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« Je vous fais le plein de vieux pneus ? »

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Une jeune entreprise franco-allemande, Pyrum Innovations, a présenté, dans le cadre de la Foire de Paris et du concours Lépine, une invention permettant de transformer les vieux pneumatiques en carburant.

Actuellement, les gommes usagées sont soit rechapées (principalement pour les poids-lourds) pour avoir une deuxième jeunesse, soit transformées en revêtement souple pour les aires de jeux, en support de voie ferrée, etc. mais une grande partie dans le monde est brûlée ou stockée « sauvagement » engendrant une grande pollution. Sachant que l’on produit environ 300 milliards de pneus par an, cela montre l’ampleur des réserves pour Pyrum Innovations.

Pyrum Innovations utilise la thermolyse qui consiste à chauffer très fort des éléments en absence d’oxygène (ou presque) pour éviter la combustion et n’avoir que la décomposition chimique. La société propose des modules permettant de traiter différents produits dont les pneus et d’en tirer du gaz, du coke, charbon actif, etc. et donc du pétrole. L’intérêt des modules de Pyrum est qu’une fois la thermolyse engagée par une énergie externe, la réaction produit du gaz dont une partie est réutilisée dans un groupe électrogène pour contrôler la réaction. Le module est donc autonome.

Après 3 ans de mise au point, Pyrum va démarrer son premier module (à Dillingen en Allemagne) capable de traiter 5000 tonnes de déchets par an générant 50% de pétrole, 38% de coke et 12% de gaz. Le pétrole, après raffinage donne 60% de « diesel » (équivalent), 30% en « essence » et 10% en solvants. Selon la société, le coût du carburant ainsi obtenu est de 20 centimes d’euros le litre ce qui est très concurrentiel par rapport au raffineries classiques. Pyrum indique même que le pétrole obtenu a été testé pour fabriquer…de nouveaux pneus.

Toute fois tout n’est rose dans le petit monde de la thermolyse (un procédé en tests depuis 20 ans) et certains estiment que le procédé n’est pas rentable par rapport à un pétrole à 60 dollars environ. En revanche la matière première estimée à 17 millions de tonnes par an permet à Pyrum de voir venir. L’avenir nous dira si les lauréats du Grand Prix (ou Prix du Sénat) au concours Lépine 2015 avaient raison ou non.

Source : Pyrum Innovations, Le Figaro, illustration : Shuki/Wikimedia

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19 Commentaires sur "« Je vous fais le plein de vieux pneus ? »"

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gabriel
Invité

les pneus usagers servent de combustible dans les cimenteries. les températures de combustion élevées limitent la formation de fumées (notamment). et les carcasses métalliques font un apport ferreux pour le ciment.
ils aiment aussi les huiles usagers.

SGL
Invité
Max
Invité

300 milliards de pneus produits par an ? En incluant les pneus de Lego alors (par ailleurs premier producteur de pneumatiques au monde en volume…) !

wizz
Membre

bref, le procédé fischer tropsch
juste en remplaçant le charbon par des pneus…

Vincent
Invité

Ce n’est peut être pas rentable autant que le baril de pétrole mais quand il n’y aura plus de petrol…

wizz
Membre

alors très rapidement, se déplacer deviendra hors de prix, et les gens devront faire autrement que la voiture individuelle (et ses 12000km annuels en moyenne)

pcur
Invité

Attention avec les prévision prophétiques, l’être humain sait s’adapter et adapter ses technologies. Je suis persuadé qu’une hausse même sidérante du pétrole ne mettra pas fin aux déplacements individuels, à bas coût. On trouvera plein d’autres solutions (dont certaines existent déjà)

wizz
Membre

ces solutions qui existent déjà, c’est quoi?

SGL
Invité

Comme toutes les autres formes de production énergétique : Nucléaire, Eoliens, Photovoltaïque Hydrolienne Géothermie, Biomasse : elles ont tous l’arme au pied en attendant que les cours dépassent les 80 $ le baril.

SGL
Invité

Il serait d’ailleurs important que les cours du pétrole dépassent les 80 $ le baril pour rendre « non rentable », entre autres, les sables bitumineux de l’Athabasca en Alberta au Canada, qui est une véritable catastrophe écologique.
C’est aussi important pour rendre « rentable » tous les autres types de production renouvelable et de recyclage.
Les cours du baril trop bas rendent les hommes dangereux vis-à-vis de la nature.
L’essence et le Diesel existent à base de produit agricole et d’algues, mais à moins de 60 $ le baril c’est peine perdue.

wizz
Membre
ce serait plutôt le contraire, non? si le cours du pétrole dépasse les 80$, est supérieur à 80$, alors il sera rentable d’exploiter les sables bitumeux… quant aux algues, comme l’usine à Alicante, leur rentabilité dépend aussi du cours de la tonne de CO2, du protocole de Kyoto. Il est étrange que depuis 2011, on n’entend plus de nouvelle de cette installation (qui est accolée à une cimenterie, très gros émetteur de CO2) reste les produits agricoles, les parties non comestibles. Mais là aussi, il risque d’avoir des conflits d’utilisation. Par exemple, les déchets de bois ne sont pas des… Lire la suite >>
SGL
Invité

Autant pour moi, oui effectivement c’est le contraire. 😮 >:(
Bien que pour le développement des énergies alternatives pour concurrencer efficacement le pétrole les 80 $ le baril me semblent être nécessaire.
Mais vous avez raison, d’ailleurs le nouveau responsable saoudien aurait dit qu’ils maintenaient leur production de pétrole haut afin de « tuer » la concurrence des pétroles « non conventionnels »

wizz
Membre
Ce n’est pas aussi simple. Imagine qu’un pays a besoin de l’argent du pétrole pour financer la construction des routes, des batiments, des hopitaux, des écoles, etc… Alors pour lui, un pétrole « relativement » cher est tout bénéf. Vendre 1 million de barils à 100$ ou vendre 2 millions de barils à 50$, ça rapporte la même recette, mais l’un permet de vendre 2 fois moins de pétrole, et donc de pouvoir vendre pendant 2 fois plus longtemps Maintenant, on a un autre pays qui a investi son argent dans la finance internationale, alors ce n’est plus le même refrain. Un… Lire la suite >>
SGL
Invité

« L’Arabie Saoudite joue un jeu risqué, qui vise à décourager les investissements dans le gaz de schiste. Peut-elle y arriver en maintenant les prix bas pour les dix ans à venir ? » Dixit
http://www.contrepoints.org/2015/05/19/208175-petrole-un-retour-aux-100-oui-mais-pas-trop-tot

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