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Indycar 2013 : Dario Franchitti raccroche

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A Houston, en vue de l’arrivée, Dario Franchitti (Ganassi) sort de la piste et termine dans les grillages. L’accident est violent, au point que l’Ecossais manque l’épreuve suivante (la finale, à Fontana.) Il nous a habitué à connaitre de belles boîtes. Hélas, pour « Invisible Man », c’est celle de trop. Suite à un avis médical défavorable, Franchitti annonce qu’il raccroche le volant, à 40 ans.La carrière de Dario Franchitti démarre à la fin des années 80. Il écume les championnats écossais de karting avec David Coulthard et Allan McNish. En 1991, il passe à l’automobile, via la Formula Vauxhall Junior, remportant le titre. Il s’essaye à la Formula Vauxhall, puis au British F3 avec le Paul Stewart Racing. Au passage, il décroche le McLaren-Autosport Award récompensant le meilleur espoir britannique en 1992.

Le DTM veut sortir d’Allemagne et recruter des « petits jeunes ». Voilà Franchitti en « jeune de service » chez Mercedes, avec Jan Magnussen. Comme Giancarlo Fisichella chez Alfa ou Alexander Wurz et Jason Watt chez Opel. L’Ecossais s’affirme d’emblée comme l’un des meilleurs pilotes de la firme à l’étoile.

A la fin de DTM, il possède une réputation flatteuse. Suite au McLaren-Autosport Award, il effectue un test chez McLaren.En attendant un volant en F1, Mercedes le place en Indycar. Le team Green (titré en 1995 avec Jacques Villeneuve) passe à deux voitures. Franchitti fait alors parti d’un wagon d’espoirs et d’ex-pilotes de F1 qui traversent l’Atlantique (avec Mark Blundell, Helio Castroneves, Christian Fittipaldi, JJ Letho, Magnussen, Juan-Pablo Montoya, Roberto Moreno, Max Papis, Alex Zanardi…)

En théorie, le CART, ce n’est que du provisoire. Car à chaque automne, il est au cœur des transferts. Lorsque Stewart Grand Prix démarre, Paul Stewart se souvient de lui et le place sur sa « shopping list ». Les pilotes défilent et l’Ecossais reste « évoqué ». Plus tard, on l’annonce chez Jaguar; il prend même le volant de la R1. Chez BAR (dont une partie de l’équipe provient de Green), c’est du « presque sûr »… Une brève rumeur parle d’un rachat de Jordan par Penske et Franchitti en pilote N°1. Mais l’Ecossais semble affecté comme Franck Montagny du syndrome de l’éternel « 2e meilleur choix ».

Il reste donc en CART ; contrairement aux autres mercenaires européens, qui plient bagage après 1 ou 2 saisons. Les médias lui reprochent d’être trop calme. Surtout face à des showmen comme Castroneves, Montoya ou son propre équipier, Paul Tracy. En revanche, il est rapide. En 1999, il joue le titre face à Montoya. Les deux pilotes terminent avec le même nombre de points, mais le Colombien, qui a davantage de victoires, est titré.

Malheureusement, l’année suivante, il est victime d’un gros crash à l’intersaison. Il ne peut donc pas prendre sa revanche. En 2001, il remonte la pente et remporte une victoire.

En 2003, Michael Andretti décide de racheter Green (renommé Andretti-Green, puis Andretti) et de le transférer en Indycar. Suite à un accident de moto, Franchitti manque l’essentiel de la saison.

Michael Andretti lui garde néanmoins son baquet au chaud. L’Ecossais revient en 2004. L’IRL court uniquement sur des ovales (alors que le CART fait la part belle aux routiers.) C’est donc un vrai changement. Pourtant, il s’affirme vite comme l’un des principaux animateurs. Avec son équipier, Tony Kanaan, il permet à l’écurie de truster les podiums. Et lorsque les deux hommes s’apprêtent à monter ensemble sur l’estrade, ils fêtent cela par une accolade.

Le Brésilien remporte le titre 2006. En 2007, Franchitti gagne les 500 miles d’Indianapolis 2007. On brocarde alors le terne « Invisible Man ». La star, c’est plutôt le jovial Kanaan. Ca ne l’empêche pas de s’imposer, en fin de saison, à la surprise générale.

Chip Ganassi sort alors le chéquier et lui offre un volant en Nascar. La guerre Champ Car-Indycar fait rage et on promet une disparition des deux séries. En plus, maintenant, il maîtrise parfaitement le pilotage sur ovale. Franchitti n’hésite pas une seconde. Avant cela, Ganassi l’aligne aux 24 heures de Daytona, avec Montoya, Scott Pruett et Memo Rojas. Le quatuor s’impose.

La saison est très chaotique. Il se blesse au printemps. A son retour, il décroche une pole à Watkins Glen. En revanche, les résultats en course sont moyens. Au mois d’août, il perd son sponsor. Ganassi décide d’arrêter les frais…

Néanmoins, il l’intègre dans sa structure Indycar. Il court l’ultime épreuve de la saison 2008, à Surfers Paradise (hors championnat.)

En 2009, Franchitti effectue un retour en fanfare. Avant l’épisode Nascar, il était un simple outsider. Désormais, c’est un rouleau-compresseur. Il domine son nouvel équipier, Scott Dixon (champion en titre) et remporte un deuxième titre. Il reste néanmoins toujours aussi peu démonstratif. Alors qu’au même moment Castroneves remporte Danse avec les stars et que Danica Patrick (Andretti) pose en bikini…

En 2010, malgré l’opposition du novice Will Power (Penske), Franchitti s’offre un deuxième titre consécutif. A Indianapolis, il survole la course et gagne ses deuxième « 500 ». On ne questionne plus sa légitimité; il est le « patron » de l’Indycar.

L’année suivante, on retrouve le duel Franchitti-Power. L’Australien domine le début de saison, mais l’Ecossais prend la tête du classement à l’automne. Trop facile !

Tout doit se jouer pour la finale, à Las Vegas. On annonce une méga-fiesta. La course tourne au désastre. Il y a un gros crash. Power se retrouve à l’hôpital. Tracy se fait rouler dessus. Le revenant Dan Wheldon (Sam Schmidt) est tué sur le coup. La course est effacée des tablettes et Franchitti ne fêtera pas son titre.

2012 est une année « sans ». Problème d’adaptation au nouveau châssis ? Contrecoup de la mort de Wheldon ? Il s’impose à Indianapolis, mais effectue une saison anonyme. La quadruple champion assiste en spectateur à la lutte entre Power et Ryan Hunter-Reay (Andretti.)

Il fait à peine mieux en 2013. Si on s’intéresse à lui, c’est parce qu’à quasiment chaque course, il change de livrée ! Dixon effectue également un début de saison calamiteux. A l’été, ils enchainent les podiums. Dixon s’en sert de tremplin pour remonter au championnat (et décrocher le titre.) Alors que Franchitti retourne aussi sec dans le gruppetto.

Après son carton de Houston, on s’attend à ce qu’il prenne sa revanche en 2014. D’autant que son ami Kanaan le rejoindra. L’annonce de sa retraite sportive est une douche froide. A défaut d’être un bout-en-train, Franchitti est une personnalité respectée du paddock, ayant bonne réputation. Au moins, il ne fait pas de vague : pas de majeurs levés, pas d’aventures extra-conjugales ou de fraude fiscale et pas d’équipées rocambolesques. C’est un peu le Jeff Gordon de l’Indycar.

Notez que Franchitti a un frère, Marino, vu notamment au volant de la Deltawing. En 2007, Dario et Marino font plusieurs fois équipe en ALMS.

Enfin, il est le cousin germain de Paul di Resta, pilote de F1 depuis 2011, avec Force India. Bon sang ne saurait mentir…

Crédits photos : Honda, sauf photos 1, 10, 11 et 18 (Ganassi), photo 2 (Mercedes), photo 4 (Ford) et photo 19 (Force India.)

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