Accueil Audi Souvenirs, souvenirs : dem Deutschen Fahrer

Souvenirs, souvenirs : dem Deutschen Fahrer

138
15
PARTAGER

La semaine prochaine, ce sera le salon de Francfort. Une vraie fête de l’automobile allemande. Et vu que les Allemands sont les plus dynamiques en Europe, c’est donc une fête de l’automobile européenne. Un salon aussi important mérite bien un hommage. Alors brossez votre moustache, mettez votre plus beau costume marron clair, prenez votre présentation PowerPoint avec plein d’histogrammes et c’est parti !Tout d’abord, une double-parenthèse. Le nom officiel du « salon de Francfort » est « IAA » (Internationale Automobil-Ausstellung – Exposition internationale d’automobiles.) Il y a d’ailleurs deux salons IAA : celui de Francfort (pour les voitures), les années impaires et celui d’Hanovre (pour les utilitaires et les poids-lourds), les années paires.
De plus, sachez qu’il y a plusieurs « Francfort » en Allemagne. Les troupes de Charlemagne avaient une imagination limitée. Ils étaient Francs, ils construisaient des forts pour se protéger des barbares, donc ils les appelaient « Francfort ». Celui du salon, c’est Francfort-sur-le-Main. Mais il existe notamment Francfort-sur-l’Oder (surnommé Francfort-en-Pologne), une ville industrielle de l’est. Faites donc attention avant de prendre votre billet de train ou d’avion…

Le premier salon IAA a lieu dans un hôtel berlinois, en 1897. Il s’impose vite comme « le » salon de l’auto allemand et certaines années, il y a deux éditions ! Bien sur, au passage, il déménage dans un vrai hall d’exposition. Il s’arrête en 1911, pour reprendre en 1921. Malgré les aléas économiques du pays, le nombre de visiteurs progresse chaque année. Pour d’évidentes raisons, il s’interrompt de nouveau en 1939.
Après-guerre, l’Allemagne lorgne sur l’ouest. Faute de salon, les constructeurs s’invitent à la foire d’Hanovre. Ce salon industriel est axé sur l’exportation, néanmoins, des Allemands le visitent. De quoi encourager la renaissance de l’IAA. En 1951, il rouvre ses portes -à Francfort-. 570 000 visiteurs se pressent et beaucoup viennent voir la Coccinelle. Elle n’a rien d’une nouveauté, mais dans un pays ruiné, elle représente un rêve inaccessible… Le chancelier Konrad Adenauer préfère visiter le stand Porsche. Faute de budget, celui de BMW est minimaliste : une 501 et deux fauteuils ! Quant aux utilitaires, ils sont garés à l’extérieur.
L’IAA suit le rebond de l’industrie allemande. Les voitures deviennent plus grosses et plus puissantes. Les utilitaires sont marginalisés. Et c’est désormais sur le stand Mercedes que les visiteurs viennent rêver… Le tout avec le pragmatisme d’outre-Rhin : pas de mannequins en bikini, pas de prototypes futuristes (quoique…), pas de décors de studio; juste des voitures que l’on pourra acheter demain en concession.
Pendant longtemps, il y a de nombreux salons européens : à Amsterdam, Barcelone, Birmingham, Bruxelles, Turin, etc. La RDA organise son « anti-Francfort » à Leipzig. Au fil des années, ces salons perdent de leur importance, certains disparaissent carrément. A contrario, Francfort devient incontournable pour les industriels allemands. A chaque édition, il faut avoir le stand le plus grand et dévoiler plus de nouveautés que son voisin. Du coup, à partir de 1989, les utilitaires ont leur propre salon, par manque de place. Dans les années 90-2000, les Allemands s’offrent des constructeurs étrangers (Rover, puis MINI par BMW, Chrysler par Daimler, Seat et Škoda par VW, etc.) Ces derniers dévoilent à leur tour leurs avant-premières à Francfort. De quoi donner un cachet « international » au salon. En pratique, cela reste très germano-germanique. Les constructeurs Allemands se réservent des stands de plusieurs milliers de m², alors que les autres (hors filiales de marques allemandes) sont entassées entre les baraques à frites et les vendeurs de polish-miracle.

Souvenirs souvenirs (1) MAN Berlin 1924Souvenirs souvenirs (2) Volkswagen 1951Souvenirs souvenirs (3) Porsche F Porsche Adenauer Nordhoff 1951Souvenirs souvenirs (4) BMW 502 1951Souvenirs souvenirs (5) Mercedes 1953Souvenirs souvenirs (6) Opel Rekord 1953Souvenirs souvenirs (7) Mercedes 1955Souvenirs souvenirs (8) BMW 1500 1961Souvenirs souvenirs (9) Mercedes 600 1963Souvenirs souvenirs (10) Mercedes 230 SL Pagode 1965Souvenirs souvenirs (11) Mercedes 1973Souvenirs souvenirs (12) Volkswagen Golf 1983

Crédits photos : Audi (photo en une et photo 24), MAN (photo 1), Volkswagen (photos 2 et 12), Porsche (photo 3), BMW (photos 4, 8 et 20), Mercedes (photos 5, 7, 9, 10, 11, 14, 15, 19 et 21), GM (photos 6, 13 et 17, 23), Mazda (photo 16), Chrysler (photo 18), Citroën (photo 22), Renault (photo 25) et Bugatti (photo 26.)

A lire également:
Souvenirs, souvenirs: rêvons les yeux ouverts!
Souvenirs, souvenirs: rêvons un peu
Souvenirs, souvenirs: prototype(s)

Poster un Commentaire

15 Commentaires sur "Souvenirs, souvenirs : dem Deutschen Fahrer"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
gatto rosso
Invité

je pinaille mais la phrase correct serait plutot Dem deutscheN Fahrer

Samix
Invité

aaaah le Dativ Deklination!!! 😛

John
Invité

mais en fait pourquoi du datif après les deux points en fait… Der deutsche Fahrer eut été plus « geeignet » ce me semble
Mais si c’était pour dire « souvenir du conducteur allemand » bah là… c’est foireux parce qu’en allemand y a une préposition (Errinerung um den deutschen Fahrer)… bref la grammaire c’est casse c… et la grammaire « multilinguale » encore plus 😀

GREG
Invité

Heu JJO, le fronton du Reichstag dit bien « Dem deutschen Volke ».
http://breizatao.com/wp-content/uploads/2012/12/Reichstag_Giebel.jpg
Pour préciser, le « e » à la fin est du vieil allemand, mais on met bien un « n » à la fin, faut corriger Mr JJO 😀
Dem deutschen Fahrer

GREG
Invité
Ah oui encore une chose : j’aimerais beaucoup bénéficier de la casse sociale des ouvriers VW… Ils gagnent plus que moi (bac+6) et disposent d’avantages en nature dont ne peuvent que rêver certains cadres, ou bien certains ouvriers français, sans oublier les primes atteignant des montants délirants si les résultats sont bons…Pour peu que l’on soit salarié en Allemagne bien entendu. Les ouvriers ont dût faire preuve de beaucoup de flexibilité quand l’entreprise allait très mal, mais maintenant ils ont franchement gagné au change…Surtout comparé avec ceux de PSA ou Opel. Et le fait est que Daimler, BMW et VW… Lire la suite >>
Valde
Invité

Erinnerung an den deutschen Fahrer.

Pat
Invité

« Une vraie fête de l’automobile allemande. Et vu que les Allemands sont les plus dynamiques en Europe, c’est donc une fête de l’automobile européenne. »

C’est surement pas fais exprès mais cette phrase est assez malheureuse dans le sens ou elle est identique a celle répété à l’envi par les moins fréquentables des français durant l’occupation – l’automobile en moins – et ayant aboutie a voir les soit-disant « ultra-français » défendre l’Allemagne sous l’uniforme allemand contre la France et ses alliés.

GREG
Invité

Personnellement c’est ton raccourci que je trouve malheureux car c’est chercher très loin……

Pat
Invité

🙁

Non, je viens juste de lire un livre dont c’est le sujet !

r.burns
Invité

Merci Greg pour tes commentaires

r.burns
Invité

Et pour l’imagination limitée des allemands, que dire des 222 communes françaises dénommées Saint-Martin
Bref…

SAM
Invité

VIVE LE MONDIAL DE PARIS!!!!!!

wpDiscuz