propose un baquet à Indianapolis, alors qu’il vient d’ouvrir un concessionnaire Chevrolet (en empruntant à son père.) Et s’il se blessait à « Indy », qui remboursera son père ? Il décline l’offre et prend sa retraite de pilote peu après.

Dans la foulée, il crée Penske Racing. Le sport auto US reste peu professionnalisé. Les patrons sont des mécènes qui alignent des voitures jusqu’à ce que l’argent ou la motivation manque. Penske, lui, veut faire du solide. Sunoco vient d’obtenir un contrat d’exploitation des sables bitumeux d’Alberta et il est riche. En bon commercial, le jeune patron convainc le pétrolier Américain de le sponsoriser. Colin Chapman a Jim Clark, Ken Tyrell a Jackie Stewart, après Daytona, Penske recrute un jeune pilote croisé en SCCA, Mark Donohue. Tant pis pour TVR, qui veut en faire son directeur technique. L’entretien d’embauche a lieu aux funérailles de Walt Hansgen, meilleur ami et mentor de Donohue !
Le trio Penske-Sunoco-Donohue est d’emblée invincible. En 1967, Donohue remporte l’USRRC avec une Lola T70 et la Trans-Am avec une Chevrolet Camaro. En 1968, il double la mise dans les deux séries (une McLaren remplaçant la Lola en USRRC.) En 1969, Penske aligne une Eagle à Indianapolis et Donohue est sacré meilleur débutant. En 1970, AMC adoube Penske, en Trans-Am et en Nascar. En 1972, Donohue s’impose à Indianapolis. Le pilote-fétiche débute 1973 en ouvrant le palmarès de Penske en Nascar, puis il survole la Can-Am avec la monstrueuse Porsche 917/30. Il songe à prendre sa retraite, mais Penske lui propose une offre qu’il ne peut refuser : faire de la F1. Après plusieurs tentative, l’équipe s’attaque à une saison complète, en 1975. A l’été, Donohue sort lors d’essais privés sur le Zeltweg. Il meurt peu après d’une hémorragie interne. En 1976, John Watson impose la PC3 sur le Zeltweg. Mais le patron n’a plus le moral. Penske abandonne la F1. Officiellement, car c’est trop compliqué de courir loin de la base US de l’équipe. Officieusement, sans Donohue, ce n’est plus pareil. La structure Nascar est revendue en 1977.
Penske se concentre sur l’Indycar, y appliquant ce qu’il a appris en F1. Avec Dan Gurney (Eagle) et Pat Patrick, Penske fonde la CART, calquée sur la FOCA. Le trio va voir l’USAC… Laquelle leur donne les clefs du championnats. Avec ses châssis dérivés de ses F1, Penske domine les premiers championnats CART. Le patron débauche Teddy Mayer, marginalisé chez McLaren et en fait son bras droit. Deux jeunes ingénieurs de Cosworth veulent monter leur boite, si Penske la finance, ils lui promettent un bloc invincible. Leurs noms ? Mario Illien et Peter Morgan. En parallèle, l’équipe dégotte un nouveau sponsor-titre : « rouge et blanc ». Hors du sport auto, Roger Penske a monté plusieurs entreprises, dont un réseau de concessionnaires Mercedes. Par ce biais, il convainc la firme à l’étoile de badger ses blocs Illmor. Al Unser Jr est en démonstration lors des 500 miles d’Indianapolis 1994… Mais il ne peut même pas se qualifier en 1995. L’heure est désormais aux Reynard/Honda. L’équipe ne fait pas de sentiments et elle adopte cette combinaison. « Rouge et blanc » veut que Penske (fidèle au CART) déménage en Indycar. Après deux apparitions à Indianapolis (qu’Helio Castroneves transforme en autant de victoires), l’équipe quitte définitivement le CART, en 2002.
Penske revient discrètement en Nascar, dans les années 90. Néanmoins, les grands débuts ont lieu en 2003, lorsque Dodge lui confie la préparation de ses voitures. En 2005, Porsche l’adoube comme équipe officielle en ALMS. Les Porsche RS Spyder dominent le LMP2 trois années de suite. En 2008, elles s’offrent même une victoire « scratch » aux 12 heures de Sebring. Il existe de vraies passerelles entre les structures. Sam Hornish Jr passe de l’Indycar à la Nascar, tandis qu’AJ Allmendinger effectue le chemin inverse. Quant à Ryan Briscoe et Will Power, leur passage en ALMS sert d’entretien d’embauche pour l’Indycar. Plus récemment, Juan Pablo Montoya effectue des piges en Nascar, en marge de son programme en Indycar. En 2012, Brad Kesselowski offre à Penske un premier sacre en Nascar. L’équipe annonce son divorce avec Dodge peu après. Signalons que depuis 2010, Tim Cindric est le nouveau bras droit de « Roger ». A 79 ans, ce dernier apparait encore très régulièrement sur les circuits.

Le Team Penske est une affaire qui roule ; le pragmatisme a payé. En Indycar, sa longévité est inédite. Par contre, l’équipe s’est toujours effacé derrière les constructeurs qu’elle a représenté et ses sponsors. Et c’est à peine si elle regarde vers le passé.
Pour 2016, plusieurs hommages sont prévus en Nascar et en Indycar. Cela débutera le 20 janvier, au Nascar Hall of Fame.

Crédit photo : Penske

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3 Commentaires sur "Le Team Penske a 50 ans"

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Invité

J’ai connu cette équipe qu’a travers les RS Spyder, je trouve ça drôle que la première voiture à battre les LMP1 diesel fut une Porsche LMP2

gigi4lm
Invité

Un oubli impardonnable JJO ! ?
La magnifique Ferrari 512 M Sunoco Bleu et jaune aux mains de David Hobbs et Mark Donohue fut la seule à contester la suprématie des 917 en ’71.
C’est pour moi (avec la Ferrari 250 LM mais pour d’autres raisons) la plus désirable des voitures Sport/ Proto (lmp1 aujourd’hui) de tous les temps.
Rien que pour avoir fait courir cette voiture, je ne remercierais jamais assez notre ami Penske.

Pierre
Invité
Comment ne pas être d’accord !!? La 512M Sunoco de 1971 est et restera, pour moi, le plus beau Sport-Proto de l’histoire ! J’ai la collection complète au 1/43ème des 5 courses auquelles elle a participé (24H de Daytona-12H de Sebring-24H du Mans et les 2 courses à Warkins Glen, mondial 1971 et CanAm le surlendemain). Avec, cerise sur le gâteau, la version du Mans (No 11) au 1/18ème, véritable objet culte pour moi ! A part ça, je possède au total 21 modèles badgés SUNOCO Penske (Lola-McLaren-Chevrolet-Porsche-Ferrari). Pour ceux que ça intéresse, allez sur Petrolicious où vous trouverez un… Lire la suite >>
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