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Smart : un retour aux 39 heures pour sauver les emplois ?

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La flexi-sécurité. Gros mot pour les uns, solution pour d’autres. Smart vient de proposer à ses 870 salariés de Moselle, l’idée d’un retour – temporaire – aux 39 heures hebdomadaires à l’usine de Hambach.

Le spectre de la délocalisation en Slovénie

Le deal de la filiale de Daimler qui produit la ForTwo en Moselle doit permettre de retrouver un peu de compétitivité face à l’usine de Novo Mesto en Slovénie (qui produit la ForFour avec sa jumelle la Renault Twingo). Comme Smart ne peut baisser les salaires (la politique du moins-disant a ses limites), la Direction propose aux ouvriers de travailler 4 heures supplémentaires par semaine. En échange de ces 4 heures, les salariés toucheront 120 euros brut par mois en plus sur leur fiche de paie ainsi qu’une prime de 1000 euros pour tous à la fin de l’année.

12% de travail en plus pour moins de 6% d’augmentation (par rapport au salaire de base), voilà de quoi baisser le coût horaire de 6%. Pour les cadres et techniciens, ce sont 10 jours de RTT qui seraient supprimés. Evidemment cette proposition fait débat au sein même des syndicats de l’usine puisque si certains sont farouchement opposés à « une régression » (CFDT), d’autres y voient un moyen d’assurer « la pérénité des emplois » au delà de 2020.

C’est en effet à cette date que Daimler doit choisir l’usine de production d’un nouveau modèle et Hambach est loin d’être en tête d’un point de vue purement comptable. Une sorte de chantage en quelque sorte mais la Direction agite quand même une dernière carotte pour convaincre les réticents : après un passage progressif à 37 heures en octobre puis 39 à partir de 2016, un retour à 37 heures est évoqué pour 2019 si les conditions économiques sont favorables.

Les sous-traitants eux aussi concernés

Mais les salariés de Smart France ne seront pas les seuls impactés par ce plan s’il est voté. En effet beaucoup de sous-traitants sont installés sur le site et devront suivre l’augmentation de compétitivité de l’usine Smart pour que Daimler n’envisage pas (tout de suite) une délocalisation de la production. La Direction de Smart France l’admet mais considère que c’est à chaque sous-traitant de trouver sa solution. Environ 1 200 personnes supplémentaires seront donc concernées.

En tout état de cause, les congés du mois d’août arrivent et chacun campe sur ses positions. Aucun accord ne semble envisageable à l’heure actuelle et le dossier devrait revenir à la rentrée puisque la Direction veut une mise en place en octobre.

Source : Smart via Les Echos, illustration : Smart

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22 Commentaires sur "Smart : un retour aux 39 heures pour sauver les emplois ?"

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SAM
Invité

Sur Mars, la maind d’oeuvre y est deux fois moins chère!!!!

greg
Invité

C’est con qu’on ne puisse pas t’y envoyer 🙂

Emile
Invité

C’est mauvais pour Peugeot-Faurecia qui fabrique la carrosserie.

Des moules chinois grippent la production de Faurecia

Fabriqués en Chine, des moules pour la carrosserie de la Smart 3e génération présenteraient des défectuosités entraînant des retards de production chez le sous-traitant Faurecia. Smart nie l’existence du problème.

Ces imperfections ont des incidences directes sur la production. Denis Boos, délégué CGT Faurecia avance que « sur cent pièces issues des moules chinois, 70 % présentent des malfaçons ».

http://www.republicain-lorrain.fr/moselle/2015/04/15/des-moules-chinois-grippent-la-production-de-faurecia

Uberalles
Invité

Surement pour cela que Faurecia va vendre sa filiale pare chocs. et empocher 415m€

Emile
Invité
rowhider
Invité
C’est là tout l’enjeu que les entreprises françaises rencontrent actuellement. Une entreprise qui souhaite investir n’a pas plus de raison de venir en France qu’ailleurs en Europe. Surtout lorsque cela concerne des tâches « à la chaine » à la portée de n’importe qui… Les ouvriers français sur des taches basiques ne sont pas meilleurs que les autres, par contre ils coûtent plus chère, et les monceaux de paperasse réclamé par nos administrations nécessitent de payer des personnes improductives pour les traiter : ce qui encore une fois grève les coûts de fabrication. Les seules choses qui « sauvent »… Lire la suite >>
François
Invité

En Norvège, le temps de travail moyen est de 33,3 heures. Et le salaire moyen est de 3500 euros environ.
Après je n’ai pas d’avis sur cette proposition, je fais 39h de mon côté.

Je sais juste que ce qui nous sauvera, ce n’est pas le nivellement par le bas par cette pseudo compétitivité (avec d’autres pays). Ce qui nous sauvera, c’est la valeur ajoutée, la créativité, la recherche, l’innovation.

zafira500
Invité

« Ce qui nous sauvera, c’est la valeur ajoutée, la créativité, la recherche, l’innovation. »

C’est exactement ça. De plus, il faut ajouter la capacité de nos entreprises à fournir des produits complets « clé en main » et non fournis en « kit » (du genre tel parti et produite et la maintenance effectuée par des sous-traitants). Il faut aussi ajouter la formation de la main-d’œuvre qui pourrait être un plus .

SGL
Invité
« Ce qui nous sauvera, c’est la valeur ajoutée, la créativité, la recherche, l’innovation. » Que c’est beau quand cela est dit comme cela ! Je suis ému. Nos hommes politiques ne disent même pas mieux. En attendant si vous ne vouliez pas du « nivellement par le bas » et l’amélioration de notre compétitivité (qui fonctionne concrètement chez Renault) i va falloir se sortir les doigts du c.. La France est potentiellement une « grosse » Grèce en puissance. Alors comparer la France et la Norvège qui est aussi riche par habitant que le Qatar ! (grâce au pétrole… Lire la suite >>
Fred21
Invité
Les pays d’Europe du Nord se distinguent par une meilleure gestion de la dépense publique, une meilleure redistribution, un meilleur sens de la citoyenneté, une démocratie plus performante et surtout des moindres inégalités entre la partie riche et la partie pauvre. La comparaison avec nous mêmes est entre pays ayant accepté de se réformer et une France qui ne veut se réformer qui si cela touche seulement son voisin avec la complicité d’un système politique à bout de souffle. De de Gaulle à Hollande, ne cherchez pas l’erreur mais voyez la continuité descendante … Long sujet mais le LBA n’est… Lire la suite >>
SGL
Invité
Il ne faut surtout pas que @ François et @zafira500 le prennent mal, mais malheureusement nous n’avons rien sans rien (des efforts) . Entre députés et sénateurs véreux et hauts fonctionnaires hautement payés pour des emplois fictifs (Préfets virtuels) pour le haut et pour les basses couches, CAF, allocations, arnaque à la sécu. Etc. Le risque de devenir une grosse Grèce est bien réel. Alors d’accord pour « la valeur ajoutée, la créativité, la recherche, l’innovation. » mais en attendant soyons vigilant et serons-nous la ceinture dans le doute. Il faut d’abord semer avant de récolter ! @ Fred21 est… Lire la suite >>
beniot9888
Invité

On peut très bien avoir tout, sans rien foutre. Pourvu d’avoir un capital de départ. Là, on investit là où c’est le plus rentable et on vient expliquer aux gens qu’ils ne sont plus assez compétitifs et qu’il faut qu’ils fassent un effort, pour leur propre bien. Sinon, on devra se passer d’eux.

Mais tout le monde n’a pas la chance d’être rentier.

SGL
Invité

Assez d’accord !
le problème est qu’en France beaucoup veulent devenir rentier SANS avoir un capital de départ, d’un part et d’autre part certain de milieu modeste peuvent se contenter du peu voire de très peu pour devenir une sorte de rentier (CAF SMU ACS) même si cela devient pathétique.

François
Invité
La France, une grosse Grèce? Voyons, la Grèce n’a toujours pas de cadastre! La France est bien plus performante dans la récolte des impôts en tout genre, preuve d’une certaine forme d’efficacité. Si Smart décide de se barrer, qu’ils partent! Cela ne me dérange pas que la France ne devienne plus (perso) un pays d’ouvriers, de produits manufacturés de grande consommation à la chaine.. puisqu’avec lucidité , on peut dire que l’on ne pourra jamais rivaliser avec les pays de l’Est ou la Chine. C’est une prise de conscience qu’il va falloir prendre. De plus nous n’avons pas comme l’Allemagne… Lire la suite >>
SGL
Invité
Oui et non La France n’est pas encore la Grèce, heureusement ! @François, vous semblez avoir un bon fond, mais je trouve que vous êtes un peu décalé par rapport à la réalité. D’accord encore une fois que l’innovation, le luxe (vous en parlez pas ?), le savoir-faire est très important pour sortir la France vers le HAUT. Le problème est que ces avantages ne sont pas acquis à 100% pour le moment et les sociétés comme Smart et Toyota sont indispensables pour la bonne santé économique du pays. N’oubliez pas aussi que la mentalité Française anti-riche est néfaste pour… Lire la suite >>
François
Invité
je prend seulement le problème d’une autre façon. La France est carrément à la ramasse dans le R&D (sauf dans les grandes entreprises)… Les petites PME sont frileuses et souhaitent rarement investir (dans le design, dans l’innovation, dans l’export). C’est un vrai problème. Pourtant, le vivier d’emplois se trouve là selon moi. Et pourtant, il existe des aides de toute part de la part de l’Etat. Qu’attendent t ils? Par contre, SGL je trouve que vous mettez de la politique dans un domaine ou justement l’on devrait dépasser ce stade et avoir une vision d’avenir pour la France. La France… Lire la suite >>
Fred21
Invité

Où la France est identique à la Grèce, c’est dans son incapacité à se réformer et à rembourser son 1er milliard. A ce jour, la dette augmente chaque année. J’ai beaucoup souri quand on demande à la Grèce de réformer ses retraites. On ne peut pas être meilleur ?

wizz
Membre
On ne peut pas tout miser sur le secteur à forte valeur rajoutée pour sauver tous les emplois perdus dans les secteurs à faible valeur rajoutée C’est impossible. Par exemple, à une époque révolue, la France avait encore le secteur textile. Une forte partie de cette production était pour le marché domestique (à cause notamment de l’absence du commerce international libérée, des quotas d’importation et des taxes établis par les différents pays). Pour qu’une entreprise puisse payer ses employés, elle doit vendre, et donc réaliser un chiffre d’affaire en conséquence, plus ou moins variable selon si c’est à forte valeur… Lire la suite >>
Fred21
Invité
Le chômage pris décennies par décennies n’est qu’en constante augmentation. Chaque Président depuis 1969 (et peut être avant) a quitté ses fonctions avec plus de chômeurs que le jour de son arrivée. Vous pouvez toujours retourner une courbe du chômage, espérer beaucoup de vos 1 ou 2% de croissance: les chiffres ne mentent pas surtout sur le terme de la décennie. La question est quel est le % où cela ne sera plus supportable ? Tout le monde veut avoir chaud à côté du radiateur mais personne ne veut alimenter la chaudière. L’emploi, en général et en raccourci, ne vient… Lire la suite >>
juuhuu
Invité

@wizz, pour une fois que je suis d’accord avec toi !!! Hourrraaaa !!!

Eh ouais, l’innovation, c’te belle carotte que l’on nous vends à tout bout de champs, ne peut pas être appliqué à tout à chacun.

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