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Gérard Ducarouge (1941 – 2015) : Matra perd (encore) l’un de ses derniers ambassadeurs

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La semaine dernière, nous avons perdu avec la mort de Gérard Ducarouge l’un des derniers ingénieurs « à l’ancienne » et surtout l’un des artisans de la riche histoire de Matra en sport automobile.

Né en 1941, Gérard Ducarouge a commencé sa carrière loin des circuits, en aéronautique, après de brillantes études d’ingénieur en aérospatial. Mais sa vie va changer lorsque Matra, alors entreprise aérospatial se diversifie et lance son département course pour promouvoir ses activités automobiles.

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L’épopée Matra, une belle carte de visite

Chez Matra, Ducarouge fait se preuve et finit par être à la tête des « sport prototypes ». Il sera l’un des grands artisans de la fabuleuse épopée Matra aux 24 heures du Mans avec les victoires 1972, 1973 et 1974. C’est à cette époque qu’une solide relation se noue entre tous les protagonistes dont évidemment Pescarolo mais aussi Gérard Larousse (dont Ducarouge rejoindra l’écurie de F1 plus tard).

Cet épisode Matra marquera fortement Ducarouge qui finira d’ailleurs sa carrière chez Matra 30 ans après leurs premières amours, et ce malgré la démission de l’ingénieur qui ne voulait pas rester chez Matra suite à l’arrêt du programme de course après la triple victoire au Mans. Dès lors, la F1 s’ouvre à lui avec de beaux succès.

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La F1 : Ligier, Lotus, Ayrton Senna

Après son départ de Matra, Ducarouge rejoint Guy Ligier et sa toute nouvelle écurie de F1 éponyme lancée en 1976. Il faudra un peu plus d’un an pour que la toute nouvelle écurie remporte sa première victoire mais les JS5 montrent de bonnes qualités. Les lettres de noblesse ce sera en 1979 avec la JS11 conçue par Ducarouge que Ligier les acquerra. Avec le duo Laffite/Depailler, Ligier et l’épouvantail de la saison 1979, enfin du début car après le manque de moyens financier se fait sentir et l’écurie échoue finalement à la 3ème place.

En 1980, l’écurie échoue à la seconde place derrière Williams c’est surtout en 1981 avec un moteur Matra V12 (tiens tiens, on retrouve Matra) que Ligier semble près du but. Laffite peut mathématiquement être titré mais finira 4ème. Sauf qu’entre temps, le tempétueux Guy Ligier a viré Ducarouge. Il le regrettera sans doute, car après, l’écurie ne sera plus jamais à ce niveau.

Après un passage éclair par Alfa Romeo, Ducarouge trouve refuge chez Lotus au milieu de la saison 1983. L’écurie vit très mal la disparition de Colin Chapman et la Lotus 93T est une catastrophe. Ducarouge se met immédiatement au travail et la 94T viendra sauver les meubles pour 83. Pour 1984, Lotus aligne la 95T qui est performante mais dont le bloc Renault provoque de multiples abandons pour les pilotes dont Nigel Mansell. Mansell quitte Lotus à la fin de la saison, pour le plus grand bien de l’écurie qui recrute un « petit jeune ».

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Ce petit jeune c’est Ayrton Senna qui rejoint Lotus et De Angelis. La 97T est plus performante que sa devancière et le moteur se montre enfin plus fiable. Senna montre de suite sa vista en signant 3 poles consécutives. Pour Lotus, le Portugal met fin à la disette de victoires avec Senna qui remporte l’épreuve et il aurait même pu doubler avec Saint Marin mais doit abandonner en vue de l’arrivée. Pour Lotus ce n’est pas « grave » car De Angelis remporte la victoire. Senna remportera Spa Francorchamps pour une 3ème victoire de l’écurie qui finit 4ème du championnat. Enfin Lotus revient au premier plan et c’est grâce à Ducarouge et Senna.

En 1986 et 1987, Senna remporte 2 victoires à chaque saison et s’il est en bonne position à la fin de la saison, il ne remporte pas le titre convoité. Ducarouge commence à travailler sur la 100T qui doit permettre à Senna et Lotus de viser le titre en 1988 mais le Brésilien part chez McLaren-Honda (pour son premier titre). Lotus recrute le champion du monde en titre, Nelson Piquet mais l’écurie perd de sa superbe. Piquet termine 6ème, Lotus 4ème et commence le déclin, avec le départ de Ducarouge.

Le retour chez Matra pour boucler la boucle

ligiertmk0418ju19 Gérard Ducarouge va alors chez Larousse puis revient…chez Ligier. Il négocie le passage au V10 Renault et l’écurie retrouve un peu plus d’éclat.

Mais c’est la fin de l’écurie que Guy Ligier a revendue à la fin 92. Ducarouge quitte le monde sur sport automobile et file chez Venturi puis finit sa carrière là où tout a commencé, chez Matra.

De retour chez Matra, il développera plusieurs projets dont le totalement décalé Renault Espace F1. Avec sa disparition, c’est un nouveau pan de l’histoire Matra qui s’éteint après la disparition de Jean-Pierre Beltoise. Décédé « d’une longue maladie », Gérard Ducarouge a été inhumé dans l’intimité de sa famille et de ses proches à qui nous présentons nos condoléances.

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Illustration : 2-T. Emme/le blog auto, 1, 3, 4 et 5-Formula 1, 6-Thesupermat pour Wikimedia
1 : Ducarouge (3ème à partir de la gauche) fête la victoire de Senna au GP des USA en 1986 avec Peter Warr à sa droite)

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2 Commentaires sur "Gérard Ducarouge (1941 – 2015) : Matra perd (encore) l’un de ses derniers ambassadeurs"

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leelabradaauto
Invité

Le sport auto France peut rendre un digne hommage à ce Grand Monsieur.
Son nom est associé à Matra Ligier Lafitte Jabouille majoritairement pour Nous.

leelabradaauto
Invité

…Larousse !

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