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Brève rencontre : Aston Martin DBR4 et DBR5

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Le championnat de F1 est en plein dans sa 65ème saison. Autant dire qu’il en a vu défiler, du monde. Il est difficile de chercher un grand constructeur qui n’aurait jamais été impliqué en F1. Ne serait-ce que le temps d’un projet sur un coin de table. Et parmi les constructeur ayant effectivement participé, il y a Aston Martin. Ce fut un bide abyssal.

Aston Martin évoque avant tout l’endurance. En fait, lorsqu’en 1953, David Brown lança son « Special Project », il voulait à la fois faire de l’endurance et des Grand Prix. L’un des « pères » de la DB3S était Robert Eberan von Eberhorst, un ancien de chez Auto-Union. Le problème, c’est que Brown n’avait les moyens que pour un seul programme. Ce fut donc l’endurance.

Von Eberhorst a plusieurs fois été chargé de créer une F1 Aston Martin. En 1956, il travailla sur une DB3S transformée en monoplace. Puis Brown l’orienta vers un projet plus ambitieux de voiture inédite. Un pilote est même recruté, le vétéran Roy Salvadori. Mais au Mans, les Aston semblaient à « ça » de la victoire. Le patron décida de se concentrer sur l’endurance. Bis repetita en 1957 et 1958.

Aston DB3S

En 1959, Brown donna enfin son feu vert. La DBR4 vu le jour. Elle reprenait le 6 cylindres de la DB3S, mais « descendu » à 2,5l. Autre emprunt à la DB3S : des freins à disques (de l’inédit en F1.) Salvadori, entre temps embauché pour l’endurance, est bien sûr de la partie. Aston voulait Jack Brabham, mais Cooper refusa de le libérer. A la place, elle donna la 2ème voiture à Carroll Shelby. Le Texan était lui aussi pilote Aston au Mans. Le souci, c’est qu’il allait découvrir à la fois la monoplace et les circuits européens.

La voiture débuta au BRDC Trophy de Silverstone (hors-championnat.) Salvadori se qualifia 3ème et termina 2ème, son 6 cylindres expirant juste après le damier (Shelby renonça.) Aston décida de réduire le régime maxi du moteur pour le fiabiliser. Dommage, c’était l’un des blocs les plus puissants.

Aston DBR4 1
Faute de budget, Aston ne disputa que quatre Grand Prix. La DBR4 était puissante (environ 250ch), mais très lourde (625kg contre 475kg pour la Cooper.) En plus, Brown refusait de dépenser la moindre livre sterling de développement. Tout était pour la DBR2 d’endurance (qui gagna les 24 heures du Mans 1959 avec Shelby et Salvadori.)

L’Anglo-italien réussit plusieurs belles qualifications. Puis à chaque fois en course il voyait ses adversaires le doubler. Il obtint deix encourageantes sixièmes places (en Grande-Bretagne et au Portugal.) Malheureusement, à l’époque, les points s’arrêtaient au cinquième. Notez que le champion 1959 était Brabham. Il n’a pas du avoir beaucoup de regret d’avoir manquer le volant chez Aston…

Aston DBR4 2

Pour 1960, Brown abandonna l’endurance. Cette fois-ci, priorité au Grand Prix ! Entre le succès manceau et les débuts probants de la DBR4, le moral était au zénith. Une nouvelle monoplace apparut, la DBR5. Elle disposait d’une boîte Maserati (plus légère que celle d’origine) et de plusieurs modifications pour la rendre plus agile. Sauf que nous étions en 1960 et l’ère des monoplaces à moteur avant était terminée. Or, Brown voulait des solutions éprouvées. En prime, un cardiologue détecta un problème grave chez Shelby, qui du raccrocher immédiatement son casque. Il fut remplacé par le quadragénaire Maurice Trintignant.

Après plusieurs forfaits, une unique DBR5 (pour Salvadori) débarqua à Zandvoort… Le promoteur avait des soucis à régler les primes de départ et Aston tourna les talons. A Silverstone, il y avait deux voitures. Celle de Salvadori fut accidentée (Stirling Moss s’écrasa dessus, alors qu’elle était tranquillement garée dans la pit-lane, sans pilote.) Aston bricola une monoplace avec une vieille DBR4 et des éléments de la DBR5. Sans surprise, les deux pilotes étaient à l’arrêt.

Aston DBR4 3

Après la débâcle de Silverstone, il était évident que la DBR5 ne serait jamais compétitive. Brown ordonna de ferrailler les deux châssis. Quant aux deux DBR4, elles furent vendues. Aston revint à l’endurance où, hélas, Ferrari avait déjà pris un sérieux ascendant. En 2013, pour son centenaire, Aston Martin invita les deux DBR4 à Goodwood, pour le Revival (photos.)

Vers 2006-2007, Prodrive avait obtenu une licence d’écurie de F1. Au même moment, David Richards lorgnait sur Aston Martin. D’où une rumeur d’écurie Aston Martin F1. Elle ne dépassa pas le bruit de couloir.

Aston DB4 GT Zagato

Crédits photos : Aston Martin (sauf photo 1, Beaufort Restauration.)

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