Accueil F1 Maria de Villota (1980-2013) : la vie est injuste

Maria de Villota (1980-2013) : la vie est injuste

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Pas de deuxième chance pour Maria de Villota. Grièvement blessée en 2012, l’ex-future pilote de F1 doit se reconstruire physiquement et psychologiquement. Hélas, un an après son accident, elle est retrouvée inanimée dans une chambre d’hôtel.Emilio de Villota est un gentleman-driver espagnol. Il se retrouve en F1, dans une Williams privée. Il utilise sa notoriété pour créer sa propre structure.

L’écurie Emilio de Vilotta, c’est avant tout un clan familial, dirigée par le père avec ses enfants. Voici, de gauche à droite, Emilio junior (davantage porté sur le VHC), Isabel (attachée de presse de l’équipe) et Maria.

Pour autant, c’est hors de la structure familiale que Maria débute en sport auto. Après une saison en Formule Toyota (des FF espagnoles à moteur japonais), elle se lance en 2002 dans le tout premier championnat espagnol de F3.

Son bilan en 5 saisons est plutôt modeste : 0 victoire, 0 podiums et à peine quelques points ici et là.
Au moins, elle incitera d’autres femmes (Vicky Piria, Carmen Jordà, Samin Gomez, Tatiana Calderòn, Valeria Carballo…) à rejoindre la discipline

En 2006, elle abandonne plus ou moins la monoplace. Elle court en WTCC avec une Chevrolet Lacetti. C’est à bord de cette voiture qu’elle décroche, en Procar, son unique victoire en sport auto.

En parallèle, elle court de Ferrari Challenge et en GT.

En 2008, elle intègre l’Emilio de Villota Motorsport et revient par la même occasion à la monoplace. D’abord en Euro F3000, puis en Superleague. Notez qu’elle porte les couleurs de l’Atletico Madrid.

De nouveau, les podiums sont rares pour l’Espagnole.

La Superleague décline très vite. Les « stars » s’en vont, les équipes de foot claquent la porte. Cela devient une sous-Euro F3000, avec des seconds couteaux qui louent des voitures. De Villota fournit ainsi la moitié du plateau.
En 2011, après seulement deux manches, la série baisse le rideau.

Mais pour la finale de la World Series by Renault, en Aragon, on lui offre un cadeau inespéré : une démonstration à bord d’une Lotus F1.

Pendant ce temps, Bernie Ecclestone veut voir des femmes en F1. Marussia a besoin d’argent et il n’a aucun scrupule. De Villota a un budget.

La voilà donc parachutée pilote d’essai de F1, à 31 ans.

La presse non-spécialisée se gargarise : bientôt une femme au départ d’un Grand Prix ?

La presse spécialisée est elle, nettement plus critique. Eu égard à son palmarès et à son âge, De Villotta a peu de chance d’être titularisée. En plus, Marussia possède déjà plusieurs pilotes d’essais…
Effectivement, c’est un rôle « Emmanuel Collard » : beaucoup de photos, pas beaucoup de kilomètres.

A l’été, enfin, elle peut s’assoir dans la voiture. Le temps de séance d’aéro à Duxford. Duxford n’est pas un circuit, mais un aérodrome désaffecté (et un musée de l’aviation) où les équipes viennent régulièrement.

Elle roule à pleine vitesse dans la piste principale, puis revient par une route parallèle, où sont établis les quartiers de l’équipe. Là, c’est le drame : elle perd le contrôle et percute un des camions de l’équipe. Elle est transportée d’urgence à l’hôpital et passe de longues journées sur la table d’opération.

De Villota a le crâne explosé. Elle perd un œil. A quelques centimètres près, elle se faisait décapiter. Que s’est-il passé? L’enquête disculpe la monoplace. Une faute de pilotage ? Une bosse invisible ? Le plus probable est qu’elle n’était pas la bonne personne au bon endroit…

Lorsqu’elle se réveille enfin, elle réalise qu’elle ne pilotera plus jamais. Elle est dévastée.

La FIA lui offre un rôle d’ambassadrice du sport auto au féminin. Elle reprend confiance et publie une autobiographie, La vie est un régal. Par une ironie macabre, elle meurt juste avant la parution du livre. Les causes du décès sont a priori naturelles.

Crédits photos : Marussia (photos 1, 8 et 9), De Villota Motorsport (photo 2), Maria de Villota (photos 3 et 4), Superleague (photos 5 et 6), Renault Sport (photo 7) et Duxford (photo 10)

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14 Commentaires sur "Maria de Villota (1980-2013) : la vie est injuste"

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Blase
Invité

Une mort naturelle à 33 ans ?
RIP

Prinny
Invité

Apres une opération comme elle en a subit je pense qu’il est probable que la mort sois naturelle, on parle ailleurs de rupture d’anevrisme du a l’important traumas cranien qu’elle a subit. Cette femme avait l’air d’etre forte, et surtout passionner, c’est toujours tres triste dans ces cas la. Elle n’as du avoir envie de quitter l’univers de la F1 une seule seconde malgré tout ces evenements, et c’est vraiment louable.

thomas
Invité

« la vida es un regalo » veux dire: « la vie est un cadeau », et comme on dis en espagne, descansa en paz maria!

bof
Invité

Euh oui, l’erreur est grossière et un peu insultante.

François
Invité

L’histoire de Maria de Villota aurait été narrée dans un film que je me serais demandé quelle(s) substance(s) illicite(s) prend le scénariste!
Je ne sais quoi dire à son propos la connaissant en réalité peu mais mes pensées vont à ses proches!

leelabradaauto
Invité

C’est surtout très attristant, depuis l’accident déjà. Condoléances des anonymes à la famille dans l’affliction.

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