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Le film du samedi : Red Line

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On n’a sans doute jamais autant parlé de Steve McQueen qu’aujourd’hui ! Trop souvent, on oublie d’évoquer son fils, Chad. Ce dernier est acteur et pilote, comme son père. Et il nous a légué un film plein de courses-poursuites, Red Line.

Chad McQueen a 6 ans lorsque son père tourne Le Mans. Durant le tournage, McQueen père emprunte l’une des 917 « Gulf » et effectue un tour du circuit sarthois avec son fils sur les genoux !

McQueen

Il débuta devant la caméra à seulement 18 ans, comme figurant. Après quelques petits rôles, il se rendit compte que son seul nom est un atout pour les producteurs de série B. Il rejoignit ainsi une petite troupe de « fils de ». Il partagea plusieurs fois l’affiche de direct-to-video avec Don Swayze (petit frère de Patrick) et Mike Norris (fils de Chuck.)

Au milieu des années 90, il voulu un projet plus ambitieux. Il n’hésita pas à mettre la main au portefeuille pour produire son « Bullitt », Red Line.

Red Line 1

Des voitures, encore des voitures, toujours des voitures

Le scénario est bateau. Jim (McQueen) est un jeune mécano californien. Il voit passer pas mal de bolides et lorsqu’il en répare un, il s’offre une virée avant de le rendre à son propriétaire. Un gangster lui propose de convoyer des voitures. Gem, sa copine, lui fait remarquer que le boulot est trop bien payé pour juste conduire d’un point A à un point B. Effectivement, il fait la « mule » à son insu. Jim se rebelle et il se retrouve avec les gangsters à ses trousses…

C’est un beau prétexte pour montrer de belles voitures (Corvette, 964, Ferrari 308, XJ-S…) et conduire comme un dingue avec. McQueen s’offre un hommage à Bullitt (une poursuite sur les collines de San Fransisco en Mustang verte…), un autre à Basic Instinct (une poursuite sur les lacets d’une route côtière…) et même un à O.J. Simpson (avec son fameux Bronco blanc !)

Visiblement, l’acteur/producteur s’est fait plaisir. Là dessus, il est très communicatif…

Red Line 2

Best of Nanarland

Hélas, la mise en forme est catastrophique. Commençons par les acteurs.

Chad McQueen, producteur et initiateur du projet, est logiquement l’acteur principal. Sauf que ce n’est pas vraiment un jeune premier. Bedonnant, pas très sportif et sans aucun charisme, il n’est pas crédible en héros de film d’action. A ses côtés, Gem (Roxana Zal) n’a qu’un rôle de potiche (NDLA : vu ses lignes de dialogues, McQueen Jr ne doit pas être un grand féministe…)
Corey Feldman est Tony, l’homme chargé d’éliminer Jim. Enfant-star (Les Goonies, Gremlins…) Feldman a ensuite cédé aux sirènes des comédies pour ados. Sa crédibilité y prend un coup et à la sortie de la puberté, il doit se contenter de doubler Donatello dans les Tortues Ninja. Red Line est son premier vrai rôle depuis les années 80…
Et puis il y a Jan-Michael Vincent. L’ex-beau gosse de Supercopter est en pleine dérive artistique et personnelle. Red Line marque son retour aux USA après un purgatoire aux Philippines. Il arrose la signature du contrat, conduit en état d’ivresse et se réveille à l’hôpital ! Il doit faire le mur pour tourner, se pointant avec des cicatrices et un bracelet de patient (que l’on voit à l’écran.) Il faut lui souffler chacune de ses répliques. Après deux jours de tournage, il retourne à l’hôpital. Pour la sortie du film, il re-conduit en état d’ivresse et se pointe aux interviews avec les yeux bandés !
Notons aussi la présence de Dom DeLuise (un clin d’œil à Cannonball) et de Michael Madsen.

Red Line 3

Réalisateur en rodage

La réalisation a été confiée à John Snorjen. Il ne sait pas vraiment où placer sa caméra. Sur certains plans, on voit l’ombre de la perche. Plus généralement, le film est très typé « années 80 », alors qu’il est sorti en 1995.

Et puis, il y a l’épisode des Corvette. A un moment, Chad doit prendre le volant d’une ‘Vette bleue de 1991. Lorsqu’il démarre pour une énième course à tombeau ouvert, elle se transforme en modèle ’87… Avec une autre plaque minéralogique. Une troisième voiture est censée percuter un mur et exploser. La veille du tournage, elle est laissée sur un parking, sous la surveillance de Jan-Michael Vincent (alors en train de cuver !) Des badauds remarquent la voiture, bourrée d’explosifs. Une équipe de démineur débarque (ainsi qu’une équipe de TV), la voiture est ouverte. Les démineurs découvrent que c’est une voiture de film et tout le monde repart. Ce n’est qu’ensuite que Vincent sort de sa torpeur.

Red Line 5

Red Line restera comme l’un des derniers films de voitures avec des cascades à l’ancienne. Pas d’effets spéciaux ou de modèles réduits : ce sont de vraies voitures à l’écran. Il atterrit directement en vidéo. Hélas, le distributeur, Orion, fait faillite en 1997. Il y a néanmoins un édition DVD, qu’on trouve en occasion. De quoi plaire aux amateurs de GT des années 80-90.

Quant à Chad McQueen, après avoir tenté sa chance en Nascar, il remarqua qu’il y avait un vrai business autour de son père. Il monta donc une société pour gérer la « marque » McQueen. Les montres, tee-shirt, motos, etc. à effigie de Steve McQueen, c’est son idée (ou à défaut, il prend sa dîme comme pour la Mustang Bullitt.)

McQueen 2

Crédits photos : McQueen (photo 2) et Ford (photo 7)

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1 Commentaire sur "Le film du samedi : Red Line"

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Isaac
Invité

Evidemment qu’il est sorti directement en vidéo, c’était son seul but. Jamais la société Orion n’a eu la prétention de le distribuer pour le cinéma.

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