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Indycar 2013: Detroit 1 & 2

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Un Français vainqueur d’une épreuve de Champ Car/Indycar, c’est rare. Ils ne sont que 5 à l’avoir fait (Sébastien Bourdais, Nelson Philippe, René Thomas, Gaston Chevrolet et Jules Goux!) et le dernier succès remonte à Mexico 2007 (Sébastien Bourdais.) C’est dire si la victoire de Simon Pagenaud dans la course 2 de Detroit est his-to-ri-que!L’Indycar veut profiter au maximum du buzz autour des 500 miles d’Indianapolis. D’où un enchainement d’épreuves: Detroit (deux manches) cette semaine, Texas la semaine prochaine, Milwaukee dans 15 jours et Iowa dans 3 semaines! C’est un véritable « money time ». Pour l’instant, le championnat est très ouvert. Après 5 manches, aucun leader ne se détache véritablement.

Suite à sa victoire à Indianapolis, Tony Kanaan (KV) se teint en blond. Nouveau surnom: la bombasse brésilienne. Notez que son ingénieur Josh a droit au même traitement!

Chez Dale Coyne, Ana Beatriz arrive en fin de budget. Stefan Wilson se frotte les mains, mais c’est Mike Conway qui obtient le baquet de la Brésilienne à Detroit. Oriol Servia (« libéré » suite au naufrage de Dreyer & Reinbold) est favori pour terminer la saison.

Panther n’a guère apprécié que JR Hildebrand termine ses 500 miles dans le mur. Après un échange d’amabilités, Ryan Briscoe récupère le post. Rappelons qu’il a couru à « Indy » avec Ganassi. Ce n’est qu’un « one-shot »: l’Australien s’envolera ensuite aux Mans, où il disputera les 24 heures.

Notons enfin le 100e départ (Champ Car + Indycar) de Sébastien Bourdais (Dragon Racing.)

Dario Franchitti (Ganassi) remporte la pole… Mais il est déclassé suite à un changement de moteur à Indianapolis. C’est donc le 2e, E.J. Viso (Andretti) qui partira en tête.

Course 1

Aux drapeaux verts, Conway souffle la politesse à Viso. Ca ne passe pas pour A.J. Allmendinger (Penske), qui percute Scott Dixon (Ganassi) et entraine les « jaunes ». Le Néo-zélandais arrive lui à repartir. Au restart, Conway reste en tête et il la conserve jusqu’à la première vague d’arrêts aux stands. Pendant ce temps, Bourdais abandonne.

Alors que Ryan Hunter-Reay (Andretti) hérite des commandes, Takuma Sato (Rahal) commet une erreur. Drapeaux jaunes. Puis Alex Tagliani (Bryan Herta) part à la faute. A peine les drapeaux verts sont agités que Sebastian Saavedra (Dragon Racing) tape le mur. Troisième flopée de « jaunes ».

Peu après le redémarrage, Conway reprend la tête. Puis, à l’issue de la deuxième vague d’arrêts, il construit une avance colossale sur son poursuivant, Hunter-Reay, lequel possède une belle mage sur Justin Wilson (Dale Coyne.) Briscoe est dans les pneus, mais point de neutralisation.
L’intermittent du spectacle Conway s’impose donc devant Hunter-Reay et Wilson dans la course 1. C’est aussi le premier succès 2013 d’un moteur Honda.

Interlude

Le dimanche matin, Derrick Walker organise une conférence de presse. L’ex-patron d’écurie (désormais responsable de la compétition de l’Indycar) annonce le futur du châssis Dallara. En 2014, les kits aéros devraient enfin apparaitre. Penske, Ganassi (et Honda?) devraient pouvoir customiser leurs voitures. Walker annonce une réduction de l’effet de sol (vu qu’il crée des turbulences aérodynamique et empêche les dépassements.) 2014 verra également l’introduction de nouveaux moteurs (en théorie, les blocs actuels n’ont pas bougé depuis le début de 2012.)
2016 sera synonyme des 100e 500 miles d’Indianapolis (NDLA: la course a débuté en 1911, mais il n’y a pas eu d’épreuve en 1918, 1942, 1943, 1944 et 1945.) Walker rêve de voir des voitures atteindre 250 MPH (environ 400 km/h; actuellement, ils sont à 225 MPH.)
En 2017, il sera davantage possible de transformer son châssis. Walker annonce aussi une mystérieuse réduction des vitesses de pointe.
2018 marquera une charnière: poursuivre avec le châssis actuel ou en lancer un nouveau? En filigrane, il y a une question économique, totalement imprévisible. Quoi qu’il en soit, en 2021, les Dallara actuelles partiront au musée.

Le discours possède un double-sens. Depuis fin 2011, il y a une vraie guerre de tranchées entre les écuries et les organisateurs. Avec un troisième larron, la famille Hullman-George (propriétaire d’Indianapolis et initiatrice de l’actuel Indycar) qui est tantôt pour l’un et tantôt pour l’autre. Recruter Walker est un signe d’apaisement donné aux écuries. Son discours est d’ailleurs plein de mots du type: « … aux écuries, qui savent ce qu’elles font » ou « …aux écuries, qui ont besoin d’autonomie », etc.
De plus, il faut aussi rassurer; montrer que oui, il y a un pilote dans l’avion. La série semble dans l’improvisation permanente. La faute à la crise économique. Le calendrier 2013 n’est pas officiellement finalisé. Les meetings à 2 courses sont un cache-misère pour masquer le manque de circuits. 5 ans après la « fusion » Champ Car-Indycar, les circuits de Champ Car sont sur une liste noire (mis à part Long Beach et Edmonton, qui drainent beaucoup de spectateurs.) Or, le Champ Car possédait la plupart des circuits routiers permanents. La Nascar contrôle les ovales. Reste donc les tracés en ville et les éventuels nouveaux circuits. La pause estivale sera synonyme de prospection. Dans ce contexte où l’Indycar ne sait pas ce qu’elle fera dans 3 mois, parler de 2021 peut faire sourire…

Course 2

Detroit est théoriquement la dernière apparition d’Allmendinger. Le pilote Américain sort pas la petite porte, en crashant sa voiture dans le 1er tour. Drapeaux jaunes.

Peu après le redémarrage, Simona de Silvestro (KV) percute un mur. Deuxième drapeaux jaunes.

Au restart, Bourdais se paye Will Power (Penske.)  Le reste du peloton fait ce qu’il peut pour passer et plusieurs voitures restent sur le carreau. Power, Viso ou James Hinchcliffe repartent après un très long arrêt aux stands, afin de grappiller quelques points. Quant au Manceau, sa voiture est intacte, mais il est puni d’un drive-through. Le fautif, c’est plutôt la piste, pas assez large, sans réelles possibilités de dépassement (malgré l’allongement d’une ligne droite) et surtout, sans dégagements. A chaque « verts », il y a une bousculade logique et il n’y a nul part où se mettre.

Ensuite, c’est au tour d’Hunter-Reay de taper. Quatrième drapeaux jaunes!

Tout ces incidents avant la mi-course brouillent les cartes des ingénieurs, qui doivent improviser. Conway, Kanaan et Charlie Kimball (Ganassi) se relayent en tête. Tristan Vautier (Sam Schmidt) est leader à mi-parcours. Une première pour le tricolore.

En tête au deux tiers de la course, James Jakes (Rahal) tente un dernier arrêt tardif. Simon Pagenaud (Sam Schmidt) et Franchitti optent eux pour un arrêt anticipé. Le point de repère est Conway.

Pagenaud pointe devant l’Anglais. Jakes ressort des stands entre les deux pilotes. Franchitti, 4e, doit baisser le rythme car son réservoir est vide.  Ce qui profite à Dixon, qui lui prend la 4e place. Pagenaud, lui, tient le coup et remporte donc sa première victoire en Indycar. C’est aussi le premier podium de Jakes, 2e. Conway achève donc son intérim par une 3e place.

Sans surprise, on obtient encore un nouveau classement des pilotes. Helio Castroneves et Marco Andretti ont autant de points (206.) Néanmoins, grâce à ses deux podiums, le Brésilien reprend la tête. Hunter-Reay est 3e, à 191 points, devant Dixon, 4e à 186 points.
Pagenaud est désormais 5e, avec 177 unités. Vautier est 19e à 109 points et Bordais, 21e à 99 points.

Crédits photos: Honda (photos 1, 9 et 14), KV Racing (photo 2), Indycar (photos 3, 4, 6, 7, 10, 12, 13 et 15), Dragon Racing (photo 5) et GM (photos 8 et 11)

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1 Commentaire sur "Indycar 2013: Detroit 1 & 2"

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Kamuikaze
Invité

Bel article ! Juste une petite erreur  » C’est aussi le premier succès 2013 d’un moteur Honda. » Sato a gagné à Long Beach 😉

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