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Les concepts ItalDesign : Bizzarrini Manta (1968)

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Même avec le contrat de l’Alfasud en poche, ItalDesign doit asseoir sa notoriété dès sa naissance. Le concept Bizzarrini Manta sera préparé 40 jours seulement, à temps pour le salon de Turin 1968.

Dès les premiers mois d’ItalDesign, Girogetto Giugiaro, a tenu à être présent au salon de Turin, pour affronter ses rivaux, Bertone, Pininfarina ou Ghia. Le challenge est de taille, puisqu’il ne reste alors que 40 jours avant l’ouverture de l’édition 1968 du salon de Turin.

ItalDesign se tourne vers Giotto Bizzarrini, qui cède un châssis de P538 de compétition. Sans que l’on sache réellement s’il s’agit du châssis N°3 ayant participé aux 24H du Mans l’année précédente. Prometteuse, la P538, outre le fait qu’elle ait ruiné l’entreprise, est désormais inutile suite aux changements de réglementation, et le résultat de la vente du véhicule créé par ItalDesign doit être partagé entre les deux parties.

Le dessin est très pur, avec une seule ligne continue intégrant capot et pare-brise, avec un angle de 15° seulement, et un arrière quasiment horizontal dans le prolongement du pavillon. Malgré la hauteur réduite, la surface du vitrage est importante, et dans un souci de visibilité, l’avant est doté de persiennes vitrées. Le moteur est lui aussi abrité sous une grande vitre, idée que l’on retrouve désormais sur la plupart des coupés à moteur central.

Le bas de caisse se donne un côté industriel, un peu décalé par rapport au reste du dessin très épuré. Présentée en vert vif avec des détails orange, la Manta sera repeinte en rouge avec bandes bleue et blanche pour le salon de Tokyo, puis le salon de Los Angeles 1969. Elle deviendra grise en 1988, à l’occasion du 20ème anniversaire d’ItalDesign. Une livrée qui met sans doute mieux en valeur la pureté du dessin. Elle retrouvera ses couleurs d’origine en 2005 à l’occasion d’une restauration complète.

Sous la vitre arrière, on retrouve un V8 Small Block d’origine GM, de 5.4l de cylindrée. Alimenté par 4 carburateurs Weber 45, il développe 400 ch, et permettrait en théorie d’atteindre 330 km/h.

A l’intérieur, on trouve une disposition de trois passagers de front, avec le conducteur au centre. Contrairement à la Ferrari 365P signée Pininfarina en 1966, ou à la McLaren F1, les trois places sont alignées. Une disposition autorisée par ses 1m84 de large. La voiture mesure 4m15 de long et seulement 1m05 de haut.

La Manta a connu de nombreux propriétaires. Disparue de la circulation après le salon de Los Angeles, elle est vendues aux enchères par les douanes du port de Gènes en 1978. Rachetée par Giovanni Giordanengo, elle subit une première restauration. En 1982, elle quitte l’Italie pour la Suisse, rachetée par Ulf Larsson, qui s’en sépare au début des années 2000. Le véhicule rejoint au Texas la collection de Alfredo Brener, qui la revendra à son tour en 2005, après l’avoir entièrement restaurée. La voiture a depuis participé à de nombreux événements, dont le 40ème anniversaire d’ItalDesign au salon de Genève en mars 2008. En 2012, elle apparaît dans une vente aux enchères, mais le prix demandé par le vendeur ne sera pas atteint.

Crédits photos : ItalDesign Giugiaro

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6 Commentaires sur "Les concepts ItalDesign : Bizzarrini Manta (1968)"

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Verth.
Invité

Un réalisation dans l’air du temps, à comparer avec la Carabo de Gandini présentée la même année. Seul Pininfarina se distingue avec une berlinette Ferrari 250 P5 encore inspirée par la compétition automobile et les merveilleux prototypes aux formes rondes qui s’affrontent alors sur les circuits. Ce sera malheureusement le chant du cygne. ItalDesign et Bertone vont imposer leur style et préfigurer les affreuses générations de GT taillées à coup de serpe !

Thibaut Emme
Admin

Vous voulez dire les mâââgnifiques génération de GT en coin ? 😉 (et pas que des GT d’ailleurs, BX par exemple)

Carlos Ghost
Invité

Le seul vrai défaut esthétique de la BX était l’écrasement du pavillon à l’arrière*.

…Défaut quasi général aujourd’hui !

Le dessin à la serpe n’est pas en soi mauvais. Certes il a donné une certaine Lotus Esprit, mais aussi l’extraordinaire De Lorean, de plus en plus « culte ».

* Pas qu’esthétique : allez donc vous assoir à l’arrière si vous mesurez plus de 1m80…

Labradaauto
Invité

merci pour l’article
le moins qu’on puisse dire est que c’est bien de suivre la trace de l’engin.
Où est-elle à présent ? encore aux US ?

Fred
Invité

J`aime la serpe, en general ce sont des lignes qui vieillissent le mieux

Verth.
Invité

Je ne le crois pas. Les Ferrari 308 et 328 ont vieilli beaucoup moins bien que la 250 GTO, la 250 LM (qui, certes, ne fut pas homologuée en GT, mais avait été prévue pour !), la 275 GTB ou, surtout, les 206 et 246 Dino. Toutes autos aux lignes intemporelles.

Pour Carlos Ghost, la De Lorean, berk ! La BX fut une horreur parmi les pires produites pas Citroën qui n’en fut pourtant pas avare.

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