Accueil Audi Le conducteur du jour : Beetle Bailey

Le conducteur du jour : Beetle Bailey

149
1
PARTAGER

Avec cette bouille inimitable, aucun doute : c’est une Trabant 601. Mais pourquoi est-elle kaki, avec une bâche en guise de toit et de portes ? Ne me dites pas que la « Trabi » a servi sous les drapeaux ? Ouaip, c’est belle et bien une Trabant militaire. C’est dire à quel point l’armée de la RDA était fauchée…

Tout commence à la fin des années 20, losqu’Henry Ford visite une école de Deerfield, dans la Massachusetts. il y entend parler du soja. Ford est emballé : désormais, il y aura du soja dans les cantines de ses usines ! Et pourquoi ne pas créer une voiture en fibres de soja ? Le patron monte une équipe « voiture en graines de soja ». Le projet prend énormément de retard. En mai 1941, un prototype est enfin dévoilé. Elle possède une carrosserie faite en fibres de soja, en phénoplaste et en formol. Puis, la guerre éclate, Ford, devenu gâteux, est écarté et le prototype, détruit. C’est pourtant la toute première tentative US de voiture de grande série en plastique.
Apparemment, l’histoire est arrivée jusqu’aux oreilles de Werner Lang, directeur technique de Horch. En théorie, la marque a disparu à la fin de la seconde guerre mondiale. Mais la RDA a confisqué l’usine de Zwickau et il produit des Horch, malgré les protestations de DKW (propriétaire de l’ensemble des marques d’Auto-Union, dont Horch et Audi.) Lang y travaille notamment sur une voiture ultra-économique. S’inspirant des travaux de Ford, il crée une carrosserie en plastique, avec des rebuts de coton et de teintureries. Le moteur, un bicylindre deux-temps est « emprunté » aux DKW d’avant-guerre. La conquête spatiale étant à la mode, elle est baptisée « Trabant » (satellite en allemand.) En parallèle, la RDA songe à exporter ses Horch. Obligé de se conformer au copyright, l’état crée la maque Sachsenring. C’est sous ce badge que sort la Trabant (d’où le « S » sur le capot), vers 1957. Traction avant à moteur transversal (deux ans avant la Mini), elle semble innovante pour l’époque (nonobstant son moteur deux-temps.)
Lang a plein d’idées de développements pour la Trabant, dont une version militaire. La bureaucratie communiste étant ce qu’elle est, la Kübel n’obtient un feu vert qu’en 1966. Elle reprend la partie avant (jusqu’aux montants des portières), mais reçoit un habillage en acier et un arceau (pour la rigidité.) Les portes et le toit sont remplacés par une bâche. La bonne nouvelle, c’est que le chauffage est renforcé. Par rapport à son cousin ouest-allemand, le DKW Munga, le Kübel perd sur tous les tableaux : 2 roues motrices contre 4, 23ch contre 38ch et surtout, une garde-au-sol ridicule. Sachsenring tente d’en fourguer une version civil, en 1978, la Tramp (!) La principale différence étant les teintes chatoyantes. C’est un bide.

Le pacte de Varsovie a été plutôt avare en chiffes fiables sur les équipements de son armée. On ne sait donc pas combien de Kübel ont été produit. Concernant la Tramp, on parle de moins de 500 unités. Des petits malins ont restauré et repeints des Kübel pour les faire passer pour des Tramp. Et d’autres ont carrément tronçonné des Trabant « normales » (dites Limousine.) Autant dire que chaque Tramp à vendre est presque systématiquement une arnaque.

Trabant Kubel 01 Trabant Kubel 02 Trabant Kubel 03 Trabant Kubel 04 Trabant Kubel 05 Trabant Kubel 06 Trabant Kubel 07 Trabant Kubel 08 Trabant Kubel 09

Poster un Commentaire

1 Commentaire sur "Le conducteur du jour : Beetle Bailey"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
Membre

tjr aussi intéressant les « le conducteur du jour » sa élargie a chaque fois mes connaissances auto

wpDiscuz